mercredi, avril 01, 2009

Chambre blanche

J'ai besoin de reconstruire mon monde, de m'isoler, afin de plonger dans la création. Je franchis une étape charnière, et je dois me recentrer sur mes projets créatifs. J'ai soumis plusieurs projets de documentaires web dans les dernières semaines. Je suis en développement et en écriture de projets multimédias. Je veux réadapter mes cédéroms de vidéo interactive pour le web. Et je pense à un roman que je veux écrire: La traversée.

Mon imaginaire est dans une chambre blanche.

De grandes fenêtres laissent entrer la lumière de la mer. Des rideaux blancs pendent de part et d'autre des fenêtres. Le vent s'engouffre, et le tissu vole doucement. C'est très reposant de regarder ce flottement. Le soleil se joue des plis qui se défont sur le tissu léger. Le claquement des rideaux est au diapason avec le roulement des vagues de l'après-midi, et l'écume de la mer se voit de loin. Le vent est fort. Il me lave. Je suis seule dans la grande pièce. Je suis au bord de la mer, mais il fait frais. Un feu brûle dans l'âtre. Le crépitement du bois qui se consume se marie au bruit du vent. Mon silence est habité. Les pierres sur le sol frais me font frissonner. Je vois de gros nuages noirs qui se pointent au loin. Ils passeront sans pluie. Je cherche du papier, un crayon, pour écrire ce que j'ai en tête. Les enfans sont partis, ils ont emporté avec eux des tourbillons de cris et de rires. Le calme est revenu. Et ma solitude est étrange. Elle m'apaise et m'effraie. Je suis d'une autre époque, je suis de toutes les époques. Je voudrais que les mots deviennent permanents, et pourtant je comprends l'impermanence de toute chose, et l'absurdité de mon désir de vouloir arrêter le temps. Tu dors près de moi. Je vois ton dos nu qui se soulève au rytme de ton souffle. Ce repos te fait tant de bien. Te regarder dormir me repose aussi, me nourrit. De longues mèches brunes roulent dans ton cou, et dévalent tes épaules fortes mâles. Je souris de te savoir là, abandonné au sommeil. Je résiste à l'envie de me lover à toi. Je fais un café très fort sur la petite cuisinière bleue. L'odeur m'enveloppe rapidement, et modifie ton souffle. Enrubanée d'un grand drap, je m'assois au petit bureau face à la mer. Je laisser monter l'écriture qui se couche toute seule sur le papier. Je dois tenir les feuilles qui dansent au vent.

Libellés :

mardi, mai 06, 2008

Petits et grands bonheurs

L'écriture se rattrappe: du manuscrit à l'écran

Ce matin j'ai sorti un cahier de cuir rose vif. Il m'a été offert à mon mariage par une amie qui aime écrire autant que moi. J'ai toujours eu de nombreux cahiers; remplis d'idées de projets, de listes de rêves de vie (oui oui, des listes), de rêves rêvés la nuits qui furent parfois prémonitoires (oui oui, chers sceptiques), de récits quotidiens en forme de journal intime, de récits de voyage en forme de confessions, de confidences à moi-même, de réflexions sur ma vie et certaines perspectives que je tentais d'y apporter. Mes cahiers ressentent un grand silence de ma plume depuis plusieurs années. C'est que je blogue, voyez-vous. Depuis que je tiens carnet ici-même, mon écriture manuscrite est réduite au silence, ou presque. Mon appétit des mots à écrire est satisfait de ce carnet virtuel, semble-t-il. Donc ce matin, j'ai sorti le cahier rose vif. Il est à ma droite, sagement en attente que ma main daigne prendre le feutre noir fin déposé à côté, et tracer quelques lettres, quelques mots, quelques phrases sur ces pages odorantes de papier recyclé. J'aime le papier, son odeur, le bruit qu'il fait quand une plume y trace son chemin. Mais depuis cinq ans mon écriture manuscrite s'est disloquée. Elle est maladroite, illisible. J'ai aussi réalisé lors de mon dernier voyage que je ressentais une certaine frustration en écrivant à la main. Je peux dire beaucoup moins dans le même laps de temps. C'est que j'écris beaucoup plus lentement à la main qu'avec ce cher clavier. Soupir. Pourtant j'aime écrire à la main. En fait ce que j'adore c'est la non-tyranie du réseau. Ce réseau qui dissipe la concentration de l'écriture: courriel, facebook, articles à lire, blogues à découvrir, site à explorer, flikr, last.fm, textes à écrire pour d'autres blogues. En fait le secret réside dans la discipline. Ne pas aller ailleurs. Concentrer et structurer mes activités.

Marraine: ma grand-mère déménage

Je voulais raconter la transition que vit ma chère Marraine (ma grand-mère maternelle), en deuil depuis bientôt un an. Elle vient tout juste de s'installer dans une résidence confortable et jolie, pour son bien, mais avec beaucoup de difficulté à quitter le passé. Elle s'accrochait à sa maison, ses souvenirs, comme autant de bouées qui la menaient tout droit à sa perte, s'emmurant dans un isolement néfaste. Elle faisait peine à voir, ainsi seule, exposée et vulnérable, dépendante et triste. Elle ne voulait pas partir, après tant d'années dans sa maison-musée (tant de souvenirs, de voyages, d'années de vie dans un même lieu). Elle se liait au vide, inventant avec toutes les raisons du monde la présence de son grand amour envollé. L'abscence physique de Parrain la fait si crellement souffrir. Nous avons dû l'emmener ailleurs, où des gens pourraient bien prendre soin d'elle au quotidien. Il le fallait. Pour la famille, le moment fut clef, bien sûr. Encore maintenant, j'ose à peine en parler du bout des doigts, car je ne voudrais en rien faire osciller les liens fragiles entre les aimés. Il est clair qu'un changement comme celui-ci occasionne son lot de tensions et expose les fragilités de tous, y compris de ceux qui se veulent les plus forts. Héritage familial de force et de courage, ces qualités se portent parfois comme un bouclier qui masque des douleurs enfouies. Unique petite-fille de mes chers grands-parents, j'ai une sensibilité particulière et un amour inconditionnel pour cette femme qui fut ma deuxième maman. Je respire enfin, car elle semble accepter un peu le changement. Elle mange avec appétit, semble se lier d'amitié avec les autres résidents, joue de son humour et de ses rires avec le personnel. J'espère qu'elle trouvera la paix et un peu de joie dans ces lieux, avec ces gens.

Je voulais raconter aussi mon voyage au Costa Rica, que j'ai choisi de livrer en photos. Les textes sont dans un cahier manuscrit, encore. J'espère que j'arriverai à déchiffrer mon écriture illisible.

Libellés : , , , , ,