lundi, juillet 30, 2007

Silence on court est mort mort mort...

Es-ce possible de "tuer" un site Internet? Notre institution nationale cinématographique, l'Office National du Film du Canada, vient de le prouver. Silence, on court!, important portail de courts-métrages pendant plus de 5 ans, co-produit par l'ONF, est maintenant disparu dans le monde des liens inactifs! À vos carnets, rafraîchissez vos hyperliens, car Silence, on court! - déjà inactif depuis plusieurs mois - n'existe plus! (jusqu'à preuve du contraire, car le site doit dormir sur un serveur quelquonque dans les voûtes de la morne bâtisse sur Côte-de-Liesse...)

MAIS: je garde espoir (éternelle optimiste) qu'on réactive les liens vers les webzines, ces portraits-rencontres en vidéo, réalisés par quelques réalisateurs de la relève (dont moi). Les webzines ont une valeur historique et artistique, ils témoignent de l'effervescence du milieu du court-métrage du début des années 2000 au Québec et à travers la francophonie. Selon mon évaluation, c'est près de 400 reportages qui pourraient encore être visibles sur le net, et accessible à partir du site de l'ONF.

Extrait d'un courriel que j'ai envoyés aux responsables du nouveau site de l'ONF, qui ne fait à ce jour AUCUNE mention de Silence, on court sur leur site Internet.

« Quand je sélectionne "court métrage" sur le nouveau site de l'ONF, aucune mention n'est faite de Silence, on court, et pas l'ombre d'un accès vers des archives textes ou vidéo. Pourtant, tous les films ou projets ayant été produits par l'ONF, même depuis de très nombreuses années, devraient logiquement toujours offrir une fiche explicative qui y fait référence (au minumum). Donc un projet tel que Silence, on court, qui fut produit en partie par l'ONF, ne pourrait tomber dans un tel silence. Ce serait non seulement injuste, mais bien peu représentatif de l'ampleur qu'à eu ce projet auprès du public et de la relève cinématographique.

J'ai assisté à la fin du magnifique projet que fut Silence, on court, et je comprends que tout cela s'est déroulé dans un contexte particulier, mais au nom des artisans du cinéma et des jeunes créateurs ayant oeuvré sur cette plate-forme, je vous demande de préserver une trace du travail accompli. Telle est la responsabilité de l'ONF, tel est l'objectif d'un site web digne de ce nom, tel est le potentiel d'Internet. »

N.B. À mon premier courriel, on m'écrit qu'un lien sera "ajouté" vers Silence, on court. Éternelle positive, je suis prête à croire. J'ai très hâte de voir ce changement apparaître...

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jeudi, juillet 26, 2007

Jardin

Une maison au bout d'une route. Sous les arbres, un peu de fraîcheur. Des tâches de soleil me font sourire, alors que mes pas font crisser le chemin, mes sandales épousent les petits caillous brûlants. La chaleur oppressante est rendue plus légère par le chants des oiseaux qui se précipitent vers le ruisseau en contrebas. On imagine cette eau qui embrasse la moiteur de la peau lourde. Les insectes font la fête bruyamment. Je ferme les yeux à l'approche de la maison. Une bonne odeur m'enveloppe, car la cuisson du repas du soir lance des effluves par les fenêtres grandes ouvertes, parées de rideaux nonchalants qui flottent doucement. Ma robe légère tombera bientôt, quand je me glisserai enfin entre les rochers dans les bouillons blancs et l'eau claire qui rendent l'été si délicieux. Je me laisserai flotter en observant les saules et les peupliers aux feuilles dansantes. Des rires au loin. Des amis approchent. Ils arrivent pour la nuit.

Je voudrais que tout cela soit vrai. Bientôt des Vacances.

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lundi, juillet 23, 2007

Les jardins du précamprien

J'adore le landart. Allez visiter cette superbe expo en plein air: C'est le Symposium de Val David mis en place par la fondation Derouin.

À ne pas manquer. Moment de pure joie. Beauté. Poésie. Nature. Rencontre entre l'environnement et l'art. Nous avons visité l'endroit dimanche, ballade en forêt inoubliable avec les enfants. J'y retourne, je me le promet. Je rêve d'y présenter une installation interactive.

Moments de grande poésie au détour des chemins, en osmose avec la nature.

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vendredi, juillet 20, 2007

"Plaisirs" présenté au IFCT à Los Angeles!

Enfin, une bonne nouvelle pour mon film Plaisirs.

"Your film Plaisirs was chosen as a selection for The Int'l Fest of Cinema and Technology '08. The IFCT Review Committee has been in the process of screening and evaluating films and gave us word your film was indeed accepted. Your film was one of the best candidates that were submitted to the festival. Congratulations on your fine contribution to independent cinema."

Soupir de soulagement. Enfin, un bon kik de motivation! Los Angeles, here I come!

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jeudi, juillet 19, 2007

En mémoire de mon Parrain

Nous avions composé ce texte pour graver sur sa pierre tombale, et celle de ma Marraine qui reposera un jour à ses côtés:

Persévérant, dévoué, généreux, rieur,
tel est le grand coeur des âmes unies.

Un texte de Villon fut plutôt choisi:

Nous étions deux et avions un seul coeur

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mercredi, juillet 18, 2007

Whom I admire - inspiration

Bill Viola: J'ai toujours aimé ces vidéos. Et j'ai été renversée quand j'ai vu The greeting, une installation vidéo présentée à Paris en 2000 dans une cathédrale.
Paul Auster: Parce lire ses livres nous entraîne dans des mondes complexes et simples à la fois, où la richesse des intrigues rencontre une écriture limpide.
Jack Kerouac: De la poésie brute, vraie, inspirante. J'aime écouter Kicks Joy Darkness: A Tribute To Jack Kerouac

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mardi, juillet 17, 2007

Croire (spiritualité, technologie, écologie)

J'avais premièrement écris le tire suivant: "avoir la foi". Puis je me suis ravisée. Un titre comme cela fait peur, me catalogue illico comme une freak finie. Et voilà tout le problème, c'est un grand tabou dans notre monde scientifique et intellectuel que d'avoir la foi. Et je ne parle pas uniquement de spiritualité, je parle aussi d'utopies, de rêves techno-socio-politiques. Moi je me lance, je mords dans la vie, et j'y crois. À la vie, à l'amour, aux utopies politiques. Et au divin. Ben oui, j'ai non seulement le droit, mais j'ose l'écrire. Ce que je réalise aujourd'hui est la solitude à laquelle nous confronte parfois le fait de croire, en Dieu ou autre chose. Idem pour mes convictions révolutionnaires qui passent par l'Internet. Quand je rencontre des gens qui ne comprennent pas toute la puissance de l'Internet 2.0 et de leurs réseaux sociaux, de la liberté d'expression et du droit d'auteur revisité en collectivité, je me sens parfois très seule, et je suis animée d'une volonté très forte de devoir "convertir" l'autre. Puis je me lasse, et je me dis qu'ils doivent aussi faire leur bout de chemin tous seuls. On ne prêche pas dans le désert. Je ressens la même chose fasse aux hurluberlus qui laissent tourner leur moteur au soleil en plein coeur de l'été. Et encore une fois devant les gouvernements et les individus qui nient grossièrement la nécéssité de réduire nos déchets et nos émissions polluantes. Les bras m'en tombent, je suis muette de stupéfaction, abasourdie devant l'ampleur de la tâche pour expliquer et faire comprendre l'évidence pour moi.

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Famille













photo: Annie-France Charbonneau

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lundi, juillet 16, 2007

Sauver la terre

Demain matin de 7h11 à 8h11 (heure de Montréal) aura lieu un grand rassemblement mondial, un appel à la conscience collective, pour rassembler toutes nos énergies positives afin de sauver la planète. Peut importe vos croyances, ayez une bonne pensée pendant cette petite heure-là. L'appel lancé est mondial, et la réponse pourrait être massive, et toute cette énergie positive ne peut pas nuire! Disons que la planète a bien besoin de ce petit coup de pouce pour absorber toutes nos conneries accumulées sur des siècles (guerre, haine, pollutions, mensonges, manque de conscience et de respect). Bref, il est temps d'agir et vous le savez. Alors, pourquoi pas commencer par demain matin? Moi je serai au Parc pour chanter. Mais chacun le fait à sa manière: méditer en silence, prier, avoir de bonnes pensées, se faire du bien en pensant au bonheurs simples et aux gens qu'on aime, prendre du temps avec les siens...

Méditation mondiale pour la santé de la Terre - mardi le 17 juillet 07

Un rassemblement a lieu au Parc Lafontaine, pour les habitants de Montréal et des environs.

L’information concernant le matin de la méditation à Montréal

Le site officiel "pour allumer la grille"

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dimanche, juillet 15, 2007

Pause

Petite fin de semaine chouette. Moments imprévus et surprenants. Série douce de moments qui forment une petite collection de bulles de bonheur. Sortie vendredi soir pour danser avec des amis et mon grand amour. On s'amuse mon homme et moi, on se déguise un peu - khol sous les yeux, noirs 80' - pour sortie New Wave. Samedi déjeuné avec des amis, puis pic-nic impromptu en campagne avec d'autres amis, avec tout pleins de petits délices de chez le Fromentier; pâtés, bon pain, chèvre au lait cru, olives pimentées, saumon fumé. Route divertissante avec un chapelet de sagas familiales qu'on se raconte comme des romans; vies passionnantes, chassés-croisés amoureux, surprises de vie, hasards qui n'en sont plus, rencontres qui bouleversent et qui font sourire, verser quelques larmes. La vie est parfois délicieuse, à travers les épreuves de la vie.

Dimanche ballade familiale, déjeuné au soleil avec ma chère Marraine et mon père. Visite à la pépinière pour dénicher un cactus sympatique qui se déguise en plante grasse. Cadeau de Marraine pour mon anniversaire qu'elle n'avait pas vu passer. Coup de foudre végétal. La plante jolie est maintenant suspendue dans notre salon. Elle me fait sourire, elle est de la même couleur que mon mur. Mon après-midi s'est poursuivi par un autre cadeau, mes parents m'ont offert une chaise longue pour me prélasser au soleil, puisqu'il est maintenant au rendez-vous. Le coussin est fleuri et joli; re-sourire. C'est agréable de se faire gâter, faut avouer. Baignade au soleil avec Papa, grandes discussions, beaucoup de questions, réflexions.

Retour avec arrêt chez Marraine pour la libérer d'objets et de livres, et me charger de souvenirs de mes grands-parents; des boites de métal aux couleurs du passé, des coquillages, des livres, des outils de jardinage. Puis une dernière pause pour visiter la tombe de Parrain. Il fait beau, les nuages passent, le ciel bleu est magnifique. Je m'agenouille, je lui chante une chanson en Wallon, je lui parle un peu, verse quelques larmes douces, lui promet de revenir prendre une bonne bière avec lui. Puis je lui pose une question sur mes choix professionnels. Je me sens calme, très calme. Toute posée, reposée. Demain, lundi.

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jeudi, juillet 12, 2007

Recul professionnel

Ma frustration artistique est bien réelle, mais je possède les solutions pour régler le problème, c'est indéniable. C'est toujours une question d'objectifs clairs et de stratégie (de diffusion, dans ce cas précis). Je réfléchis donc à de nouvelles façons d'aborder mes nouveaux projets, en ayant une perspective de mise en marché dès le début. J'ai la mauvaise habitude de créer, puis de lancer mes créations dasns le grand vide intergalactique de la vie, comme une bouteille à la mer. Mais cela est impensable et inapproprié à l'ère du web 2.0, moi qui prêche à tous vents la force révolutionnaire des réseaux qu'on y trouve. Et j'ai déjà mis en place une plate-forme de diffusion de mon projet Plaisir. Je ne l'ai pas encore véritablement lancée car je n'y ai pas encore mis les vidéos. Mais qu'à cela ne tienne, je vous donne l'adresse dès maintenant, histoire que je me donne le coup de pied pour y mettre sans faute des vidéos le plus rapidement possible. Allez-y donc: www.CarnetPlaisir.com

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lundi, juillet 09, 2007

Production indépendante

Je fais mes productions vidéos et multimédias depuis un peu plus de 10 ans. Je suis complètement automone, avec compétences et outils pour franchir toutes les étapes d'une production. Je suis arrivée là par choix, au prix de sacrifices, d'une indépendance d'esprit et d'un certain courage. Je suis en pleine possession de mes moyens, complètement libre. Cela veut aussi dire que je dois me battre pour trouver des fonds. Normal. Ça va. Mais ce que je trouve le plus difficile, et qui me décourage de plus en plus, c'est le défi de la diffusion et de la promotion des oeuvres une fois réalisées. C'est l'autre moitié du travail, aussi importante que la production elle-même. Sans diffusion, personne ne voit le travail effectué. Faire des films sans les montrer, c'est un coup d'épé dans l'eau. C'est vraiment très frustrant. Surtout quand on est satisfait du film, et qu'on sait qu'il pourrait plaire au public, l'émouvoir, lui apporter une vision du monde revisitée. J'en ai marre. Et je vois aussi ce que qu'apporte cette frustration à l'artiste: je deviens amère et en colère.

Un jour que je faisais une entrevue avec des producteurs, on me lance à la volée: "pourquoi tu ne t'intéresse qu'à ce qui est marginal?" Sourire cynique. La danse, la passion, le bonheur, le fantastique, le documentaire... soupir...

Je veux bien, moi, faire autre chose. Ce qui me tiens à coeur en ce moment? J'aimerais faire un film/une série télé qui parle de santé et de médecine. Ce qu'on me réponds à ce sujet? C'est un sujet déjà beaucoup traité, vous savez. Ben oui, je l'sais *bip*. C'est justement pour cette raison que je veux parler de ça!

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jeudi, juillet 05, 2007

Nous, romantiques?

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mercredi, juillet 04, 2007

Simplicité

Lui: "Ohhh, moi je t'aime"
Elle: "merci"
Lui: "moi je t'aime sans merci"

Je suis une madame



























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mardi, juillet 03, 2007

Le plus beau mariage du monde

Je souhaite à tous de dire cela de leur mariage. Nous avions la température avec nous, le lieu magique et champêtre et l'amour des nôtres tout autour. J'avais travaillé fort pour que tout soit parfait, et le résultat était là. Comment vous rendre la beauté de cette fin de semaine magique? Vous pourriez commencer par regarder ces photos ou par lire Joss ou Jef. Je dois aussi commencer par remercier tous ceux qui nous ont aidé pour rendre ce moment mémorable: mes parents, mes beaux-parents, sans qui tout ceci n'aurait pas été possible, mais aussi ma tante Lou, véritable deuxième maman pour moi, mes chères cousines de Belgique qui sont si généreuses. L'ami Alain venu nous prêté main forte, l'oncle Bill, si pragmatique et efficace, les enfants, fidèles collaborateurs, Raphie en demoiselle d'honneur, et tous les autres dans tant de petits gestes et d'attentions essentielles à tous les détails d'une fête de cette ampleur. Nous avions nos familles, nos amis: nos grands amours. Nous avions une équipe parfaite et efficace, heureuse et motivée. Nos hôtes Benoit et Brigitte, et ma chère Renée, bien fidèle à son poste de coordonnatrice.

Le rêve. J'avais mal aux joues à force de sourire. La cérémonie fut sublime, simple, sincère. Une communion émouvante avec les éléments et les gens que nous aimons. Et une connexion électrique entre nous: Dziit! Je vais donc commencer par vous raconter en détail cette fabuleuse cérémonie, si originale et personnelle. Nous avons eu beaucoup de compliments sur le mariage, son caractère unique et authentique. Mais je crois que c'est la cérémonie qui a marqué les gens. Nous vivons dans un monde où il faut apprivoiser de nouveaux rituels qui nous ressemblent et qui sont signifiants. C'est ce que nous avons tenté de faire, et je le crois humblement, réussis.













photo: Iann Saint-Denis

Notre ami Rémy nous a unis, avec délicatesse et amour. Avec un sens particulier du sacré, du rituel, du respect. Il a complètement compris qui nous sommes, et il a totalement respecté nos croyances, nos volontés pour faire de ce rituel d'union autour des quatre éléments. Merci bien bas à ce cher Rémy pour cette célébration, et merci à Eza qui m'avait conseillée de faire appel à lui.

Tous le monde attendait dans la grange décorée et fleurie, tout en blanc et rouge. Le sari orangé et la toile améridienne accrochée à l'arrière de la scène venaient faire une touche éclatante sur le vieu bois de la grange. Karen Saint-Laurent à la guitare, chantant. Je suis entrée dans la grange par la porte arrière, aux bras de mes parents, suivie par ma belle Raphaëlle, en chantant le mantra de l'époux divin. J'ai réellement chanté le sat pateem dehi pendant une année avant de rencontrer Sylvain.

Sylvain s'est avancé vers moi, ses yeux vrillés aux miens jusqu'au coeur. L'émotion des gens présents était belle et calmante. Nous étions dans un nid d'amour pour se faire des promesses sincères pour sceller notre union, notre complicité si forte. Nous avons lu des textes tirés de nos blogues, témoins de nos premières promesses d'amour. Nous aimons l'écriture, elle ouvrait le bal.

Yannick, premier texte
Je suis sur un nuage. Je suis incandescente. Par le corps, l'esprit, la raison. Je vibre partout en moi et en lui, avec l'incroyable puissance d'une réciprocité sidérante. Cet amour là est serein de force vivre. Je touche ici l'amour des racines, la qualité d'un amour qui lave toutes les blessures d'avant, qui s'ouvre sur toutes les lucidités et les possibles. J'ai une telle confiance en lui, en nous, que je découvre un sens nouveau au mot certitude. Il résonne ici avec engagement, respect, sérénité. Je crois que c'est la simplicité, la facilité saine, de nos échanges et de tout entre nous qui nous a renversé. Nous avons été saisi par tout cet écho de nous chez l'autre, de toute cette complétude dans l'autre, de toute cette ouverture et cette écoute mutuelle. Nous avons l'amour fou, nous avons l'amour raisonnable, et la vie devant nous encore. Je me sens bien, forte, ancrée. Amoureuse et lucide. C'est tellement magique de toucher le bonheur, de se sentir sur la bonne voie. La sienne, la nôtre.

Sylvain premier texte
Elle, ma muse fière. Elle, brasier fantasmagorique. Elle, invoque l'idéaliste et le pragmatique. Elle, sait provoquer le romantique et rétorquer au cynique. Relation de l'entière. Totale flambée allégorique. Pourtant, dans nos aucunes demi-mesures dogmatiques, dans nos réflexions de toujours et de tout, sans rien d'inique... Nous n'avons jamais été si fébriles que si calmes. Nous pouvons bâtir des éternités, des promesses, des cathédrales. Nous avons, d'emblée, pérennité, sagesse, feu viscéral. De l'immensité, notre petitesse relative, n'empêche point joie superlative. Équilibre. Paix. Sans compromis. Harmonie. Être tant par l'autre, être temps de l'autre. Inventer. Créer. Rêver. Esprit. Ainsi apôtres. Du mieux, du possible, de la cérémonie. Dziitt. Choc électrique. Synchronicité. Intensité. I was made for loving you. You were made for loving me. Tu m'as appris à faire rimer amour avec tout le temps, baby. Simplicité. Improvisé. Ou planifié. Sérénité. Immensité.

Yannick, second texte
Fondue à son sourire sa force sa fougue ses joies ses tristesses/ je me déploie fière et fragile/ je me conjugue encore à ses temps / prête à suivre son tempo comme il se rime au mien / comme il brave mes houles et mes mines sombres / comme il dompte mes angoisses / comme nous rimons nos rires dans tous les dédales des soubresauts de la vie / chemin ardu difficile parfois / aride et rocailleux / pavées d'épreuves qui la rendent si précieuse / là où on s'accroche à deux solidement / pour rendre toute cette vie poncée fragile par nos douceurs quotidiennes / multipliés d'amour / vibrer en grande écoute et en parlure entière / Oui nous sommes chanceux de reconnaître toute cette beauté / oui nous sommes choyés de nous être trouvés / oui je suis comblée de l'avoir fait entrer dans ma vie par tous mes pores mon âme mes rêves mes désirs mes espoirs

Sylvain, second texte
Tu as même été celle, qui par ta poésie à toi, planète rebelle, a su mordre ma peau doucement, fait fougue de rythmes de peau salée. Dérive à tes rivages, facile, jeux et mots et plaisir salacés. Je t'admire, te regarde, te dévore, t'adore, vraiment, Cybèle. J'ai souvenir de nos débuts, d'hiers qui me semblent si loin, ayant eu avec toi tant et tant en temps rempli d'autant rejoints. Je me promenais, sur l'avenue, le coeur ouvert à l'inconnu, guitares punk dans mes oreilles, cheveux longs et manteau de cuir noir, j'avais envie de dire bonjour à n'importe qui, ce fût toi, mon espoir, t'étais pas n'importe qui, tout de suite je t'ai reconnue. Depuis lors, depuis l'or, cueilli à tes mots et tes sourires, depuis le bleu d'océan ou de ciel de campagne de tes yeux où j'ai plongé, depuis souvenirs partagés de béru, de brel, the cure, de starmania, j'ai songé, que c'est d'éternité passée que je t'aime, j'ai dû jadis en mourir. (...) J'ai 1000 vérités romantiques que j'ai commencé à te déclarer. Déjà quelques-unes de dites, il me semble, faut te préparer, je sais, je sais, je t'ai déjà déclaré même notre épitaphe, faut le faire, quand même, mais je n'ai pas pu m'empêcher ce paraphe... Ici reposent en paix, encore, comme toujours, comme leurs jours, Jude Sylvain Carle et Yannick B. Gélinas Si vous écoutez attentivement, vous pourrez entendre un bruissement, des rires la complicité pure de leurs chuchotements.


RÉMY:
L’air, c’est un des symboles de l’âme qui s’élève, de la prière qui monte vers Dieu, comme l’encens qui danse dans les courants d’air, mais qui monte et qui monte toujours. C’est un appel à la pureté. On ne peut pas survivre longtemps dans un air vicié. Tout comme un couple doit aussi prendre le temps de s’aérer de temps à autre, de se purifier. C’est ce qu’on va vivre maintenant ensemble. Karen va guider un chant pour accompagner la purification. Vous êtes invités à vous joindre au chant, c'est assez facile vous verrez. Shima est un mantra améridien (hopi) qui veut dire amour.

Puis Rocio, mon amie et prof de Yoga, nous a purifié à la sauge et au foin d'odeur, à l'aide d'une plume de faucon. Ce rituel ancien fait partie de la pratique spirituelle de plusieurs cultures. Les herbes nous ont enveloppées, tous nos sens purifiés, le coeur et l'esprit aussi. Nous allions pouvoir nous offrir l'un à l'autre purifiés, frais, neufs. Tout le monde a chanté avec nous, guidés par Karen. Moment parfait, uni, heureux. J'aurais voulu qu'il dure, temps suspendu dans un sourire aux yeux brillants et intenses.

Nos témoins, ma grande amie Eza, et cousin Jeff nous ont lu des mots touchants, plein d'amitié et d'amour. Eza m'a tiré quelques larmes, et j'ai été très touchée par les mots de mon nouveau cousin officiel. Rémy avait demandé à nos témoins de dire ce qu'il y avait de changé en moi depuis Sylvain. Sa réponse m'a surprise et m'a fait du bien. Eza a dit: "Ce qui a changé chez Yannick? Rien, et c'est pour cela que c'est parfait comme ça". Wow, très exact chère amie. Sylvain a ensuite lu un passage de la bible, le psaume 23. Approprié et simple.

L'EAU - Les enfants nous ont ensuite bénis, chacun leur tour. Karen nous enveloppait alors d'un très beau mantra om asatomasat gamaya, qui évoque la guidance divine dans le cheminement spirituel.
Raphaëlle (Raphaëlle se trempe les mains dans l’eau et les dépose sur le front de Yannick)
Yannick, je demande à Dieu de visiter tout ce qui se passe dans ta tête. Tes souvenirs, ton intelligence, ton imagination et tes pensées. Je lui demande de les bénir pour que tu puisses les mettre au service de l’épanouissement de votre couple.

Jacob (Jacob se trempe les mains dans l’eau et les dépose sur le cœur de Yannick)
Yannick, je demande à Dieu de visiter tout ce qui se passe dans ton cœur. Tes passions, tes joies et aussi tes tristesses. Je lui demande de les bénir pour que tu puisses les mettre au service du bonheur de votre couple.

Benjamin (Benjamin se trempe les mains dans l’eau - et fait rire tout le monde en éclaboussant tout à la ronde- et les dépose sur les mains de Yannick)
Yannick, je demande à Dieu de visiter tout ce que tu fais avec tes mains. Je lui demande de les bénir pour que tu puisses les mettre au service de votre couple.


Et les enfants ont fait de même à chaque fois pour leur père. Ce moment touchant était un temps fort de cette cérémonie. Avoir l'assentiment, et même la bénédiction, des enfants de mon amour, cela représentait beaucoup, avec toute la force, l'authenticité et la sincérité de l'enfance pour encrage. J'ai chanté avec Karen et sa guitare. Om asatomasat gamaya Tamasoma yotir gamaya mytorma sat gamaya

Après que Rémy nous parle de nos engagements légaux, nous avons échangé nos voeux, et nos alliances.

Sylvain, je te jure fidélité et repect. Je m'engage à t'aimer, t'épauler, t'accompagner à travers joies et peines, dans la transparence et l'intégrité. Je m'engage à toujours garder notre amour vivant.















photo: Jef

Ensuite j'ai eu encore mal aux joues à force de sourire. Le soleil éclatant, les embrassades, les photos. Tout l'amour du monde concentré en un seul endroit. Le lien physique d'être uni à ma moitié, mais aussi d'être totalement complète toute seule, forte, en parrallèle avec lui.

Nous avions un grand banquet à dévorer, et tous ces amis, ses proches, avec qui partager. Le plus beau cadeau fut pour nous de voir tous ces gens réunis, tous ces mariages entre des âmes riches, pleines d'amour et d'humour, ces épicuriens heureux dans une fête magique. Bruno me dit: "partout où on regarde, c'est beau, c'est un film à chaque coup d'oeil". He he. Parfait, je vous dit.

J'était heureuse, comblée, et le stress pouvait retomber enfin. Car se serait mentir que vous dire que je n'étais pas stressée. Je ne crois pas avoir atteint un tel niveau de stress dans ma vie. Une fébrilité qui m'a coupé l'appétit une grosse semaine avant le 23 juin. Mais j'ai quand même pu profiter de la fête, savourer ces petits moments de beauté. Je n'ai pas eu de grande conversation ou de moment de grande relaxation pendant de mariage. J'ai butiné comme une abeille, j'ai pris tous ceux que j'aime dans mes bras, je leur ai donné mon sourire, mon bonheur, mon coeur vibrant. J'ai gouté au méchoui, savoureux. Je n'ai pas vraiment "mangé", mon estomac n'étant plus habitué à la nourriture. Cela m'a pris quelques jours pour réellement retrouver mon appétit. Un grand sacrifice pour une gourmande telle que moi!

Après une séance de photo bucolique dans les champs au coucher de soleil avec ma grande amie Annie-France (les photos pour bientôt), nous attendions davantage d'invités. J'aurais tellement voulu qu'ils soient tous là au moment de notre union, mais nous avions fait des choix pratiques pour des raisons de logistique. Je sais qu'il ne faut rien regretter, je l'ai même promis à Sylvain de ne plus le faire, mais j'aurais quand même souhaiter avoir tous ces gens que j'aime auprès de moi plus tôt, au moment de l'échange de nos voeux. Mais ils étaient bien là quand même, et j'espère qu'ils se sont bien senti partie de la fête, car ils l'étaient! Nous avons levé notre verre de mousseux rose avec grande joie devant le soleil qui se couchait si lontemps en cette période de l'année. Puis nous avons coupé le charmant et délicieux gâteau concocté par Annie-France et sa gentille belle-maman. Moment de sourire, de rires, de partage, encore.

Puis la musique a débuté. Nous étions enveloppés par le violon et l'accordéon des frères Loranger pendant le repas et après, mais je mentirais de dire que j'en ai bien profité, car je flottais sur un nuage où je n'entendais leur musique que de loin. Je suis heureuse car je sais bien que nos invités en ont bien profité. Je me souviens avoir chanté j'ai rencontré l'homme de ma vie avec un groupe de femme, ma grand-maman et la souriante Françoise en tête, à un moment donné. De voir tous ces sourires, ces nouvelles complicités partagées, ces nouvelles amitiés se former et ses vieilles amitiés se retrouver, s'était touchant. Du grand art. Du souvenir mémorable à se mettre sous la dent pour des siècles à venir.

Après le vin d'honneur et le dessert, nous avons lu encore un texte au bord du FEU de joie. C'est un texte tiré de mon plus récent recueil de poésie L'emportement. Rémy l'avait réaménagé pour l'occasion, histoire que Sylvain et moi on se donne la réplique.

Yannick J’arrive en gare. J’ai roulé longtemps avant d’atteindre le bout de l’île. Suffisamment pour que j’oublie tout le reste. Je suis neuve, lavée. Je ne porte aucune amertume, aucun regret de ne pas être descendue aux stations précédentes.

Sylvain Le train est à l’heure à la station. Bien ponctuel, tout le contraire de moi, tout le contraire de toi. Le ciel bleu de novembre est pur et haut, les feuilles jaunes encore humides, toutes pleines d’espoir. Les portes ouvertes attendent, m’attendent. Chair de poule. Intuition. Intuition que je suis à un tournant de vie.

Yannick Tu arrives alors que le train se remet en marche, les portes se referment et la chaleur s’installe. Ta démarche est solide, ton sourire éloquent. Nous nous connaissons sans nous connaître. Tu t’assois près de moi, après mon hochement de tête poli et invitant à te poser là, tout près. Ton regard est perçant. Des billes noisettes d’une profondeur peu commune, d’une intelligence vive, où je décèle aussi l’amour pour les choses du sexe.

Sylvain Le roulement du train nous berce. Le train réveille toujours en moi des siècles de désirs endormis. Et toi, tu es là, tout près, exactement au bon moment pour cueillir tout cela, pour te joindre à moi. Le timing est parfait, la place était libre, tu étais seule. Je sais que tu captes mon odeur. Je t’enivre déjà, je le sens. Je sens l’odeur de tes cheveux invitants. Je veux y mettre la mais, caresser ta chevelure, puis la saisir pour basculer ta tête par derrière et plonger mon regard profondément dans le tien. Puis, te mordre au cou. Mais j’attends.

Yannick Tu portes un manteau de cuir noir qui te donne un air rebelle. J’aime. Ta joue ronde, prête à être croquée. Tu me lances déjà le sourire définitif. Mâle. Franc. Direct. Tu te penches vers moi, tu m’embrasses, une nuit, un siècle, une éternité. Ce baiser est venu me prendre, au complet. Je me suis offerte, ouvrant tous les pans de ma vie, complètement, comme jamais. J’étais là et je t’attendais, sans le savoir. Ma vie était toute prête pour toit.

Sylvain Le paysage défile, nous sommes le paysage. Nous descendons à la prochaine gare, promptement, dans la hâte de tout nous dire, de faire l’amour la nuit entière et les suivantes dans cet hôtel beige tout près de la gare. Nous faisons l’amour comme jamais et pour toujours.

Yannick Nous prendrons le train encore souvent. Je t’ai trouvé, nous avons le temps, la vie entière, pour sillonner le monde de station en station, de ville en ville, sur un air de liberté.

Ensuite on a chanté et fait une ronde autours du feu, j'en ai déchiré ma crinoline noire! Nous avons invité les gens à nous suivre sur la piste de danse où on a dansé notre petit numéro des Champs élysées, mixé par mon tendre époux en deux temps entre la version originale de Jo Dassin et la version punk de No Effects. Essouflant. Vous avez déjà essayé detrasheren robe de mariée, vous? Pour nos parents, suivant ensuite L'été indien, toujours de Jo. J'ai dansé avec mon père, mon beau-père. Sylvain a fait valser sa mère et la mienne. On ne refait pas ses classiques! Puis tout a débuté en folie avec ma demande spéciale d'Alexandrie Alexandra, un vrai beau délire chorégraphié partagé avec ma cousine Espé, venue directement de Belgique pour rire avec nous! Ensuite, Joss a enflammé la piste que je n'ai plus quittée. Je me suis donnée à fond, particulièrement sur Engagement de Charlebois. J'avais tant de demandes spéciales que je vais devoir refaire un autre party du siècle pour toutes les danser!

Nous avons terminé la soirée avec une poignée de valeureux, et surtout avec Maud, Alain et sa guétare! Un vrai beau cadeau de noces! Nous avons chanté jusqu'à tard dans la nuit: tous mes grands classiques et mes chansons préférées. Charlebois, Harmonium, Forestier, Diane Dufresne, Beau Dommage, Boris Vian et j'en passe! Nous sommes partis alors que le groupe d'irréductible entammait du Desjardins. Il fallait que je sois complètement épuisée pour quitter à ce moment-là!

Nous avions une suite dans un joli B&B tenu par des gens sympathiques. J'y étais le matin même pour finir de me préparer dans la suite de mes parents. En rentrant dans la nuit, nous avons pris un grand bain de bulles, satisfaits et heureux. Nous nous sommes écroulés de sommeil, puis au matin le soleil rouge m'a tiré de mon sommeil. Et puis les aibeilles butinent sur les fleurs sauvages les oiseaux cui cui la vapeur du petit train tchou tchou (oui ceci est de la censure, ma famille me lit, après tout!). Et c'était très beau.

Le dimanche nous sommes revenus à la fête champêtre pour un déjeuné sur l'herbe en compagnie d'une trentaine de personnes. Nous avons planté un ARBRE avec nos parents, un érable de l'amour. Pour nos racines. Le cycle des quatre éléments de notre union était complet. L'air avec la purification à la sauge, l'eau avec la bénédiction des enfants, le feu avec la passion de notre amour et nos mots, la terre avec les racines de nos parents.

Ensuite, j'ai goûté la piscine, relaxé un peu. J'ai aussi commencé la plus foudroyante de toutes les gastros de ma vie! J'étais malaaaaade! Et c'est pas l'alcool qui est en cause, je vous le jure! Je me suis balladée avec mon virus pour tout le trajet vers les Îles de la Madeleine! Je vous garde le récit des Vacances au pays des plages longues pour un autre billet...

Ah oui, et aussi nous sommes officiellemnet le PREMIER COUPLE-BLOGUE à convoler en juste noces au Québec (ou dans la francophonie?!?). Voilà que Monsieur Dion en fait mention ici... Merci pour les voeux! Bises à tous, et comme le dit ma grand-mère: soyez heureux!

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