Les connards sont parmis nous
Bel après-midi d'automne, je marche sur le trottoir. Il fait frais et vif, je marche d'un pas rapide. J'entends un "pssst, pssst" qui attire mon attention. Je lève la tête en direction du bruit. Et là, horreur: un atroce vieux bonhomme me tire la langue, penché à sa fenêtre pour observer les passantes. Non, ce n'est pas une grimace qu'il me fait. C'est une démonstration tout sauf sensuelle de son appétit de vieux branleur. Il agite sa grosse langue mauve en émettant des sons guturaux qui ressemblent à une imitation de vomissement de chameau en rut. C'est probablement son flou souvenir de ce qu'est un cunnilingus, mais j'aime mieux ne pas y penser car c'est moi qui va vomir sur ses souliers. Je passe mon chemin.
Et puis ce soir, je rentre chez moi en vélo. La soirée est agréable, la nuit sur Montréal tellement belle. Je file à pleine vitesse. Puis arrive un connard sur sa bécane. Il crie à tue-tête. Il génère un gros truck d'énergie négative. Je me rends soudainement compte qu'il m'adresse la parole, d'un ton faussement mielleux: "Hey chérie, tu roule plus vite que moé". Non, c'est toi qui roule plus lentement. Et il remet ça: "Hey, viens donc avec moé, suis-moi..." Et spontanément, je voudrais l'envoyer promener de manière crue et vulgaire. Mais je tourne ma langue et lance: "Va donc faire une thérapie!" Au moins je l'ai fait rire, et de bon coeur.
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