mardi, février 02, 2010

Silence beauté

Il existe plusieurs sortes de silences. Des lourds et des légers, des coupables et des complices. Des silences résignés, des silences partagés avec bonheur. J'aime le silence. Le silence de beautés paisibles. Le silence désiré, plein de promesses. Le silence appaisé, retrouvé, libérateur. Quand les mots cessent de faire du bruit, quand la ville se repose, quand notre esprit se calme et laisse place à la quiétude.

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jeudi, janvier 14, 2010

La poésie est encore avec moi (pour Haiti aussi)

Le silence. Ici. Depuis longtemps. Et pourtant. Et pourtant vous êtes là. Encore. Et moi aussi.

La poésie ne m'a pas quittée. Elle est avec moi plus que jamais, en ces heures difficiles pour le peuple Haïtien. Dans la douleur. Là où les mots sont superflus. Là où le mot espoir semble dérisoire. Il reste encore la poséie, dans la vie qui se bat pour exister. Dans les rayons qui illuminent la poussière et les décombres, indistinctement. Dans la morphologie de l'horreur. Dans les cris et la catastrophe. Dans la clameur et dans le silence. Dans ces heures interminables d'attentes pour qui sans nouvelles, pour qui prisonier des décombres.

Attendre un dénouement. Un dénouement heureux. Un dénouement tragique. Mais un terme à cette attente interminable. Placer des mots là où la patience semble un mot grossier. Placer des mots là où il faut garder le silence. Garder le silence. Beaucoup plus qu'une minute.

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vendredi, septembre 11, 2009

Un peu de calme

Quelques mots épars ne suffisent pas à cultiver le calme
C'est le silence qui nourrit l'apaisement
Et les angoisses fondues au soleil
sous un souffle profond expient les zones grises

La nuit je rêve de glaciers immenses
D'un mouvement souple je survole les restes de doute
les craintes vermoulues
de désirs perdus
de dos voûtés
de mains tendues et anxieuses
de lèvres sèches assoiffées aux craquelures indéfinies

J'aspire un peu à respirer mieux
Je me ramène dans les coulées tropicales de forêts grasses et humides
Puis l'air chargé d'odeurs fécondes
entre par ma bouche et mes pores
avide d'air pur sans masacre

Je tente d'éteindre les idées lourdes
Par des mouvements amples
des enjambées larges au pas léger
Légitimes et frivoles longeant la rivière et son lit

Je tourne le dos à la mine exangue des morts-vivants de notre ère
J'ouvre les yeux sur le lourd héritage
des sans-souffles au béton trop dur
à la carosserie lourde et au pétrole poisseux

Que reste-t-il en pâturage survivant à tant de ravage bien pesé?
Sous la botte qui foule le sol miné
et au-delà de cette croûte odieuse
Le val-d'espoir peut-il se battre?

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dimanche, mai 17, 2009

L'amour des mots

Un peu de poésie de dimanche matin
Ceci est un texte qui ouvrait un spectacle de poésie présenté le 22 avril 2006 à la maison de la culture Mont-Royal

De toutes mes inconstances, l’écriture est ma permanence. Car les mots qui coulent sont un baume qui emporte le ventre et séduit la raison. J’aime les mots, leur sens, leur forme, leur rythme. J’aime leur profondeur et leur légèreté. J’aime leur musique.
Je suis éprise des mots. Tous ceux que l’on trouve dans des ouvrages qui nous laissent croire au génie, à sa puissance dans les méandres les plus subtils de l’humanité. J’aime les mots qui nous entraînent dans des histoires et dans l’histoire, mais j’aime les mots aussi pour leur force et leur beauté pures. Je parle ici des mots collectifs, assemblés en phrases, puis en paragraphes et en concepts élaborés. J’aime les mots comme on aime un parent ou un amour éternel, avec la permanence des racines.

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lundi, février 23, 2009

Branches de février

Les bourasques soufflent sur mon lundi
ma fenêtre s'ouvre sur la beauté des arbres urbains en manteau de neige

Je japonise ma ville par ces regards
des jardins imaginaires se tissent entre ciel et terre
sur la découpe des branches noires contre le blanc de la tempête hivernale

J'apprivoise les mots retrouvés en ces lieux
douce quiétude de s'ancrer au présent givré de sel des matins fragiles
pendus aux bras des arbres forts qui s'élèvent vers la lumière

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mercredi, juin 25, 2008

Fuite de poésie (Mathilde)

Ma poésie s'enfuit par les trous de ma serrure. Elle est étouffée par les trop lourdes listes de tâches que je n'arrive pas à abattre une fois pour toute. Elle a la gorge nouée par une angoisse sourde de quitter un lieu que je n'ai jamais complétement aimé. Et elle est incrédule face à cet attachement irrésonable et irrationnel. Ma poésie est abasourdie de voir ma panique à l'idée de la visite de l'agente d'immeuble qui viendra fixer le prix de la maison ce soir. Ma poésie fume une clope en attendant peinarde que je retrouve mon imaginaire dans un cabinet de poésie que je devrai m'inventer dans un nouveau lieu inconnu (et urbain). [ Moi je ne fume plus depuis des années, mais elle, elle continue].

Ma poésie s'appelle Mathilde, et qu'elle a les cheveux oranges et une jupe très laide. Mais elle s'en fou. Elle boit du vin rouge qui fait des tâches sur ses dents, et elle sourit. Elle attend que je me calme enfin pour reprendre la plume sérieusement. Elle a des projets. Elle voudrait écrire pour les enfants. Elle voudrait aussi écrire pour les grands, encore. Elle parle de livres érotiques, et je ne l'écoute pas. Je suis ailleurs. Mais Mathilde ricane. Elle n'oublie pas, Mathilde. Elle marmone des histoires impossibles avec des extra-terrestres lesbiennes handicapées qui portent des combinaisons de latex en platique rose, et je suis presque scandalisée. Mais Mathilde s'en fou encore. Elle est patiente, si j'ai bien compris. Elle trouve que je la délaisse un peu trop depuis que j'ai rempli ma vie à raz-bord avec un homme dont je suis folle amoureuse, et trois enfants que j'adore avec qui je rigole trop souvent à son goût. Elle voudrait que j'écrive avec les émotions qu'ils me provoquent. Je veux bien, mais je manque de temps, et je suis une poule pas de tête. Mais je me promet bien de passer du temps avec elle après l'automne, quand la poussière du déménagement sera retombée, et quand je cesserai d'être bousculée constament entre deux lieux de vie.

Mathilde a bien hâte que je me rassemble, et elle a bien hâte que je rassemble mes idées. En attendant, elle s'en promet de bonnes, car elle vient avec nous en Europe samedi. Elle sera la première à siroter un porto sur les berges du Douro. Mais avant, elle veut ab-so-lu-ment qu'on aille prendre un pinard à Saint-Germain, et elle est bien contente qu'on fasse un saut dans le Marais. Ta valise est prête, Mathilde?

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mardi, juin 10, 2008

Chercher la poséie

Entre les lignes, sur la route, derrière des casseroles à frotter, entre mon clavier et mes yeux, sous mes paroles triviales, face aux échéanciers, en mes billets d'avion, dans des colères vaines et futiles, dans des fleuves d'Amour, sur ta peau qui se repose, sous le son de tes doigts qui dansent sur le clavier, dans ton sourire si vaste parfois au soleil, dans nos coup de roues à sillonner la ville dans l'été, dans les rires des enfants qui résonnent de tant de complicités, dans les quelques jours qui nous séparent de la fin des classes, dans les rayons de soleil de juin, dans mes mémoires familiales nostalgiques, dans mon parterre fleuri que je devrai quitter avant l'automne, dans cette vaste maison que j'ai trop tant insultée car elle est si loin de la ville, dans des émotions si denses et légères, dans la complexité de celles-ci, dans des mémoires heureuses, dans des futurs que nous rêvons ensemble, dans mes angoisses presque ludiques, dans mon humour que je perd parfois, dans ton humour qui m'apaise tant, dans ma culpabilité étrange que j'aprivoise, dans les années qui passent si bien au fond, dans la légerté de ces mots comme un baume sur mes paniques quotidiennes, dans des espoirs pragmatiques de trouver notre toît sur l'île que j'aime tant, dans ma peur de blesser ceux que je vais quitter dans mon vieux quartier chéri, vers cette nouvelle demeure où nous trouverons une nouvelle paix, vers cet équilibre que nous cherchons à l'unisson, dans ces soirées familiales pleines de rire qui sont un elixir de bonheur, dans la vieillesse tranquille du soir qui tombe en souriant doucement, dans nos coeurs unis si bien de douceur et de tendresse, dans nos corps unis si bien de fougue et de passion, dans tous nos espoirs de donner la vie ensemble, dans tout cela et plus encore, j'aimerai bien retrouver ma poésie.

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mardi, juin 03, 2008

Poésie web

Je vous invite à (re)visiter mon espace d'exposition sur le web, où vous (re)découvriez mes petits tableaux de poésie interactive et autres esquisses numériques. Je viens aussi de remettre en ligne le projet "carte blanche", une exploration poétique interactive sur le thème de la lecture réalisée en 2002. Ce sont des mini-jeux poétiques exploratoires, ou la souris devient une étoile qui éclaire des mots, fait teinter des sons et des poèmes, des notes de musique. Découvrez les mots qui volent lorsque vous survolez certaines zones, puis revenez au carrefour central pour découvrir d'autres petits tableaux. Vous devez avoir le plug-in shockwave installé.

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lundi, juin 02, 2008

À fleur de peau

Je suis sensible. Je vibre. Le temps frais me rend encore plus sensible, étrangement. Je regarde les rayons de soleil qui font frémir les couleurs de mon orchidée mauve. Je suis comme elle. Je m'incline et je ferme les yeux sous le soleil, toute pleine d'espoir de jours plus chauds. Je suis amoureuse de la chaleur. Je ne sais pas pourquoi je frémis tant. Je laisse monter en moi une gamme si vaste d'émotion, c'est très intéressant à observer. Je suis riche de l'intérieur d'une impressionnante palette vibrante. Pour ouvrir davantage mes antennes créatrices, je me donne le droit de piger à même cette source vivante. Et le catalysateur de ma source émotive est la musique. Mon outil musical est ceci. Last.fm est une merveille pour les amoureux de la musique qui veulent découvrir et se laisser emporter. Aujourd'hui je plane sur le tag "piano". J'aime le piano, si vous ne saviez pas encore.

Je suis aussi vibrante de bonheur, car aujourd'hui c'est l'anniversaire de l'homme de ma vie. Et de sa grande fille. Ce fut son plus beau cadeau, pour ses 21 ans. La belle a aujourd'hui 15 ans! Merveilleux anniversaire à tous les deux, et aussi à Dominique, dont c'est aussi l'anniversaire aujourd'hui!

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jeudi, mars 06, 2008

Entrevue en ligne

Me voilà toute livrée pour vous en entrevue audio, à la vie rêvée des gens...

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mercredi, février 27, 2008

Entrevue au labo NT2

Je reviens d'une entrevue au laboratoire de recherche NT2 de l'UQAM. La vidéo sera en ligne cet été, ils en feront un montage de 10 min. Très agréable pour moi de partager ma démarche de création de mes oeuvres électroniques, de parler de poésie et de création à l'ère numérique, de réfléchir à l'impact de l'utilisation de différents logiciels pour faire de la poésie interactive (director, photoshop, flash, Final cut pro et after effect). C'est rare qu'on me pose des questions sur mes outils de travail. J'ai partagé quelques secrets de fabrication de mes esquisses électroniques et de différentes oeuvres (Parenthèse, Plaisirs, Binche poésie). À voir. Je vous le mettrai en ligne ici dès que NT2 le rend accessible.

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dimanche, février 10, 2008

Sortir de l'écran / Spoken Screen avec Yannick B. Gélinas



+++++++++++++++++++++++++++++++++++++ ENGLISH VERSION FOLLOWS

COMMUNIQUÉ
Pour diffusion immédiate
Montréal, le 7 février 2008

Agence TOPO et NT2 présentent Yannick B. Gélinas

Dans le cadre de la série Sortir de l'écran / Spoken Screen, une série de performances et de conférences sur des oeuvres hypermédiatiques, Agence TOPO et NT2 présentent Yannick B. Gélinas (Montréal), poète et artiste en arts numériques connue pour son utilisation diversifiée des médias numériques. L'artiste donnera une performance le mercredi 13 février 2008, à 20 h, à La Centrale, et prononcera une conférence le jeudi 14 février 2008, à 14 h, à l'UQAM.

La Centrale - mercredi13 février 2008, 20 h
4296, boul. Saint-Laurent, Montréal
T 514 871 0268

UQAM, Laboratoire NT2 - jeudi 14 février 2008, 14 h
1495, rue Saint-Denis, salle J-4255, Montréal
T 514 987 0425

Artiste des nouveaux médias, vidéaste et poète, Yannick B. Gélinas a réalisé plusieurs ¦uvres interactives constitués de portraits vidéo et de textes poétiques où l'auteure se livre dans une poésie personnelle avec la quête du bonheur et les manifestations du plaisir comme fils conducteurs. Blogueuse depuis la première heure - www.yannou.com/blog -, l'auteure tient aussi un carnet hebdomadaire à propos des nouveaux médias - www.dziit.com - à l'émission Premières vues (Vox).

À la Centrale, l'artiste propose VIDA, une blog-performance vidéo où l'artiste interprétera divers textes de son blog personnel et de son livre L'emportement, avec la participation de la musicienne Janet Lumb et de la VJ Karine Charbonneau. Dans cette performance, l'auteure fait appel aux diverses disciplines de sa pratique en arts médiatiques. Elle combine lecture de textes, écriture en direct sur son blog et projection de films d'archives de fêtes familiales, de jeux d'enfants et d'expressions du plaisir de vivre provenant notamment de Plaisirs, le film. Ce court-métrage interactif, une fiction poétique sur DVD, accompagne son livre L'emportement publié en 2006 chez Planète Rebelle. Il s'agit de son deuxième titre publié chez cet éditeur, après Mordre, en 2000, un recueil de poésie accompagné du cédérom Parenthèses.

Oui, les mots sont libres. Libres de sonner comme le lecteur l'entend dans sa tête. Mais la voix n'est pas la prison de l'écriture. Elle est seulement une chambre, une pièce, un endroit où elle se pose. Elle n'étouffe pas la liberté des mots, la voix lui donne une direction, un ton. Les images enveloppent les mots pour leur apporter du rêve. Y. B. G.

LA SÉRIE

Sortir de l'écran / Spoken Screen donne la parole à des artistes qui créent des oeuvres de littérature hypermédiatique et qui les font vivre à l'extérieur de l'écran. Chaque événement comprend deux volets: une performance le mercredi soir à la galerie La Centrale et une conférence le jeudi après-midi à l'Université du Québec à Montréal.

Pour la saison 2007-2008, quatre artistes ont été invitées à présenter leurs travaux qui combinent prestations scéniques et projections d'art médiatique (web, vidéo, CD/DVD). Les quatre artistes sont Michelle Citron de Chicago (octobre 2007), Aya Karpinska de New York (décembre 2007), Yannick B. Gélinas de Montréal (février 2008) et Annie Abrahams de Montpellier (mars 2008). De l'information sur ces artistes est disponible à l'adresse suivante : http://www.sortirdelecran.ca

LES PARTENAIRES

Cette série, une initiative de l'Agence TOPO et du NT2, est réalisée en collaboration avec La Centrale, qui accueille le volet artistique, ainsi que Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire à l'UQAM, et le Département d'études littéraires de l'UQAM qui soutiennent l'événement.

Agence TOPO est un centre d'artistes montréalais voué à la création, la diffusion et la distribution d'oeuvres multimédias indépendantes. Depuis 1998, TOPO initie, réalise et produit des projets collectifs d'art multimédia avec une diversité d'artistes, présentés dans des galeries, événements et festivals d'art électronique à travers le monde. Vitrine de la fiction interactive, l'Agence TOPO distribue également un catalogue international d'une cinquantaine de titres d'art et d'essai sur cdrom, dvdrom et dvd vidéo, notamment les deux publications de Yannick B. Gélinas. http://www.AgenceTOPO.qc.ca/vitrine

NT2, Laboratoire de recherches sur les oeuvres hypermédiatiques, est une infrastructure qui permet de renouveler les pratiques d'analyses en études littéraires, cinématographiques et en histoire de l'art. Le NT2 a pour mission de promouvoir l'étude, la lecture, la création et l'archivage de nouvelles formes de textes et d'oeuvres. http://www.labo-nt2.org

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Source : Agence TOPO
Michel Lefebvre
T 514 279-8676
http://www.AgenceTOPO.qc.ca

Agence TOPO remercie le Conseil des Arts du Canada, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts de Montréal, Emploi-Québec, la Société des arts technologiques qui héberge son site web, le Laboratoire NT2 ainsi que le centre d'artistes La Centrale Galerie Powerhouse.


+++++++++++++++++++++++++++++++++++++ ENGLISH VERSION

PRESS RELEASE
Montréal, February 7, 2008

Agence TOPO and NT2 present Yannick B. Gélinas

As part of Sortir de l'écran / Spoken Screen, a series of performances and conferences on hypermedia works, Agence TOPO and NT2 present Yannick B. Gélinas (Montréal), poet and artist known for its extensive use of all media art forms. She will perform on Wednesday, February 13, at La Centrale and give a conference on Thursday, February 14, 2008 at UQAM.
La Centrale Galerie Powerhouse - February 13, 2008 at 8 PM
4296, blvd. Saint-Laurent, Montréal
T 514 871 0268

UQAM, Laboratoire NT2 - February 14, 2008 at 2 PM
1495, Saint-Denis St, room J-4255, Montréal
T 514 987 0425

As a poet and video/new media artist, Yannick B. Gélinas has directed several interactive works combining video portraits and poetry where she reveals herself, intimately, in a quest for happiness and the multiple manifestations of pleasure. The author is also an experienced blogger - www.yannou.com/blog - and she holds a weekly chronicle about new medias - www.dziit.com - for the program Premières vues (Vox tv).

At La Centrale, Yannick B. Gélinas will present VIDA, a video blog-performance where she will read excerpts from her blog and from her book, L'Emportement, with the participation of musician Janet Lumb and VJ Karine Charbonneau. In this performance, the artist will encorporate multiple disciplins from her media art practice. She will combine reading texts, live blogging, projecting footage from home-movies, children's games, and other expressions of life's pleasure taken from Plaisirs, le film. This short interactive film is a poetic fiction released on DVD with her book L'emportement published in 2006 by Planète Rebelle. L'emportement is her second book published with this editor, after Mordre, a poetry collection accompanied by a CD-ROM entitled Parenthèses in 2002.

THE SERIES

Sortir de l'écran / Spoken Screen, a joint initiative between Agence TOPO and Laboratoire NT2, is a double set of activities involving the presentation of interactive works combined with a live performance at la Centrale Galerie Powerhouse, followed by a conference at the Université du Québec à Montréal (UQAM).

For 2007-2008, 4 artists have been invited to present works combining a live performance with new media projections (video and computer based). The four artists are Michelle Citron, from Chicago, on October 15-16, 2007, Aya Karpinska from New York, on December 5-6, 2007, Yannick B. Gélinas from Montréal, on February 13-14, 2008, and Annie Abrahams from Montpellier, on March 26-27, 2008. Information about this series is available at http://www.sortirdelecran.ca

THE PARTNERS

This series, a joint initiative between Agence TOPO and Laboratoire NT2, is made possible with the collaboration of La Centrale Galerie Powerhouse, which hosts the performance, Figura, the Research Center for Text and the Imaginary (UQAM) and UQAM's Département d'études littéraires who support the conference.

Agence TOPO is an artist-run center dedicated to the production, dissemination and distribution of independant multimedia works. Since 1998, Agence TOPO has diverse collective web art projects with artists from Quebec and abroad, presented in various events and festivals. It also acts as a distributor by carrying an Electronic Showcase for the dissemination, promotion and distribution of artistic and experimental CD/DVD-ROMs and DVD-VIDEOs. The Showcase presents an international selection of over fifty titles, notably the two books and CD/DVD by Yannick B. Gélinas.

NT2: New technologies, new textualities. The Research Laboratory for Hypermedia Literature and Art is a space which facilitates the renewal of analytic theory in literary studies, film studies and art history. NT2 intends to develop tools and a research nomenclature specific to new art forms, as well as refine their parameters of classification and cataloging, thereby providing an infrastructure not only making them more accessible, but also ensuring their conservation. NT2 promotes the study, reading, writing and archiving of new textualities, hypermedia and cyberart. http://www.labo-nt2.org

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Source : Agence TOPO
T 514 279-8676
http://www.AgenceTOPO.qc.ca

Agence TOPO thanks the Canada Arts Council, the Conseil des arts et des lettres du Québec, the Conseil des arts de Montréal, Emploi-Québec, the Société des arts technologiques which hosts TOPO's web site, the Laboratoire NT2 as well as the artist run center La Centrale Galerie Powerhouse.

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mercredi, février 06, 2008

Poème sur la joie: Silence

Ce texte a quelquechose de sombre, je vais le transformer pour qu'il soit plus joyeux pour mon show de mercredi prochain. Mais je voulais vous le livrer tel quel avant de le "dé-darkiser" (il existe déjà sur le blogue, mais je l'ai transformé).

***

Il y a tant de bruit que je reste en silence
et pourtant
les mots sont un baume à tout ce cirque

La ville m'avale en vrac
et pourtant

Je résiste à me taire
à taire la beauté entre les poussières et les rayons

Je cherche toujours la lueur
même si des regards sombres
des voix violentes
des paroles vaines
des coups portés en plein coeur
tentent de faire taire la beauté

Elle se débat ferme
elle n'abdique pas
elle existe par-delà tout
et malgrés les vagues viles de haine vissée au ventre

Elle émerge
et me donne un souffle vif
fort
qui balaie les doutes
les larmes
les chuchotements las
les soupirs de solitude mal placée

La nuit dans son reflet de neige
Le matin dans son nouveau jour
Tissée de moments figés
les vies s'apostrophent entre elles
suspendues

La joie est
la seule défense
le seul encrage de force à toutes les faiblesses

ce n'est pas une bouée
c'est une île
un repos
un phare

dans la mer de tristesse des surenchères splendides que s'offre la ville vendue à rabais
je retiens mon souffle
j'arpente les mémoires fragiles

l'éteincelle dans l'oeil
je questionne les gens à outrance
Car c'est indiscret que de confronter la vie
les peurs
les contradictions effarantes

La joie est un phare
dans cette mer inconvenante de trop plein
trop d'inconscience à tout prix

je souffle encore quelques réponses
je soupire
mon souffle retenu
la vie passe par là
et elle s'arrête parfois

pourquoi noyer les éteincelles de bonheur
dans des marées de doutes
à trop tant vouloir on retire toute substance

laisser être
jouer sa vie
comme un grand concerto

Tout ce cirque m'étourdit

Retourner à l'essence me repose
L'essence des rires francs et des jeux au jardin

Quand l'eau, les feuilles, la neige volent
par pur plaisir

Mon coeur une onde de choc soudée de bonheur
un besoin criand de musique et de rythme

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lundi, février 04, 2008

Blog-performance: poésie en direct

Je vais faire une blog-performance. La musicienne Janet Lumb m'a sortie le mot la semaine dernière alors que nous étions en réunion pour travailler sur le show du 13 février à La Centrale. J'ai souri. Et puis oui, c'est exactement ça.

Karine Charbonneau supperposera des images de films d'archives traités à mes billets rédigés en direct, avec la sensibilité de modifier le rythme de tout cela live. J'ai vraiment très hâte. Heureusement que je tappe vite au clavier. Les gens ne devraient pas s'ennuyer. En plus d'avoir la possibilité de lire mes pensées. Et moi de faire savoir au public comment je me sens, ce que je pense, mes réflexions, mon état... poétique. Je trouve tout cela bien excitant. Ce sera comme si vous étiez assis devant moi, à me lire, mais que je pouvais voir vos yeux, entendre vos soupirs, entendre vos rires. C'est la joie du direct, en écriture! Faudra que je sois inspirée! La page blanche sera interdite!

Je me demande si certains performeurs-blogueurs-auteurs ont déjà fait une expérience similaire...

ps. Si vous y êtes le 13, vous pourrez aussi me faire vos messages sans avoir à publier des commentaires... car vous êtes 1500 à me lire hebdomadairement, mais toujours silencieux... je vous aime comme ça! ;) Je suis une auteure de blogue qui attire et qui garde ses fidèles, et ils me lisent en silence. Probablement avec de la musique.

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lundi, janvier 28, 2008

Sortir de l'écran

Le 13 février prochain (20h) je partagerai mes textes en musique et en images à la galerie la Centrale (4296 boul. St-Laurent, Montréal).

Je lirai des poèmes, mais aussi des réflexions et des textes tirés de mon blogue. Je compte aussi bloguer en direct, lors de la performance, et poser quelques ordis sur place pour que les gens puissent faire des commentaires en direct.

Les thèmes? La joie, le bonheur, l'enfance, la nostalgie...

Musique Janet Lumb
VJ fait par Karine Charbonneau*

* Karine ajoutera des textures à mes images: archives familiales datant de 1950 (filmées par mon grand-papa gélinas), et images des enfants jouant au Parc Lafontaine en automne

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mercredi, janvier 16, 2008

Vivre de la poésie?

Je publie ici une partie d'une réponse faite à une jeune fille qui a découvert mes textes de poésie sur Internet. Elle me demandait s'il est possible de vivre de sa plume...

Il n'est pas rélaliste de strictement "vivre de sa poésie écrite", du moins ici au Québec. Et je doute que ce soit le cas en France. La poésie est effectivement le parent pauvre de la littérature. J'ai publié deux recueils de poèmes, aux Éditions Planète Rebelle (Montréal), pour le plaisir de partager mes textes et la satisfaction de les voir publiés. Mais à chaque fois, ce ne sont que 500 copies qui furent imprimées. C'est bien peu.

Par ailleurs, la diffusion de la poésie sur Internet se porte bien, et cela permet de joindre des nouveaux publics. Pas de limite de frontière, et la publication est libre et gratuite! Le simple fait de publier vos mots sur un blogue personnel, ou un site de littérature, et de les signer, et vous existez comme auteur. Les lecteurs peuvent très facilement vous joindre, ou commenter. À titre d'exemple: j'ai 1500 lecteurs chaque semaine ici-même.

De plus, il ne faut pas oublier que la poésie est la source première des textes de chansons. Donc la poésie n'est pas morte, elle se porte bien, et elle est bien vivante par la musique!

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mercredi, décembre 05, 2007

Tant de bruit

Il y a tant de bruit que je reste en silence
et pourtant
les mots sont un baume à tout ce cirque

La ville m'avale en vrac
et pourtant

Je résiste à me taire
à traire la beauté entre les poussières et les rayons

Je cherche toujours la lueur
même si des regards sombres
des voix violentes
des paroles vaines
des coups portés en plein coeur
tentent de faire taire la beauté

Elle se débat ferme
elle n'abdique pas
elle existe par-delà tout
et malgrés les vagues viles de haine vissée au ventre

Elle émerge
et me donne un souffle vif
fort
qui balaie les doutes
les larmes
les chuchotements las
les soupirs de solitude mal placée

La nuit dans son reflet de neige
Le matin dans son nouveau jour

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mercredi, octobre 03, 2007

Poésie électronique

Un extrait de mes poèmes (de mon dernier livre: L'EMPORTEMENT) sera diffusé sur les écrans électroniques dans le métro de Montréal. Je suis très contente. Beau projet public et électronique. Tout à fait moi!

« Je laisse couler les mots comme l'encre des siècles
comme un chant superbe
comme une nuit d'amour »

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jeudi, juin 07, 2007

Vagues

Sillons étranges qui sonnent l'appel d'une raison stable
Je puise à même la source pour retrouver l'équilibre
Je suis une femme qui tangue sur la mer de la vie
Le temps efface tout - reste la mémoire
Et le murmure des flots qui engouffre les souvenirs
L'océan plus grand que nous retrouvera son calme

J'ai besoin de soleil pour éclairer ma route
Mais où est-il dans ce printemps au goût d'automne?

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jeudi, avril 12, 2007

Le temps qui passe

Encore le temps, comme un leitmotiv, qui vient alimenter mon imaginaire et mon écriture.

Courrir après lui, en manquer, l'observer, tout faire pour le ralentir, ouvrir la bouche sidérée de sa vitesse vertigineuse. Se couvrir de sa nostalogie, de ce qui est terminé. Rêver de ce qu'il sera pour construire des utopies. Laisser l'angoisse des possibles se dissoudre dans ses marées, où rien n'existe vraiment sans lui. Laisser naître des beautés, laisser s'en fanner d'autres sur son passage. Le temps comme mémoire, comme mateau de désir. Le temps qui fuit, le temps qui passe, le temps d'un rêve et j'en passe. Le faire rimer avec les idées convenues, des non-dits, des silences. Un frisson, une image, un tremblement. Le temps intangible et tellement réel. Le temps qui n'est personne et qui détruit tout. Le temps qui façonne, qui crée la beauté. Le temps qui se pare pour devenir durée, le temps qui ne finit plus pour devenir éternité, les regrets baptisés nostalgie, les rêves à venir nommés utopies, le temps imaginé qui est fantasme, le temps parallèle qui est fiction, le temps présent enfin ancré dans l'action. Même être immobile au présent est une action.

L'angoisse, soudainement appelle l'écriture. Et vlan: un coup de vent, je vous écris ce texte venu d'on ne sait où dans les méandres de l'espace-temps.

J'ai tellement hâte d'avoir un piano. Des textes comme ça, pour moi, ça appelle des notes, et tout est là pour que je transforme les mots en musique, et la musique qui roule sur les mots.

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lundi, mars 26, 2007

Je suis comme je suis

Je suis sensible. Des jours plus que d'autres. En général, je suis sensible particulièrement au gens que j'aime. Parfois ça me rend irritable, d'autre fois ça me rend très heureuse, ou encore terriblement triste. Avoir les émotions si exacerbées, j'en paie le prix. Ce prix est le plein de vie ou le vide de la nostalgie qui s'attaque à mes dimanches soirs. La sensation de voir certaines amitiés s'effriter, alors que le temps passse, que les gens changent, que la terre tourne, et c'est normal. Ainsi va la vie qui va! Mais aussi chavirée par les états d'âmes de ceux qui me sont proches. J'aimerai bien m'en prémunir. J'aimerai bien avoir une armure qui laisse filtrer le soleil et pousser les fleurs, mais qu'aucune lance ne peut atteindre. J'aimerai ne pas avoir la tête lourde de cent tristesses dont je ne suis pas maitresse. Il me reste à me laisser emporter dans le flot du travail, des obligations, de la vie. La poésie comme remède. La musique comme rêve. Et beaucoup de tendresse de mon amoureux si merveilleux. Me couvrir de ses baisers comme un manteau opaque aux éclats de métal rouillé que la vie apporte. Être forte au-delà des déceptions, au delà des déroutes politiques vaines, au-delà des fatigues des conversations inutiles, de la bêtise humaine qui nous conduit tout droit à notre perte. Espérer retrouver des sourires perdus dans les dédales des erreurs passées, des mots proférés trop vite, dans la hâte de dire la vérité, alors que non, toute vérité n'est pas bonne à dire. Au-delà de tout, le pire est peut-être l'indifférence. L'indifférence me tue.
*
N'oubliez pas d'aller voter. Il ne vous reste que quelques heures.

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samedi, janvier 27, 2007

Piano

Je rêve encore de piano qui m'enveloppe. Bientôt oui bientôt je saurai en apprivoiser un, le capturer et le garder dans ma maison. Puis je laisserai mes doigts courrir sur son do, encore et encore, jusqu'à l'envoûter un peu. Puis ce sera lui qui m'envoûtera. Je serai patiente, disciplinée. Je ferai mes gammes sur ses touches blanches et noires. J'apprendrai pas à pas les mélodies que j'aime et que je rêve de jouer toute seule depuis plusieurs années: Brel, Férré, Desjardins, mais aussi Chopin, Satie. Et surtout: me laisser aller à ce piano. Me donner langoureusement à lui. Laisser naître la musique comme je laisse naître mes poèmes. Spontanément, physiquement, passionnément. Mon amour de la musique pourra me transpercer enfin, vivre et vibrer par mes mains. Mon piano j'en rêve. Je l'aurai un jour.

Vous avez un tuyau pour des piano usagés?

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dimanche, janvier 07, 2007

Ma route

Je me vois sur la route
ce long chemin d'autoroute qui file à travers les champs
les blés couchés par le vent

J'entends une musique (Damien Robitaille, peut-être)
elle m'emporte comme ça
dans toute sa simplicité

Devant la panique qui devrait s'emparer de nous
devant le boulot incomensurable à faire
pour renverser la vapeur
de notre train capitaliste qui tire la planète à sa perte

En toute candeur
je suis une bulle légère
un champagne de l'âme
je suis optimiste utopiste debout

Parfois je suis assomée de sommeil épuisée
mais mon repos me donne l'élan
d'embrasser encore et de reprendre ma course
et d'embraser un village global de fous solidaires
qui fonceraient pleine vapeur vers des cieux plus cléments
comme la dernière case de la BD
des ombres qui dansent sur le soleil couchant

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jeudi, décembre 14, 2006

Printemps en hiver

Par la lucarne de mon écran, je scrute la vie.
Par là, j'ai vu une bribe de printemps, j'ai senti la chaleur.

J'adore cette saison.
(note au lecteur: je travaille en ce moment sur des images extérieures tournées à Nancy en France au printemps dernier)

Les feuilles qui pointent comme des seins sous une camisole légère,
des talons hauts qui claquent,
des rires d'hommes qui fusent.

Le bruit de l'été qui s'en vient à grand pas
qui ne résonne pas comme celui des autres saisons.

Le printemps c'est l'annonce de la lourde chaleur
qui fait des promesse lascives
qui allonge les baisers des amoureux,
vautrés sur des bancs de parcs, des promesses plein les yeux.

Les sons de la ville qui résonnent en souplesse.

Manteau de poésie à porter en bouche,
le printemps réveille par son vert de tendresse
il embrase la vie elle-même
il est un sourire timide aux lèvres humides.

Avec sa brise de crème sur les peaux nouvellement nues
à chatouiller dans les détours
l'antichambre de nos sommeils d'hiver

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lundi, septembre 25, 2006

L'automne

Soif
de soleil
par delà les brises
légères et fraîches de l'automne
Je gravite dans des bonheurs quotidiens
qui lavent l'âme et assèchent toutes les larmes
Je me construis un temple de joies simples et sereines
des fondations de vie qui sentent le bon pain et le vent du large
Où mes mots reposent sous des strates de sourires aux yeux clos satisfaits

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jeudi, juillet 27, 2006

Après la chute (2)

Suite des TUMULTES (texte rédigé en 1999)

Cassé ma gueule à gros prix.
Je suis absente.

Aucun baume ne m’apaise,
seulement le sommeil pour réparer mes yeux rougis,
ma bouche amère.

Je ferme toutes les musiques,
la nostalgia me tord le ventre à en fendre l'âme.
J'ai comme un creux au ventre.
Je suis absente.

Double coup porté en plein centre de l'amour,
j'ai fermé une porte grasse et lourde,
l'autre porte s'est verrouillée à double tour.

Emmurée dans mon calvaire, prisonnière,
je veux fuir m’évader sous les tropiques,
là où ton ombre n’existe pas.

Rien ne rime à rien,
j'ai perdu le goût du ciel.
La rumeur de l'orage brode le vide autour de moi.
Je suis absente.

Ce qu'il me reste?
J'ai comme une chaleur au ventre,
le dernier bouillonnement inutile.
Pourquoi sauver les meubles?
J'ai même pas pu sauver ma peau.

J'ai dansé tout l'été,
comme une cigale aveugle,
comme une sirène sans repos.

J'ai chanté jusqu'à la fin, la toute fin.
J'ai chanté pour couvrir le bruissement de tes plaintes.
J'ai étouffé son rire superbe, je l'ai laissé s'approcher
près, tout près de moi, en fermant les yeux,
je l'ai laissé porter un coup magnifique
en plein centre de mon cœur.

Un coup dur, qui déboussole les traces de vie.
Ce qu’il me reste en bannière est un désir cinglant du départ.

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mardi, juillet 25, 2006

Récit

Mardi 25 juillet. Pluie. Humide. Je me dirige vers mon écran et mon clavier, l'envie de poésie qui me prends soudainement l'âme, comme ça. Firefox. Vivre la vie. Liens. Blogues, blogues, lectures, fous rires, larmes, réflexions. La vie, la guerre, les tranches de vies de tous et chacun. La profondeur, la légerté, les commentaires.

Plongée en moi. La douceur de ma vie. La difficulté de celle des gens en zones de conflits armés. Retour à ma réalité. Coup de téléphone aux aimés, ceux qui sont vieux et malades. Mon cher Parrain qui vit encore des bonheurs, malgré son cancer qui l'affaiblit. Marraine pleine de sourires, malgré le tour en ambulance cette semaine, et la visite à l'hôpital à cause de son diabète. Pas drôle de viellir. Étrange pour eux d'entendre encore la guerre qui rugit au loin. Eux qui ont vécu la Deuxième Guerre Mondiale dans leur Belgique natale. J'ai entendu encore et encore les récits de Parrain et Marraine: les sirènes, les bombes, les SS, le bunker, les avions, les juifs qu'on cache, la résistance, la souffrance, le rationnement, les usines en Allemagne, l'exode, le café disparu, le clocher de Nivelles couché sur le côté, leur rencontre, leur mariage. Puis la reconstruction. Et leur traversée pour le Canada, avec deux enfants.

Toute leur vie fut marquée par la guerre de la fin de leur adolescence. Trop de vies sont marquées par des guerres. Pourquoi faut-il toujours masquer la beauté et la paix pour du pouvoir, de l'argent, des territoires?

Plus tard, la poésie. Enfin, elle est là quand même. La pluie tombe pour laver la terre. Il fait frais, pour rafraîchir mes idées. La musique quand même dans ma tête. Et dans mon coeur, mon grand Amour. Je vis ma vie qui n'est pas parfaite, mais j'aime parfaitement, et c'est très bien. Je suis si amoureuse que presque étourdie d'amour. J'ai hâte de prendre des Vacances avec Lui. J'en ai vraiment besoin, pluie ou pas.

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lundi, juin 19, 2006

sans titre

Trop de peu de mots pour couvrir des fausses plaies
des déraisons qui plissent les bords de mes robes de joie

Je manque de mots sous l'ombre de mes parasols maculés de soucis
inutiles
Luxe de l'angoisse dans l'tapis

Mon coeur une onde de choc soudée de bonheur
un besoin criand de musique et de rythme

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lundi, mai 15, 2006

Soif et rage

J'ai toujours soif
encore
d'emportements
le fade plate drabe
me tue
plus que tout
vil de vie
l'ennuie m'odscède
par ces deuils-détritus
obscènes
entre les lignes
les silences lourds
interdits
si laids
manque de passion

soif de musiques
mystiques
de rythmes soufflés
forts en vibrations
de transe

je vibre de printemps
pour souffler l'inutile
le mépris
l'insouciance
les yeux fermés

l'esprit étroit
me tue
plus que tout
le silence lourd
des sourds de plaisirs
me soûle de blues bleu
noie rouge
ma gorge brûle

je veux tourner
emportée
dans la conscience

je crie
l'horreur de silences
l'ignorance

ma colère née dans l'inertie des autres
rage bouillonnante de l'inertie des masses
quoi faire pour faire bouger
quoi faire pour être entendu
pour prioriser dans leur tête
ce qui doit être sauvé

victoire vaine de créer
l'histoire se noie elle-même dans le nombre
le mépris des masses
l'oubli de l'impact de vos vies
sur le grand Tout
celui qui importe
plus que tout
ce qui reste après nous

la connerie râcle mes blessures
je suis égo sec
aussi centrée que la connerie elle-même
je flambe ma propre rage
égocentrique
la force du feu de rage
centrée sur moi
absurde

presque envie de baisser les bras
encore tout ces combats encore à faire
retrouver la drive
la vraie
celle qui soulève
sans colère
mais en beautés
les masses
et ses saufs-conduits

je veux relever mes manches
et me lever debout
pour qu'on me suive
qu'on ouvre les yeux
les oreilles
et le reste
la bouche grande ouverte dans un cri de rage
qui se meut en cri de victoire
qui fera fondre la connerie
la fermeture d'esprit

* Écrit ce matin sous influence de ça

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mercredi, avril 12, 2006

Je vais bien

Je soupire
enfin
le sourire aux lèvres
j'embrasse mon oreiller pour une sieste de printemps
aux fenêtres ouvertes
aux rêves légers
Un concerto de chats de ruelle qui ponctue ma farniente

Je suis épuisée mais ravie

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mercredi, mars 01, 2006

Soleil d'enfants

Le soleil brille le froid
mes pas ne sont plus d'errance
je rêve la mer le repos
pour calmer les cauchemars de larmes sèches

Les enfants vibrent la vie
ils osmosent le mouvement
pour rendre le silence en sourire
et laisser la peine s'éteindre doucement
fondre les douleurs

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dimanche, février 26, 2006

L'amour des mots

J'écris depuis toujours, depuis je sais écrire. J'écris des poèmes depuis l'âge de 8 ans. Je me souviens de ces petites histoires de flocons et d'hiver. Je dessinais à côté de mes poèmes d'enfant. Puis les années ont passé, et à l'adolescence ma passion fut confirmée: j'étais amoureuse de l'écriture. Je remplissais des cahiers entiers par plaisir de l'écriture, par rendez-vous avec moi-même

J'écrivais aussi des correspondance avec ma grande amie d'enfance, Véro. Nous échangions des cahiers où nous racontions des tranches de vie. De 12 à 16 ans, nous avons remplis 7 ou 8 cahiers. Nous avions réinventé le journal intime. Elle était ma voisine et ma meilleure amie. Je me souviens de ma joie le matin alors que je trouvais le cahier tout froid dans ma boîte aux lettres. Je lisais ses histoires, ses partages, ses confidences, ses questions. Nous étions liées par l'écriture et par la vie. Le soir, je lui répondais en partageant à mon tour mes doutes et mes angoisses, mes rêves et mes espoirs d'adolescente. Nous mettions des photos, des dessins, des folies, des parfums dans ces cahiers. C'est fascinant de les lire à nouveau. De voir cette belle évolution entre 12 et 16 ans, quelques années, mais une planète. Nous avons couché sur le papier le passage de l'enfance à la vie de petite femme. Nos priorités et nos questionnements démontrent de ce changement. À 12 ans, on discutait de recettes et de notre prochaine visite au Mail Montenach, le Centre d'achat du coin. À 16 ans, nous parlions du nom de nos futurs enfants, de nos rêves de carrière, de nos amours tourmentées et de nos premières blessures amoureuses.

Parenthèse:
J'ai malheureusement perdu trace de cette belle amitié forte, dans quelques dédales d'un corridor de Cegep, nos chemins se sont séparés, je ne sais plus trop bien pourquoi. Elle est psychiatre aujourd'hui, et mère de deux jeunes garçons. Je ne sais pas leurs noms. Je suis sûre qu'ils sont beaux ses petits hommes. J'aimerai bien la contacter. Je cherche parfois sa trace sur Internet, sans succès. Je ne l'ai pas revue depuis dix ans. Je pense encore à elle souvent. Je sais qu'elle pense à moi aussi. Mais ceci est une autre histoire.

Mon amour de l'écriture a continué à évoluer pendant ma vie. Toute mon adolescence, j'ai écris plusieurs poèmes d'amour et mes premiers textes érotiques. J'avais un grand plaisir à les lire à haute voix. Ensuite, j'ai étudié en communication et j'ai tenté le journalisme. Pas pour moi. Loin de la poésie, rechercher l'information exacte et couper les métaphores ne m'allait pas. Mon excellent professeur Jacques Larue-Langlois, tristement décédé l'an dernier, me l'avait clairement dit. Je crois qu'il m'aimait bien. Il m'a fait sentir que j'avais un certain talent pour l'écriture, mais pas journalistique...

Ensuite, au début de ma vingtaine, j'ai croisé le chemin de quelques écrivailleux; des poètes, des conteurs, des écrivains, des scénaristes. Certains furent mes amants, d'autres mes amours ou mes amis. Certaines de ces amitiés font encore partie de ma vie maintenant. J'écrivais alors comme aujourd'hui, avec emportement et passion. Cela a donné un premier recueil de poème, publié chez Planète rebelle: Mordre.

Et maintenant, comme plusieurs d'entes vous savez, je prépare le second, L'emportement, toujours chez Planète rebelle. Et j'adore tout autant l'écriture racontée. J'ai eu un énorme plaisir et une grande satisfaction à entendre mes mots dans la bouche de Suzanne Clément lors de l'enregistrement de la narration de mon film Plaisirs. Et bientôt j'enregistrerai quelques poèmes audio pour le DVD qui viendra avec ce livre-DVD. Cadeau des mots à moi-même: mots écris du livre, mots-images du film, mots-narration du film, mots-dits de mes poèmes. Poésie sur tous les temps. Et les médiums.

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lundi, février 13, 2006

Après la chute (1)

Suite des TUMULTES (texte rédigé en 1999)

J'ai réussi
cassé ma gueule à gros prix

Y a pas une patche qui fitte
chu pas toute là

Seulement le sommeil
pour réparer mes yeux bouffis
ma bouche amère

Je ferme toutes les musiques
la nostalgia me tord le ventre
à en fendre l'âme

J'ai comme un creux au ventre
chu pas toute là

Double coup porté en plein centre de l'amour
j'ai fermé une porte grasse et lourde
l'autre porte s'est verrouillée à double tour
emmurée dans mon calvaire
chu ben pognée

Rien ne rime à rien
j'ai perdu le goût du ciel
la rumeur de l'orage brode mon absence
chu pas toute là

Qu'es-ce qu'il me reste?
j'ai comme un chaud au ventre
le dernier bouillonnement inutile.
Pourquoi vouloir sauver les meubles?
J'ai même pas pu sauver ma peau.

Et pourtant je savais
je savais que trop bien

J'ai dansé tout l'été
comme une cigale aveugle
comme une sirène sans repos

J'ai chanté jusqu'à la fin
la toute fin
j'ai chanté pour couvrir le bruissement
des plaintes de Satan
j'ai étouffé son rire superbe
je l'ai laissé s'approcher
près
tout près de moi
en fermant les yeux
je l'ai laissé porter un coup magnifique
en plein centre de mon cœur

Atroce
le sang gicle encore
sature ce qui me reste de raison
déboussole ma trace de vie

Coupé les ponts

Le temps m'aidera sans doute

En attendant
chu pas toute là

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dimanche, février 05, 2006

Poème d'amour du dimanche

Encore le temps qui passe si bien pour nous / lovés d'amour / toutes émotions enchâssées / forteresse multiple de nos corps liés / solidement ancrés dans nos vies qui se multiplient dans la beauté et les douleurs

Fondue à son sourire sa force sa fougue ses joies ses tristesses/ je me déploie fière et fragile/ je me conjugue encore à ses temps / prête à suivre son tempo comme il se rime au mien / comme il brave mes houles et mes mines sombres / comme il vainc mes angoisses absurdes de femme angoissée / comme nous rimons nos rires dans tous les dédales des soubresauts de la vie / chemin ardu difficile parfois / aride et rocailleux / amer et sombre tracé de vies / pavées d'épreuves qui la rendent si précieuse / là où on s'accroche à deux solidement / pour rendre toute cette vie poncée fragile par nos douceurs quotidiennes / la vie lavée par les baisers les caresses les mots doux les gestes pour l'autre / multipliés d'amour / vibrer en grande écoute et en parlure entière / force foudroyante superbe fontaine osmose à nos joies transparentes / mes larmes de douleurs lavées par sa bouche / mon corps tordu absous par son sang / boire l'amour à mêmes nos joies rivées à une paix forte et belle / lumière à l'oeil de voir croître encore cet amour / conviction saine et grande de l'exponentiel des vies / rires légers et silences de respect pour la grandeur de ce qui est là

Oui nous sommes chanceux de reconnaître toute cette beauté / oui nous sommes choyés de nous être trouvés / oui je suis comblée de l'avoir fait entrer dans ma vie par tous mes pores mon âme mes rêves mes désirs mes espoirs

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jeudi, février 02, 2006

petit poème sans titre

L'harmonie de nos rires dans les matins de travail
vibre
joie retrouvée de mes angoisses rendues muettes

Brillance de nos regards unis si bien
j'inspire
dans la lumière d'un janvier d'une douceur hypocrite

Nos tempos accordés à nos joies
rivées à l'action
chevauchées parallèles de nos vies-tourbillon

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lundi, octobre 24, 2005

Tropiques et polaires (extrait)

Extrait de texte à paraître dans Pause et plaisirs, Planète rebelle, printemps 2006

Mes pieds bien plantés dans mon royaume
là où mon cœur palpite à des visages, des mots et des idées
celles de mes frères, mes sœurs de sang, d'âme et de vie
Je marche, je parle, je médite, je baise, j'aime, j'oublie, je pardonne
avec mes contemporains
Ceux qui croient qui rêvent qui bougent qui dansent qui écrivent qui pensent qui aiment baisent pleurent se cachent crient détestent passionnent
vibrent au ventre

Oui je me sens vivre parmi eux
ici
maintenant
dans un retour total d'après l'exil
qui me donne dans le mile tout l'amour exubérant que j'ai pour cette société métissée superbe d'ouverture d'élan de passion d'idées folles de rêves et de commérages vivants

Oui nous sommes vivants
Fier et fragiles
Nés du passé
De ces racines
Arrimés à une géographie américaine et un climat qui balance entre le tropique et le polaire

Nous sommes tropiques et polaires

Je me faufile socialise
parfois isole
Mais même des visages de rue
de mots échangés en de brèves minutes
Me donnent la force l'espoir les yeux brillants
d'une société qui communique jusque dans les restos sombres et les arrière-boutiques
Je m'emporte pour ces sourires ces mains effleurées ces parfums exubérants
Je vibre à mon monde Montréal
ici je respire le monde entier
En 500 mètres je traverse Port-au-Prince, Singapour, Paris, Taïpei, Marakech, Gaspé, Johannesburg, Delhi, Amos, St-Pétersbourg, Buenos Aires
Tous ces visages et leur histoire
leurs langues comme une musique où s'insère quelques mots communs
Qui sont aussi mes mots

Merde quelle richesse sans limites qui vous coule par en dedans
par le nez par la bouche et les saveurs
plein les yeux dans les yeux

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vendredi, octobre 21, 2005

Révolution (poème)

Extrait de texte (L'emportement, paru chez Planète rebelle, printemps 2006)

Il se détruit, l’homme, et il le sait à peine.
Mais qui suis-je, moi, pour lui dire, lui répéter STOP arrête merde arrête
Tu ne vois pas que tu avales ce qu’il te reste de la beauté du monde comme un glouton qui fast-food le raffinement de ce que nous sommes, tu violes-absurde ce qui nous sommes.
Bordel! Mais combien de temps encore nous reste-t-il vraiment?

L’auto-destruction est amorcée, elle s’appelle capitalisme et tout le monde l’applaudit.
Quelques foules éparses
Ici et là
Essaient de dire un peu plus haut ce bordel de merde qu’on fou partout
Mais c’est comme un cri dans un salon
Une attente inutile
Pendant que les grands s’organisent
Nous organisent
En nous traitant de pacifistes – comme on dirait « inoffensifs »

Insultés?
Même pas
Les foules bigarrées de non-satisfaits que nous sommes
Sont disparates
Diluées dans les causes nombreuses
Qui nous unissent et nous séparent
Car nous sommes tous de la même chair
Et nous serons poussière bien vite ensemble.

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Morceau de poésie

Bon, encore un bout. Je révise ces temps-ci, difficile de résister à mon envie de vous en offrir des morceaux.

Je veux laisser couler les mots comme l'encre des siècles
comme un chant superbe aux mots incisifs
comme une nuit d'amour qui conditionne les sillons de l'âge

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samedi, mai 21, 2005

vivre libre (extrait)

L'exhaltation touche et illumine le côté sombre des amants
L'amour m'abandonne en chemin, il me libère des écarts de conduite
Moi qui perds ma route si facilement, amoureuse de l'amour je flanche

Je craque pour mes amants
Je suis une amande
Qui paye de ses miettes brisées

Pour ouvrir la route fraîche sous mes regard francs
je vois l'heure juste
Je serai bientôt un décallage horraire puissant
de cette distance qui ventile l'amour libre
Je dégusterai la conscience, ce plat qui se mange froid,
en mangeant des mets si épicés
que mon cœur battra pour la peine
pour autre chose qu'un amant de passage
mes yeux seront lavés par la mer de ces aventures sans lendemain

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jeudi, mai 19, 2005

L'été Montréal (poème pour enfants)

Ce matin sous les roues de mon vélo
Les feuilles naissantes dansent en ombre sur la route
Et je respire l'air piquant et vif
Qui m'annonce les moustiques
Et la maison de l'été qui viendra bientôt
Avec ses chemins de poussière
et ses matins de grenouilles
Les fleurs se poussent sous le vent
elle plient jolies très délicates
presque polies
elle font la révérence sur mon passage et celui de l'été

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vendredi, mai 13, 2005

Ballet (extrait)

Je suis bouleversée par quelques notes
Je veux devenir le piano
Entre chaque pas envollé la grâce vrillée au corps
Le ventre léger et souple
Le dos fier et la poitrine haute
Chaque muscle bandé dans une grande beauté

Je respecte la danse comme un grand prince
Elle m'emporte si loin plus loin encore
Je ne suis plus de ce monde
Extatique
Suspendue

Entre les accords les notes qui portent et emportent
Grâce légerté lumière
Instants divins où le pas est suspendu, la vrille superbe, l'arrêt parfait
Le corps donne l'optimum dans sa beauté dans sa force

La tête n'est plus
que le corps dans un accord parfait
La musique mène le bal
Près tout près de la vie qui palpite
Au coeur du sang pompé du souffle pur
La ligne du corps devient de l'art
Porté par plus grand que lui
emporté aux étoiles

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mercredi, mai 11, 2005

Abscence sombre (extrait)

Le rire oublié dans une fuite sans partage
l'ombre de la ville sonne faux
ce soir
Tu abdiques sans savoir l'outrage
que tu causes en me tournant le dos
encore
Rien ne peux épancher ma soif
de toucher le vrai l'intime le beau
parfois
Des murmures qui couvrent nos corps
abscents l'un de l'autre sans mots
ce soir

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lundi, mai 09, 2005

Passages allemands

Ce texte fut rédigé en 2000, alors que je travaillais à Schwerin, dans le Mecklenburg-Vorpommern, non loin de la mer baltique. J'ai vu des images d'archive des jeunesses hitleriennes en 1937 paradant à l'endroit même où je demeurais.

Ces passages de blé
je les ai vu en Allemagne
sur des lignes courtes et rapides
des champs de blé
ocres au soleil et penchés
avec des ombres longues pour souvenir

Dans l'étourdissement de souvenirs sales
Collectionnés dans des Musées trop propres
pour apaiser le peuple coupable

J'ai vu des boisés légers
pourtant témoins d'horreurs innommables que l'histoire ne peu pas oublier
mais sur lesquelles elle ferme un peu les yeux
dans l'aujourd'hui des bois-témoins
si paisibles et innocents

Mon amie juive aux cheveux d'ébène
a trouvé un casque de soldat allemand
dans ce bois
criblé de balles
non loin de là il y a un peu plus de 50 ans
grillaient des corps dont la course s'était arrêtée trop tôt

La mémoire de l'histoire est bien courte

Nous célébrons aujourd'hui 60 ans de libération, après la fin de la deuxième Guerre Mondiale. Des jeunes néo-nazis reprennent aujourd'hui le flambeau et font parler d'eux. Que pouvons-nous faire face à tant de bêtise humaine, à tant d'aveuglement, à tant de haine?

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jeudi, mai 05, 2005

Le printemps Montréal


Il s'installe enfin et ramène mon moral au beau avec ses rayons francs. Je le vois dans les regards que je croise dans la rue, comme si les humains vivaient à nouveau après l'hibernation. Une séduction douce flotte sur la ville. Dans les sourires, les têtes qui se tournent, l'énergie ambiante; tout est musique. J'entends à nouveau les arbres bruisser, les oiseaux et les chats se chamailler le territoire. La poussière se soulève pour nous pousser à aller voir plus loin là où tout est plus vert. Mais j'aime la métropole au printemps. La concentration humaine nous force à une proxitité tellement belle. Vous voulez jouer à un jeu du printemps? Observez les foules, les passants sur les troittoirs, les joggeurs dans les parcs, et gardez en tête que ce sont des animaux. Nous sommes animaux. C'est magnifique.

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mardi, mai 03, 2005

L'œil du PHU


Oui l'œil du PHU (Parti Hautement Utopiste) vous regarde...
Et ce regard questionne / il n'est pas inquisiteur / il est celui de la fragilité / la vôtre / fermé il rêve / ouvert il est conscient et curieux / observateur et fasciné / c'est aussi un regard qui donne / une mer d'échanges / l'affection en bannière / un pas vers la révolution bleue / il cherche les autres regards / nœuds de rencontres / grégaire et fier / fort et fragile / il est offrande / combatif

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mardi, avril 26, 2005

Vivante (poème)

Un vent de hasards balaye ma vie enfin
Un souffle chaud inspire chaque pas à se poser encore
Devant
Le regard plein Le ventre vibrant
J'attendais tout près d'un sentier où la mousse roule
Où j'entendais la mer et le sable les yeux fermés
Maintenant mon pas reprends
Je vois la mer la houle et même le vent chaud

En bouche un goût de printemps et de vie
La sève monte et le monde tremble
Devant la beauté sidérante
Je me tiens droite les yeux enfin ouverts
Fixant le vent brûlant (vivante)

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lundi, avril 25, 2005

Radio Haitienne 2 / poésie

Retour de la radio: expérience toujours enrichissante de parler aux auditeurs qui furent touchés par mes mots. Une dame de 78 ans, Cécile Deveaux, dit m'avoir écoutée les yeux fermés, les mains sur les yeux, les oreilles toutes proches de son poste de radio. Elle a particulièrement été touchée par mon poème "odeur de ruelle" qui parle de Montréal, sa ville. Elle m'a prié de faire entendre ma voix plus souvent. Avec plaisir, madame. Mon prochain recueil est en route, et je prévois une partie de textes audios seuls sur le DVD, pour le plaisir des auditeurs. Elle m'a ouvert son coeur de Grand-Maman, et m'a priée d'être persévérante pour l'amour de la poésie, au delà de ses encouragements. Décidément, comme disait McLuan, la radio est un médium chaud. J'adore.

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vendredi, avril 22, 2005

Le temps (poème)

Le temps fascine / fait peur aussi / le temps séduit / car vieillir ancre la perspective / et c'est très beau / avec la mort au bout / qui vient aussi peut-être avant / ce passage d'infinie beauté cruelle qu'est la vie / le temps flotte / s'effrite / s'allonge parfois / gardien de tout cela / crieur public de notre éperdue absurdité / indéfinissable / insaisissable / là réside sa beauté/ croquer chaque seconde / laisser fondre en bouche les minutes / sans amertume / sans regrets / sans nostalgie / la mémoire n'est rien / l'histoire n'existe pas / ou si peu / l'humainerie oublie si vite / tout est contenu dans un seul souffle /

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