mardi, mai 13, 2008

Culpabilité

Hier, on m'a demandé si je suis une personne qui a tendance à se sentir coupable. Ma réponse rapide, et très sûre de moi: "Non, je n'ai pas ce défaut. J'ai beaucoup d'autres défauts, mais pas celui-là." Puis j'y repense. Honnêtement. Je doute, soudainement. Oui, à l'occasion je me sens coupable de dormir le matin - parfois jusqu'à 8h30, alors que tout le monde est debout depuis 6h45...-. J'ai certaines culpabilités "familiales" qui planent (je devrai, j'aurai dû, je pourrai...). Je me sens parfois coupable de ne pas faire ce que je m'étais promis de faire. Surtout que la vie apporte son généreux lot de millions de petites choses qu'il faut faire, que l'on doit faire, qu'il est primordial de faire. Et l'accumulation des retards (remettre le ménage à plus tard, remettre certaines réparations à plus tard, remettre un compte à payer à plus tard) rend toute situation beaucoup plus difficile à régler si on tarde trop. La discipline est donc la clef du succès. Mais pour moi c'est davantage dans l'action. Je me lève un matin, et je "clanche" une série de petits trucs qui trainent. Mais ce n'est pas très organisé, structuré. Je le fais, c'est tout. Ensuite, je me sens bien. Mission accomplie.

Tout est une question d'équilibre. S'accorder du temps est la clef du bonheur pour moi. Le temps de voir le soleil, de savourer ma tartine du matin avec mon journal, le temps de rigoler avec les enfants, le temps de cuisiner des bons petits plats pour ceux que j'aime, le temps de paufiner un montage pour en être complètement satisfaite. Mais si le temps se dilate, je me taxe de parresse ou j'ai la ferme impression de "perdre" du temps. Je me donne pourtant beaucoup de droit de me faire plaisir. Je m'accorde du temps à moi. Et oui, force est d'admettre que je me sens coupable à l'occasion. Mais juste un peu.

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mardi, avril 29, 2008

Choix et doutes

C'est incroyable combien une seule conversation peut modifier notre état, notre pensée. Ce matin je discutais de ma situation professionnelle avec mon amie Rocio. Tout en lui parlant, tout est devenu clair, évident. Ma marche à suivre semblait toute tracée, je me sentais forte et sûre de moi afin de m'engager dans cette voie. Dommage que mes doutes soient revenus alors que je me trouve seule à jongler avec mes pensées. Puis j'ai reçu un courriel d'une autre amie, Madame A. Elle prépare un article sur les listes. Les gens qui font des listes. Des listes de projets, des listes d'objectifs, des listes de maisons à visiter, des listes de choses à faire avant de mourrir. Moi aussi j'ai des listes, mais j'avais oublié leur puissance dans des situations de doutes et d'ombrage. Je vais m'y remettre, les remettre à jour, les utiliser en détails. Merci, Madame A. de me rappeller l'importance de cet outil tout simple. Vous faites des listes, vous?

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lundi, avril 28, 2008

Aléas

La vie est faite de choix. Ces choix déterminent qui nous sommes, nous façonnent, nous définissent. La vie est faite de hauts et de bas. Notre attitude face à ces modulations détermine notre niveau de bien-être. Une même situation peut-être dramatique et négative, ou constructive et positive, selon notre vision. La puissance de ce choix est foudroyant, transformateur.

Aujourd'hui il pleut. C'est très joli, et très bon pour les jardins.

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mercredi, octobre 17, 2007

Les connards sont parmis nous

J'ai toujours été doucement féministe. Je suis féminine et féministe. Je suis une féministe de la fin du siècle dernier (!), mais je n'ai jamais brûlé de soutif en dansant au bord d'un feu en criant: "libération". Non. J'ai 33 ans, je suis donc d'une deuxième, voire d'une troisième génération de féministes confiantes. Je n'ai jamais eu à me battre pour gagner mon droit de vote ou mon accès à l'éduction. J'ai même eu le luxe de choisir une profession plutôt réservée aux hommes. Je ne me suis jamais sentie mise à part à cause de mon sexe. Je me suis parfois sentie "agressée" par des hommes en mal de pouvoir, mais rien de bien grave: des bousculades, des avances déplacées, des charmeurs maladroits, des nus-vites de banlieue. Les hommes québécois sont eux-mêmes généralement assez féministes. C'est d'ailleurs ce qui cause leur crise identitaire, en mal d'identification masculine forte. Ceci est un autre débat. Je voulais vous partager quelques anectodes peu rassurantes: aujourd'hui je viens d'avoir des signes que la connerie machiste est toujours bel et bien vivante.

Bel après-midi d'automne, je marche sur le trottoir. Il fait frais et vif, je marche d'un pas rapide. J'entends un "pssst, pssst" qui attire mon attention. Je lève la tête en direction du bruit. Et là, horreur: un atroce vieux bonhomme me tire la langue, penché à sa fenêtre pour observer les passantes. Non, ce n'est pas une grimace qu'il me fait. C'est une démonstration tout sauf sensuelle de son appétit de vieux branleur. Il agite sa grosse langue mauve en émettant des sons guturaux qui ressemblent à une imitation de vomissement de chameau en rut. C'est probablement son flou souvenir de ce qu'est un cunnilingus, mais j'aime mieux ne pas y penser car c'est moi qui va vomir sur ses souliers. Je passe mon chemin.

Et puis ce soir, je rentre chez moi en vélo. La soirée est agréable, la nuit sur Montréal tellement belle. Je file à pleine vitesse. Puis arrive un connard sur sa bécane. Il crie à tue-tête. Il génère un gros truck d'énergie négative. Je me rends soudainement compte qu'il m'adresse la parole, d'un ton faussement mielleux: "Hey chérie, tu roule plus vite que moé". Non, c'est toi qui roule plus lentement. Et il remet ça: "Hey, viens donc avec moé, suis-moi..." Et spontanément, je voudrais l'envoyer promener de manière crue et vulgaire. Mais je tourne ma langue et lance: "Va donc faire une thérapie!" Au moins je l'ai fait rire, et de bon coeur.

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mardi, juillet 25, 2006

Récit

Mardi 25 juillet. Pluie. Humide. Je me dirige vers mon écran et mon clavier, l'envie de poésie qui me prends soudainement l'âme, comme ça. Firefox. Vivre la vie. Liens. Blogues, blogues, lectures, fous rires, larmes, réflexions. La vie, la guerre, les tranches de vies de tous et chacun. La profondeur, la légerté, les commentaires.

Plongée en moi. La douceur de ma vie. La difficulté de celle des gens en zones de conflits armés. Retour à ma réalité. Coup de téléphone aux aimés, ceux qui sont vieux et malades. Mon cher Parrain qui vit encore des bonheurs, malgré son cancer qui l'affaiblit. Marraine pleine de sourires, malgré le tour en ambulance cette semaine, et la visite à l'hôpital à cause de son diabète. Pas drôle de viellir. Étrange pour eux d'entendre encore la guerre qui rugit au loin. Eux qui ont vécu la Deuxième Guerre Mondiale dans leur Belgique natale. J'ai entendu encore et encore les récits de Parrain et Marraine: les sirènes, les bombes, les SS, le bunker, les avions, les juifs qu'on cache, la résistance, la souffrance, le rationnement, les usines en Allemagne, l'exode, le café disparu, le clocher de Nivelles couché sur le côté, leur rencontre, leur mariage. Puis la reconstruction. Et leur traversée pour le Canada, avec deux enfants.

Toute leur vie fut marquée par la guerre de la fin de leur adolescence. Trop de vies sont marquées par des guerres. Pourquoi faut-il toujours masquer la beauté et la paix pour du pouvoir, de l'argent, des territoires?

Plus tard, la poésie. Enfin, elle est là quand même. La pluie tombe pour laver la terre. Il fait frais, pour rafraîchir mes idées. La musique quand même dans ma tête. Et dans mon coeur, mon grand Amour. Je vis ma vie qui n'est pas parfaite, mais j'aime parfaitement, et c'est très bien. Je suis si amoureuse que presque étourdie d'amour. J'ai hâte de prendre des Vacances avec Lui. J'en ai vraiment besoin, pluie ou pas.

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jeudi, mai 05, 2005

Le printemps Montréal


Il s'installe enfin et ramène mon moral au beau avec ses rayons francs. Je le vois dans les regards que je croise dans la rue, comme si les humains vivaient à nouveau après l'hibernation. Une séduction douce flotte sur la ville. Dans les sourires, les têtes qui se tournent, l'énergie ambiante; tout est musique. J'entends à nouveau les arbres bruisser, les oiseaux et les chats se chamailler le territoire. La poussière se soulève pour nous pousser à aller voir plus loin là où tout est plus vert. Mais j'aime la métropole au printemps. La concentration humaine nous force à une proxitité tellement belle. Vous voulez jouer à un jeu du printemps? Observez les foules, les passants sur les troittoirs, les joggeurs dans les parcs, et gardez en tête que ce sont des animaux. Nous sommes animaux. C'est magnifique.

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samedi, avril 30, 2005

La fatigue

"À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie. Entre eux-mêmes et eux-mêmes il y a une vitre. (...) La fatigue est en eux comme une nostalgie, un désir impossible. "

Christian Bobin, Une petite robe de fête, Et qu'on le laisse en paix
collection Folio, édition Gallimar, 1991

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vendredi, avril 15, 2005

Vision du bonheur

Pensée volée sur le site de Jacques Languirand:
" La vie est ce qui vous arrive quand vous avez d’autres plans. La vie est dure et pénible, mais ce n’est pas une raison pour être désespéré. Une des quatre nobles vérités du Bouddha nous dit que «l'attachement est souffrance». Il y a une différence entre la douleur et la souffrance: la douleur est inévitable, la souffrance est optionnelle. La souffrance est ce qui arrive quand on lutte contre ce qui se passe. "
La vision bouddhiste du bonheur: C'est plus simple que vous ne le pensez, Sylvia Boorstein, éditions Dangles.

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