Comme dans
Paradoxe. Je l'écris souvent ici, trop souvent. Mais c'est un reproche que me faisait souvent mon ex, je radote. Je répète, pour être plus polie. Je suis Paradoxe, je le redis, je l'écris, je le crie. Bordel.
Je peste contre moi-même de ne point arriver à terminer mon projet sur les plaisirs. Je l'écris souvent ici, ça aussi. Je grapille quelques heures, ici et là, entre mes contrats et autres obligations, entre ma flânerie et ma paresse d'épicuriène, pour parvenir à accoucher de ce foutu projet. Il existe dans ma tête depuis 5 ans, j'ai finalement obtenu les subventions pour le faire il y a 3 ans, alors que ma vie personnelle était un fiasco. Je me suis contrainte à tourner le projet en pleine rupture avec mon ex. Une vrai farce, vu le sujet en question: le plaisir. Ha, ha. Je ris (jaune). On dit souvent que les artistes bâtissent une oeuvre à répéter sans cesse la même chose, à tourner toute leur vie autour d'un même sujet. Voilà ma bien triste consolation pour me justifier à prendre tant de temps à terminer ce projet-là. Entre les lettres de demande de rapport de bourse du conseil des arts, et les amis qui n'osent même plus me demander si ils verront un jour le film, je n'ose même pas me rendre des comptes à moi-même, rouge de honte. Je n'ai jamais laissé un travail inachevé de ma vie, et je n'ai jamais pris autant de temps à terminer une oeuvre. Et le pire c'est que son contenu ou sa forme ne justifient en rien de prendre autant de temps. Ou peut-être que si: le sujet appelle à prendre tout mon temps, toute ma vie en fait.
Alors que ma vie personnelle était instable et houleuse. J'ai écrit et réalisé ce projet sur 5 ans, donc lors de 4 relations importantes pour moi:
1- Avec un homme de 24 ans mon aîné habitant l'europe, avec qui j'avais une relation passionnée et destructrice
2- Avec un artiste-cinéphile talentueux et lunatique, avec qui j'était très incompatible
3- Avec moi-même alors que je me retrouvais dans un célibat très sain et salvateur
4- Avec l'homme de ma vie, l'homme dans ma vie, celui par qui le plaisir sain arrive enfin pour moi
Donc, conclusion de ce billet, alors que je sens enfin que ma vie est équilibrée et saine (autant ou davantage que pendant ma période de célibat), je n'arrive pas à finir mon film. Il me semble inutile, ou dépassé. Mais je remonte mes manches et je le termine, je vous le promet. Je dois bien promettre à quelqu'un d'autre qu'à moi-même, pour me pousser à le finir.
***
Demain je rencontre mon ami
Ambroise Vesac. Il s'occupera de la version web interactive du film. Je termine aujourd'hui les séquences découpées pour lui remettre. Courage, que je me dis, je vois la lumière au bout du tunnel.
Avant Noël, j'ai enregistré ma nouvelle narration avec ma propre voix, finalement (merci à celles qui se sont proposées). Joss m'avait aidé à réviser le texte (merci beaucoup Joss pour tes pistes, ta clarté, ton profesionnalisme). Mais je ne suis pas satisfaite de mon travail. Le texte est trop court pour les 23 minutes du film. Et c'est encore trop impressionniste et décousu. Il manque une histoire. Mes commentaires sur les plaisirs ne suffisent pas à faire prendre la sauce de l'histoire du film. Vous voulez connaître ce que raconte les images, je me lance:
Un banquet à la campagne préparé par une cuisinière gourmande amène une bande d'amis à se réunir pour une fête des sens. Les souvenirs de l'enfance et les pensées charnelles remontent à la surface et entraînent le spectateur dans une rêverie sur les plaisirs de la vie.Côté musical, j'ai obtenu l'accord de Rober Racine pour m'improviser du piano sur les séquence, et de Karen Saint-Laurent pour chanter de sa voix merveilleuse sur mes images. Vous voyez bien que ça avance quand même. Je vous l'avais bien dit: je suis toute pleine de paradoxes.