vendredi, juin 30, 2006

Lin Li Che

Ma grande copine de Chine s'est mariée hier. Je lui ai lu ce mot. Je le partage ici avec vous.

Je l'ai connue quand nous avions 13 ans, elle avait le même sourire. Nous avons fait les 400 coups ensemble. Nous avons fait tout notre secondaire côte-à-côte, à rêver et parler de la vie, de nos projets futurs, des pays lointains et des langues étrangères, des angoisses adolescentes et de nos amours naissantes. Des heures au téléphone et en réalité. Nous écoutions des films français obscurs ou des classiques suédois. À 14 ans, nous faisions des "pellerinages" qui nous menaient de notre Rive-Sud natale à Montréal la Grande, dans les boutiques, les rues et les parcs de la cité. Nous partions toujours vêtues en "punkettes rebelles" avec nos cheveux rouges et nos docs marten, son khol noir sous les yeux et mon bérêt noir vissé sur la tête. Notre parcours était toujours le même, ou presque: librairie Nouvel âge, Dutchys, Scandale, Friperies sur Saint-Laurent, Rendez-vous à Rio, Le marché du livre et autres bouqinistes poussièreux. Un peu plus vieilles (à peine) nous allions à des concerts punks ou prendre un verre au Grand Café, où nous rêvions de ces beaux jeunes universitaires (beaucoup trop vieux pour nous) aux cheveux longs et aux lunettes d'intello. Nous avons traversé cinq années de secondaires sans se quitter, à vibrer au mêmes initiations de la vie en simultané (le premier amoureux, les premières sorties, les premiers différents parentaux, les premières expériences diverses). Nous avions la complicité, les rires incroyables, la marginalité, la curiosité, la culture, le développement de notre intellectualisme naissant, la gourmandise, le respect, l'écoute et l'échange. Nous avions l'amitié, la vraie. L'amitié dont les fondations solides nous resteraient pour la vie.

Au début de la vingtaine, la vie nous a un peu éloignées l'une de l'autre. Besoin de temps et d'air, probablement, puisque nous avons passées ces cinq années presque soudées l'une à l'autre. Nous devions vivre un changement de cap en solo, ce moment où on quitte réellement l'adolescence pour l'âge adulte. Puis la vie nous a ramenées sur la même rue, à Montréal, alors que nous étions à l'unversité. Pas de hasard, non. Élise me coupait les cheveux, et nous fréquentions des 5 à 7 bien arrosés et fréquentés par la faune littéraire. Nous étions de nouveau complices. Nous avons retrouvé un nouvel équilibre dans une nouvelle amitié, qui reposait sur les bases établies au sortir de l'enfance.

Aujourd'hui, nous sommes toujours complices, malgré la distance. Car Élise a définitivement mis le cap pour cette Asie qui la fascinait tant depuis toujours. Nous avons passé des heures à échanger une correspondance électronique foissonnante, et des heures à clavarder sur nos chemins de vie, nos nouvelles questions de femmes adultes. Puis, c'est avec elle que j'ai fait une partie de mon voyage en Asie l'an dernier. Je rêvais depuis tant d'années de voyager avec elle. Ce fut un véritable plaisir de se retrouver encore une fois, complices, gourmandes et coquines. Nous avons fait plus de 3000 photos de notre périple en Chine, mémorable.

Maintenant, Élise a choisi Taipei pour vivre et travailler. Depuis 6 ans, je crois. Puis elle a connu l'amour, tout d'abord l'amour du pays, puis celui d'un homme. O. J'ai eu le plaisir de connaître O. l'an dernier, lors de mon passsage dans son pays, Taiwan. O est la douceur et le calme, la sérénité et l'engagement dont rêvait Élise. Il sait calmer ses anxiétés, la rassurer. Il est généreux et ouvert, comme elle. Il aime découvrir, tout sourire. Il la suivrait jusqu'au bout du monde. Son amour est vivant, concret. Simplement à les voir ensemble, on voit.

Je suis tellement heureuse pour elle. Je leur souhaite un bonheur plein et serein, des projets et des découvertes. Je leur souhaite de construire une famille à leur image: ouverture, respect et générosité.

Ses photos sont superbes. C'est la tradition à Taiwan de faire les photos "officielles" de mariage avant l'événement lui-même. Le résultat est .

Joie (encore)

Les courants téluriques professionnels vibrent pour nous en ce moment. Pluie de bonnes nouvelles cette semaine. Heureusement, cela me calme et m'aide à gérer mon stress. Car lundi je passe devant la caméra pour l'enregistrement de mes trois premières chroniques pour l'émission Premières Vues au canal Vox qui sera diffusée en septembre. L'amoureux et moi, nous avons même déjà créé le blog de mes chroniques.
***
Ce matin l'orage, maintenant le soleil.
Heureusement, car tout à l'heure Li Lin Misho prononcera ses voeux.
Nous serons tous là, émus.
J'ai une jolie veste toute neuve pour l'occasion, un mignon collier délicat et des boucles d'oreilles offerts par mon Grand Amour. Je porterai une longue robe noire, très classe pour une amie de grande classe. Mon amoureux a de nouveaux pantalons de lin noir avec une éclatante chemise blanche parée de fleurs rouges. Je suis fleur rouge (et bleue aussi finalement).

Comme je vous disais, joie.

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jeudi, juin 29, 2006

Compost: obligation morale

Souvent les gens me demandent: « mais pourquoi je ferais du compost?» ou encore « mais je le mettrais où? »

Lu un article dans le magazine la maison du 21e siècle:

« Les déchets putréscibles représentent 40% de nos rebuts. Dans les sites d'enfouissement, il génèrent du méthane, un puissant gaz à effet de serre.»

En bref, si vous compostez ces déchets, ils se retrouvent plutôt comme une source organique qui nourrit la terre, car ils ne sont pas contaminés par les autres rebuts. Ils ne se décomposent pas à ciel ouvert. Sachez que le méthane est le premier gaz nocif sur la liste des pollueurs terrestres, devant le gaz carbonique de nos voitures. Et où mettre le compost (qui forme une belle terre noire qui sent bon)? Mais sur la terre, parbleu! N'importe où et partout: autours des arbres, dans vos bacs à fleur, dans votre cour, dans celle de votre voisin, dans le parc du coin, dans vos plantes à l'intérieur. Vivement des mesures incitatives mises en place par les villes et les municipalités afin d'encourager cette pratique, et d'informer les gens.

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mercredi, juin 28, 2006

Check it out

Vous en avez marre que le monde reste inactif face à la déroute environnementale?

Allez faire un tour . Inspiring.

mardi, juin 27, 2006

Pétition sauvons Kyoto

lundi, juin 26, 2006

Rythme d'été















Fin de semaine délectable... et efficace! J'adore. Toujours une question d'équilibre.

Samedi nous avons célébré la Saint-Jean Baptiste sous un soleil radieux, les pieds dans l'eau. Les enfants, l'amoureux, le cousin et sa marmaille, Joss et toute sa tribu. Pure merveille. Entre la rivière, la piscine, le soleil, la musique et le BBQ, j'étais aux anges. Le chalet du bonheur de Joss est un lieu chalheureux et accueillant, où tout est simple et généreux. Le gros chat jaune s'appelle Gros Chat Jaune, le chien du voisin s'appelle Chien du Voisin, la rivière s'appelle La Rivière et le bonheur est sans nom car il résonne partout. J'adore les Québécois.

Je suis maintenant prête à affronter ma semaine de nouveaux défis professionnels. J'avoue, j'ai un peu le trac.

jeudi, juin 22, 2006

Le jour J -7






















Ma grande copine de Chine se marie dans 7 jours. Je suis tellement heureuse pour elle. Ses photos sont superbes. C'est la tradition à Taiwan de faire les photos "officielles" de mariage avant l'événement lui-même. Le résultat est .

mercredi, juin 21, 2006

Jour de la lenteur

Aujourd'hui au Parc Lafontaine vous pouvez prendre le temps. Et c'est gratuit. J'arrive d'un atelier de Yoga, au soleil, avec les arbres du magnifique parc et les nuages qui passent. Un joueur de harpe, des enfants qui jouent. Tout à l'heure un atelier de jonglerie où j'amène les garçons. Un atelier de Chi-Kong pour l'amoureux. Du pain bio à donner. Un atelier de rire. Du soleil. De l'eau. Des plantes qui poussent. Des sourires. Des hammacs. Toute la journée. Gratuit. Ne manque plus que vous.

Pourquoi c'est pas tous les jours le 21 juin?

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mardi, juin 20, 2006

Anniversaire

Deux femmes que j'admire, que j'adore. Elles sont inspirantes, intelligentes et belles. Elles sont mes amies depuis plus de 12 ans. Eza et Patricia














Buffet froid...
















Fraise et crème fraîche... Patricia m'encourage...

















Mon amoureux se délecte des délires de crèmes que Patricia m'a tartiné dans le décoleté...

lundi, juin 19, 2006

sans titre

Trop de peu de mots pour couvrir des fausses plaies
des déraisons qui plissent les bords de mes robes de joie

Je manque de mots sous l'ombre de mes parasols maculés de soucis
inutiles
Luxe de l'angoisse dans l'tapis

Mon coeur une onde de choc soudée de bonheur
un besoin criand de musique et de rythme

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dimanche, juin 18, 2006

32 ans

Mon anniversaire aujourd'hui. Tous mes amis, toute ma famille, mon amoureux et toute la terre me témoignent leur amour. C'est beau et grand, j'ai les bras et le coeur grand ouvert pour tout recevoir. Je suis émue. Tout plein de cartes et de cadeaux, les merveilleux dessins de Joss, des sourires, et même le soleil est de la partie. Un été devant moi. De nouveaux défis professionnels. La chaleur enfin. Des rêves pleins la tête. Des célébrations à venir. Une amie qui se marie sous peu. Une autre qui donnera naissance à une petite fille. La vie devant soi. 32 ans, c'est deux fois 16 ans...

(Tout cela aidera peut-être à calmer mes angoisses... ahhhrrrgg... pas drôle des fois de me supporter avec ces crises et ces doutes... pourquoi, alors que j'ai tout pour être heureuse, je chute dans ces zones grises... c'est tellement... déplacé!)

jeudi, juin 15, 2006

PLAISIRS dans Voir Montréal

On parle de mon film Plaisirs dans le journal Voir de cette semaine.

Écrivez vos commentaires sur le site du Voir!

mercredi, juin 14, 2006

Opération Chloé

[…] Dans les commentaires de son billet sur Chloé, Dominique a écrit : «Je lance un appel a tous les blogueurs et les participants; inscivez le 15 juin, jour de l’opération de Chloé, sur votre calendrier pour ne pas l’oublier et ayez une pensée pour elle ou faites une prière. Imaginez toute l’énergie qui sera dirigée vers Chloé au moment où elle en aura le plus besoin. Let’s Go Chloé, on pense à toi.» […]

mardi, juin 13, 2006

Sometimes I'm bad...

La procrastination vous guette? Je connais l'adresse de votre prochain délit... C'est un être pur qui m'a mené sur cette piste-là. Un petit test pour évaluer votre degré de "naughtiness".

J'ai moi-même scoré un vilain 220. Surtout à cause de mes dérives érotiques passées qui me valurent un joyeux 72% à ce chapître. Mon coquin amoureux a fait mieux (ou pire, plutôt) que moi: 243. Je tairai son secteur au plus haut pointage...

Je serais curieuse de connaître le score d'Anne Archet. Et le vôtre aussi, finalement.

Correspondance avec Marie

Mamzelle Marie m'écrit ceci:
J'avais passé une affreuse journée, triste et lourde.

le soir venu, sur la table, près de la fenêtre, dans ma cuisine jaune soleil, un bouquet de lilas qui chatouille chaque parcelle de mon appartement.
Et sur l'écran, Plaisirs, le film.
et quel film.
Mon tendre amoureux et moi avons adoré, nous aurions voulu y être..

Merci.
Merci pour ce doux médicament pour l'âme et tous ces sourires contagieux qui dansent et flirt à travers fleurs, fruits et rivières.

Merci beaucoup.

Et de lui répondre:

Merci Marie pour ce mot de soleil.
Je suis heureuse que mon film t'ai touché.
Je l'ai fait précisément pour provoquer le bien-être et les sourires.
Pour se dire que la vie est parfois légère et douce
tendre et généreuse
et que les humains qui la peuplent sont des petits morceaux de bonheur
quand on se donne la peine de ralentrir
pour regarder leurs yeux, leurs sourires, leurs mots.

merci d'être si bon public!
au plaisir!
Miss Yannou

lundi, juin 12, 2006

Chikache













Elle a un talent fou. Un oeil poétique. Elle habite Nagoya. Je l'ai découverte sur Flikr. Allez voir ses images. C'est un vrai baume pour l'âme.

She's gifted. She's got a real poetic eye. She lives in Nagoya. I found her on Flikr. Go and see by yourself. It's pure healing for your soul.

vendredi, juin 09, 2006

Curse

Cette semaine, j'ai fait un tournage. J'ai recyclé une cassette. Elle avait servi d'abord à faire une entrevue avec une réalisatrice de film d'horreur. Celle-çi racontait ses mésaventures. La charmante demoiselle fait des films de démons, diables et vampires. Sur tout ses projets, le "mauvais sort" semble s'acharner sur elle. Une bobine de film prends mystérieusement feu, un directeur photo fait est pris d'un grave malaise au matin d'un tournage, elle se casse une jambe en déménageant une boîte de film, des rouleaux de pelliculles sont mystérieusement corrompus sans qu'aucun technicien ne puisse l'expliquer. Film d'horreur = malheur. Bon, ça va. Le temps passe, le reportage aussi. Deux ans après la fameuse entrevue, je décide donc de recyler la cassette, sans y penser, au hasard. Hé bien, croyez-le ou non, mesdames et messieurs: la cassette filmée est IM-PO-SSIBLE à numériser. Des mystérieux "drop frames" (indétectables par mes outils vidéo) empêchent mon ordinateur de faire le travail. Ha! Mais bon, avec les précieux conseils de mon geek de chum, je parviens à contourner le problème. Semble-t-il. Ceci dit, j'ai jetté la fameuse cassette. On ne sait jamais. Mais voilà que je n'étais pas au bout de mes (divertissantes) peines. Ce matin, rendez-vous chez l'ostéo. Debout à 6h30 dans ma banlieue nord pour réussir à y être à temps. Peine perdue. Mon cher Jean-Luc m'annonce qu'il a tenté de me joindre sans succès pour annuler mon rendez-vous. Poisse #1 (petite poisse, quand même). Je rentre à pied chez moi, calme. J'arrive, plus de téléphone. Plus d'Internet non plus. Et le solde de mon portable est à zéro. Ah zut, que je me dis. Poisse #2 (surtout quand on m'apprend que je devrai être collée ici jusqu'à tard dans la nuit, pour attendre le technicien-réparateur). Mais je prends mon mal en patience, je pourrai ainsi travailler à mon montage sans procrastiner d'aucune sorte en bavardant des heures au téléphone avec ma mère, en vous écrivant mes délires ici ou en besognant sur de quelquonques courriels de la plus grande importance. Je décide quand même de miser sur le cellulaire que je tente de recharger. Le technicien au bout du fil m'annonce que leur service ne fonctionne pas pour la journée. Ça alors. Poisse #3. Alors, je me met donc au boulot, puisque je suis coupée de tout moyen de communication avec le monde extérieur. Je manoeuvre sur l'ordi, clic-clic, coupe-coupe, monte-monte. J'ai mon squelette de montage de 9 minutes. Bien, princesse. Au moins cette situation incommodante a l'effet positif de me rendre efficace au boulot. Alors là, tenez-vous bien: mon ordi va de plus en plus lentement. C'est louche. Je fais un peu de ménage pour améliorer le sort de la machine. Et... non! Mes segments vidéos sont soudainement disparus! Poisse #4. Je souris. C'est juste trop. Heureusement encore, j'ai plus d'un tour dans mon sac (les années de métier, ça paye parfois), et une heure plus tard tout était fonctionnel. Fiou. Bon, manquerai plus que ce billet s'efface par magie, encore!

Nouveaux cheveux

































Tout ça m'a coûté beaucoup trop cher. C'est exactement la raison pour laquelle j'ai arrêté d'aller chez le coiffeur. J'avais oublié. Mais voilà. Ça vaut la peine, je dois l'avouer.

jeudi, juin 08, 2006

Vent de changement

J'en ai marre de ma tête. Vraiment. Et je regarde mes photos des derniers mois, et je me dis que c'est pas drôle une tête comme ça. Ouache. Alors je n'ai fait ni une ni deux, j'ai pris rendez-vous pour mettre fin à ce drame quotidien qui se déroule devant mon miroir. J'ai suivi les conseils de ma flamboyante amie Madame A. Je dois rencontrer Franz et Nicolas. Ils seront mes hommes de main. À 12h30. Tic, tac, tic, tac. L'heure approche. Je n'ai pas mis les pieds dans un tel endroit depuis 5 ans, résolue à tout faire par moi-même. J'étais lasse des désastres passés qui se déroulèrent en de tel lieux. Puis j'ai perdu la twist depuis quelques mois. Et j'ai un peu trop écouté les conseils à droite à gauche. On me conditionne parfois la sagesse, la longueur, le classicisme. Mais je ne suis pas sage. Je mords. Je suis lionne. Je suis petit prince, aussi. Aujourd'hui j'ai décidé de faire cette ultime tentative pour embrasser un vent de changement. C'est ma fête bientôt, apès tout. C'est pas tout les jours qu'on a 32 ans.

mardi, juin 06, 2006

Sommeil

J'ai dormi doucement. J'ai rêvé que je faisais des chants et de la méditation toute la nuit. Tout cela porte fruit, je me sens si calme ce matin. J'observe;
- Le soleil
- Les petites mousses qui volent (pauvres allergiques)
- Les ombres des feuilles qui dansent
- Les gens habillés en été qui marchent sur la rue
- Mon journal avec des articles déprimants sur Stephan Harper (sa fête aujourd'hui: 06/06/06)
- Ma motivation soudaine a travailler
- Mon envie de faire des films pour supporter Kyoto, ou du moins le comprendre vraiment

lundi, juin 05, 2006

Vacuité vaine

Je me sens toujours fatiguée. Je donne des coups, je brûle mon énergie comme une folle, puis je m'avale en avachis sur mon divan vert, sans vertue. Alors j'ai des coups de blues terrible. C'est ce qui arrive quand on vit sur des hauts pas possible, si hauts perchés dans le bonheur. Forcement, après, on doit souffler, devant tant de beautés, on en serait pas à moins terrassé de oh! et ah! Alors, je sieste. Je pratique la fuite du travail par un sommeil coupable. Mais je n'arrive pas à me requinquer le canayen. Rien à faire, toujours cette lassitude, ce sentiment d'épuisement, d'être zéro énergie. Et de regarder les autres rouler comme des fous à 100 à l'heure, et de se dire qu'on est pas à la hauteur. Hier nous recevions la famille. Nos familles. Nous étions une quinzaine à la maison, et je fourmillais, en duo avec mon homme. J'étais heureuse, voire comblée, de créer ces rencontres, de leur offrir le meilleur de moi-même. Alors, pourquoi toute cette lassitude aujourd'hui? Ce n'est pas lié. Ou peut-être si. Enfin cela importe peu, le résultat est le même. Je ne me sens pas à la hauteur. Mais de quoi, au juste? Tout me semble absurde, toute cette route, tout ce chemin de vie, pour toujours tout recommencer encore du train-train quotidien. Ne vous méprenez pas, je suis heureuse, pas l'ombre d'un doute. Mais simplement j'y ajoutte une perspective: pourquoi s'évertue-t-on à des recommencements quotidiens qui nous mènent irrémédiablement vers la mort? Évidemment, il devait y avoir un côté sombre à mon "bright side" de vivre la vie. Je ne sais pas, je suis lasse, très lasse. Une sorte de nostalgie lourde forme ma trame de fond aujourd'hui, en contrepoint du soleil. Je me demande où va ma carrière, où tout est toujours à recommencer, où j'ai l'impression d'être ballotée par les circonstances, allant de guerres vaines en combats inutiles, noyée dans une mer de surconsommation à laquelle je succombe. Ni engagement social, ni projet à grande portée, ni reconnaissance de mes acquis, ni revenu financier à la hauteur de mon travail. Un cercle concentrique d'excentriques biggarés aiment ce que je fais en vidéo. So what? Je me sens épuisée, je ne sais pas trop où je vais avec mes skis.

Bon, c'est pas tout, ça, j'ai un reportage à monter. Et un 5 à 7 ce soir. Ou la. I am soooo in the mood. Oh my.

jeudi, juin 01, 2006

Maman oiseau


J'ai toujours adoré faire mon nid. Mes plus lointains souvenirs me ramènent à mon enfance où je fabriquais toujours des "cabanes"; en coussins, en couvertures, en serviettes de plage, en bois ou imaginaires. J'ai aussi fabriqué les plans de passages secrets entre les murs de la maison parentale. J'ai élaboré des plans pour adapter le cabanon du jardin de mon père en somptueuse demeure pour mes poupées, mes camions préférés et moi. Puis j'ai grandit. J'ai ensuite pris un plaisir sans nom à imaginer des plans de maisons. Des maisons rondes. (D'ailleurs, mon homme et moi avons été sidéré de voir que nous avions dans notre enfance des plans de maisons rondes en commun!) Mes premiers appartements furent un délice pour moi. Faire mon propre monde, avec mes "patentes", ma déco, ma personnalité tartinée sur les murs. Faire mon nid, toujours. Ensuite j'ai habité en europe dans un superbe appartement du début du siècle, avec vue sur la mer du Nord. J'y ai mis ma touche; réaménagé la cuisine, la salle de bain, fait mon bureau, peint une murale. Je peint toujours (ou souvent) des murales, cerclées de poésie, là où j'habite. Depuis plusieurs années, je rêve de construire ma maison écologique, faite de matériaux récupérés, recyclés. Je partage ce rêve avec mon grand amour. Mais nous saurons attendre le bon timming. En attendant, depuis quelques mois, j'ai la chance de partager une maison avec mon homme. Elle n'est pas écologique, mais c'est une vraie maison avec une grande cour, et non pas un appartement. Alors je fais ma trace, avec lui. On résonne au diapason de nos goûts communs. La maison nous ressemble maintenant. Je suis très contente du résultat. C'est vivant, doux et calme. Beaucoup de vert, des images de mes voyages, nos photos, des livres, des plantes, des fleurs, un mur rouge, des jouets et des bandes-dessinées. Ici, ça vibre maintenant de notre énergie à nous, et aux enfants. J'ai hâte de faire des fêtes et de recevoir ici. Les anniversaires arrivent bientôt, et le beau temps avec eux.

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