mercredi, novembre 30, 2005

Inclassable

toi, dans le train, peut-être
moi, ici avec mes doigts qui dansent sur mon clavier
et mes sourcils qui se soulèvent
face à l'écran où se couchent les mots de mes idées et de mon amour pour toi

je t'aime / encore / simplement
sans me lasser de te le dire
sans que tu te lasses de l'entendre
je t'aime léger / profond / tout plein
ancrée au ciel et à la terre
jusque dans tous tes détours et tes ombres
dans ta lumière et ta musique
dans ton sourire et tes mines sombres
je t'aime sans ménagement
tout doucement
fougueusement raisonnablement irraisonnablement
je t'aime dans nos paradoxes qui n'en sont même plus tellement on se défait les noeuds

tu m'envahis sans m'écraser
tu m'habites sans me chasser
tu m'enchâsses en me multipliant
tu me multiplies en m'inspirant
tu m'inspires et je respire en paix
et toi aussi (j'aime bien t'apprendre à respirer)

je me souviens de ton visage dans la nuit sur la route vers ta banlieue sur mes airs de Renaud que je partage avec toi comme tout le reste
à boire ton visage sans ménagement
jusque dans l'intime
tu étais si beau et moi gorgée d'amour prête à exploser

jamais il ne faut dire jamais mais je le dis
jamais je ne me suis sentie si emportée et certaine de la force de mon amour pour un homme
nous sommes inclassables

c'est peut-être le mot que je cherchais
notre Amour est inclassable
simplement divin
Divin.

Retour en ligne

Je suis de retour. Pendant mon absence, j'étais . Là aussi que mon Grand Amour me fait de superbes cadeaux de mots. Moi je lui envoie des courriels enflammés de passion amoureuse. Tiens, peut-être que je vous en livre des morceaux un peu plus tard. Mais maintenant je dois travailler, mon producteur attends après moi...

jeudi, novembre 24, 2005

chat à donner

J'ai un chat tout petit à donner. Elle est toute grise et douce, et elle appartient à l'ex de mon chum. Je crois qu'elle s'appelle Sushi. (rien à voir avec l'autre chatte dont je parlais cette semaine, pur hasard)

Mon rêve de la semaine

Hilarant. J'étais dans un grand loft surplombant la ville. Je dansais avec Joss pour préparer une comédie musicale débridée et délirante. Du grand art. On était très sérieux et concentrés. Joss portait un chapeau de mafiousi et un top de paillette, vous auriez du voir ça. De toute beauté, vraiment. Je me demande où je vais pêcher tout ça?

Touchée!

J'ai voulu faire ma smath, et la je me suis fait coincée. Je viens de recevoir le relais des 20 vérités par ma Matou(e) préférée. Elles sont écrites, il y en a 40, alors je vais pouvoir choisir. Je vous sers ça demain, parce que là j'ai d'autres chats à fouetter. Attention, après, je repasse le relais...

mercredi, novembre 23, 2005

Un chat sur mon clavier

Pour 10 jours, je garde le chat de mon ex-le-conteur. Elle s'appelle "La grise", c'est une chatte tigrée très sexy et affectueuse. C'est très drôle les chats. Ça vous suit partout. Ça ronronne pour tout et rien. Ça se couche sur le clavier sans crier gare: ce qui donne tout pleins de mmmmmmmmmmm zzzzzzzzzzzzzzz et ( s p a c e b a r ) sur mes textes. Je suis en pleine rédaction et j'ai pas une minute à perdre. Mais j'ai perds 2 (ou 3) avec La Grise, et c'est savoureux. Ces grands yeux jaunes qui vous fixent jusqu'au coeur. Présentement, elle est couchée sur une pile de cassettes mini-dv et ça ne la dérange même pas. Moi non plus.

mardi, novembre 22, 2005

Le fil rouge

Ma vie est plus que jamais tartinée de coïncidences. Alors plus rien ne m'étonne. Je reçois un courriel de mon éditrice la semaine dernière: "J'ai lu tes textes. J'ai été très touchée pour plusieurs d'entre eux. L'écriture est finale. Il va rester à les organiser en tissant un fil rouge." Hier, rencontre avec des producteurs pour le développement d'un gros projet télé que je prépare. Les mots exacts du directeur de la boîte: "Tout est là, le matériel est très fort. Reste à trouver le fil rouge avec lequel tu tisseras tout cela." Les mêmes mots, exactement. Est-ce que c'est une expression à la mode, ou quoi? En attendant, moi je me faisais taxer de couturière du multimédia il y a quelques semaines. C'est un complot, ou quoi?

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Le jeu à la mode chez les bloggueurs

Plusieurs bloggueurs jouent aux 20 vérités ces temps-çi. Grand bien leur fasse. 20 vérités inavouables, très avouées sur l'écran devant les chiffres du conteur qui défile et les yeux anonymes ou moins anonymes qui lisent tout cela avec avidité ou ennui. J'y ai pensé, et je ne jouerai pas. Rien de neuf à apporter. C'est un peu du sensasionalisme, après tout? Et en plus je n'oserai jamais écrire les pires choses, dont je ne parlerai jamais à personne, comme certains rêves que j'ai fait, atroces. Même moi je n'en reviens pas! Certaines choses appartiennent à notre subconscient, et vaut mieux ne pas les réveiller, sinon on se trouble inutilement. Sinon, j'ai peut-être 2 ou 3 trucs rigolos et vaguements scabreux à partager, mais je les garde pour mes monologues-contés lors de soupers d'amis! C'est beaucoup plus savoureux de voir l'expression des gens quand on leur raconte ses histoires! Et pour moi, pour l'avoir fait à quelques reprises, c'est beaucoup plus thrillant et formateur de se dévoiler en chair et en os devant 10 personnes que d'écrire des vérités-choc à des potentiel lecteurs anonymes...

lundi, novembre 21, 2005

Besoin de mots entre les chiffres

J'ai un immense besoin de mots très beaux. Parce que construire des idées ça m'épuise le moral. Laisser couler la poésie me lave. Laisser l'amour nourrir mes mots me fortifie. Laisser mon romantisme s'étendre comme une femme trop offerte me rend euphorique. Alors travailler comme une grande personne sérieuse, avec des budgets et du pragmatisme, ça me vide un peu. Ça me donne des points dans le dos. Je suis une cigale. Je suis une sauterelle aussi, parait-il, quand y a d'la joie. Je suis une femme comblée, moi. Pourquoi tous ces soupirs dans ma poitrine?

Gris

J'ai eu la chance de skipper le plus gros du blues d'automne cette année, étant en plein tourbillon amoureux. Mais aujourd'hui, toujours aussi amoureuse, je m'ennuie quand même de l'été et du soleil. Si au moins on avait de la neige jolie, comme samedi matin, par exemple, ça serait moins moche. De beaux gros flocons qui tournicotent, et qui laissent un manteau immaculé sur la ville, wow.

Lundi matin

Le temps file entre mes pattes. Points dans le dos, soupirs gros comme ça. C'est que ma situation de travailleuse autonome me place toujours dans l'incertitude, avec son lot de joies et de peines. Je ne sais jamais trop de quels rebondissements (ou retard de paiement d'un client) la semaine sera faite. Alors forcément, je soupire parfois.

Mais heureusement, sagesse de plusieurs années de cette situation que j'ai choisie avec joie, j'arrive à décrocher les fins de semaine. Et mes fins de semaines sont toujours très bien remplies. Activités familiales, amicales, festivals, spectacles en tous genres, activités culturelles, sportives, visite de l'étranger, réparations d'appartement, tâches domestiques, petits projets, lectures, "quality time" et même parfois du repos... Ça finit jamais. Moi l'ennui, connais pas. Alors imaginez quand on partage la vie d'un homme qui fonctionne sur le même beat! La vie déjà passionnante le devient encore davantage! Avec nos efficacités combinées, Sylvain et moi, on arrive à faire un nombre phénoménal de choses en une seule fin de semaine. Et pourtant on passe plusieurs heures allongés (ou pas toujours, mais enfin, je passe ces détails, vous avez tout compris). Ce qui fait que la fin de semaine qui se termine fut celle des premières: j'ai croisé son ex-la-mère-de-ses-enfants (sympathique et accueillante, pas de tensions entre nous); j'ai rencontré ses enfants pour la première fois (journée joyeuse et jeux au salon du livre, complicité avec eux, glissé sur les rampes, joué à se donner des chocs électriques à cause des tapis, déjeuné gourmand, chansons du trio dans la voiture: ils sont adorables et intelligents); nous avons dîné chez mes vieux grands-parents (avec visite complète de la maison-musée, photos de guerres, épées, médailles et visite de l'atelier de mon grand-père); et finalement nous avons reçu son cousin et sa copine à souper dimanche soir à mon appartement (mon idée de souper sur plaque volcanique appréciée, agréable atmosphère relax, histoires de vie partagées). Ouf. Marathon bien coordonné.

Maintenant j'attaque ma semaine. Au boulot.

vendredi, novembre 18, 2005

À voir aujourd'hui sur Silence, on court!

Mon dernier webzine en ligne dès ce soir sur Silence, on court!

"Le trio Devul: Les membres de Devul, Patrick Masbourian, François Péloquin et René-Pierre Bélanger, ont une façon bien à eux de financer leurs films. Ne reculant devant rien Yannick B. Gélinas leur a arraché la vérité dans un webzine-enquête très révélateur... "

jeudi, novembre 17, 2005

Vie mondaine

Ce soir, me suis arrachée à mon écran de TiVi et aux Invincibles (trrrrès rare que je suis une série, mais là, oui, en synchro avec mon homme qui plie son linge devant). Sauté sur mon vélo dans l'air anormalement doux de cette mi-novembre sans neige. Rendue dans un événement mondain full-bio, lancement de Pas de pays sans paysans. Mis quelques visages sur des voix, goûté des végépâtés et autres pains aux noix. Cherché Patricia sans succès. Bu deux verres de vin, eu deux promesses de contrat. Re-sauté sur le vélo, me voici.

Bon, je vais dormir pour être en forme demain. Qu'est-ce qu'il y a demain? Rien, rien...

mercredi, novembre 16, 2005

Passe-partout

SPM oblige, j'ai pleuré de gros sanglots en écoutant Passe-partout-Marie-Ekel nous rejouer une finale de confession à la Passe-partout lors de l'émission des Francs-Tireurs ce soir. Si vous avez manqué cette émission, tant pis pour vous. Na-na.

mardi, novembre 15, 2005

Festival du film court de victo

Les événements culturels dans Montréal se succèdent et on ne les voit pas passer tellement il y en a. Actuellement c'est les Rencontres du documentaire, à ne pas manquer. Mais moi j'aime bien vous pointer un petit festival sympa, en région: le Festival de Film Court de Victoriaville. C'est tout plein de découvertes, des petits films chouettes bien choisis par Martin Morisette et son équipe, et c'est la fête. J'essaie d'y aller samedi. On se verra peut-être?

lundi, novembre 14, 2005

Tisser des liens

Quand on aime, on recentre le coeur. Il était déjà bien centré mon coeur (je parle au figuré là, je ne fais pas de l'anatomie, ok?). Je veux dire que je suis en paix avec moi, avec mes amis et mon réseau social élargi. Je l'étais, je le suis encore. Faire entrer un homme dans ma vie par la grande porte ne modifie rien à tout cela, mais apporte une lumière différente. Les amitiés vont et viennent dans la vie, c'est ainsi, et c'est très bien. Nos rapports aux autres évoluent selon les circonstances, les événements, les projets, les déplacements géographiques et émotifs. Il y a aussi des froids, et des chauds. Les chauds, c'est agréable. Un réchauffement, en amitié, c'est quand soudainement la vie nous rapproche de gens qu'on aime, à cause de circonstances, d'événements, de projets, de déplacements géographiques et émotifs. Les froids, c'est parfois plus difficile à s'expliquer. On se demande toujours si on doit faire l'effort de raccommoder la maille brisée. Ou laisser le temps et la vie réparer l'amitié qui bat de l'aile ou celle qui est brisée, carrément. Il y a plus d'un an arrivait un choc de bris d'amitié dans ma vie. Évi était ma grande copine, ma confidente, ma soeur. Circonstances atténuantes, histoires d'ex et manque de pardon qui viennent solidement empoisonner tout cela, notre amitié explose. Nous sommes éjectées de nos vies respectives. Probablement pour le bien de chacune. Sa blessure de vie, subie suite à une relation malsaine et une rupture difficile, était si grande qu'elle a tout emporté au passage: mon amitié, mais aussi celle de quelques autres. Maintenant Noël approche, et je devrais peut-être saisir l'occasion pour lui envoyer un mot gentil, le plus neutre possible. J'ai un peu peur de sa réaction, je dois avouer. Je ne veux pas réveiller de vieilles douleurs en elle, et je ne tiens pas à renouer notre amitié. Je ne crois pas que c'est possible, et je ne le désire pas vraiment. Mais je voudrais seulement être en paix avec elle, pouvoir la croiser dans la rue et lui faire un sourire bien franc et les yeux brillants et sincèrement heureux de la voir, lui dire bonjour, ça va, oui, moi aussi, super, tes projets, ton doc, génial, voilà. J'aimerais bien la savoir heureuse et en paix, toute pleine de pardon. Pardon pour moi, pardon pour les autres, pardon pour elle-même. Je crois que c'est ça que je lui dirai dans ma carte de Noël. Ou ça serait bien si elle lisait ce blog, simplement. Mais une carte de Noël c'est mieux, non?

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Action pro-Kyoto à Montréal

(communiqué d'intérêt public transmis par Élisa Belhache)
COP 11 pour tous : soyez au coeur de l'action pour l'avenir de la planète

Du 28 novembre au 9 décembre 2005, Montréal est l'hôtesse de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques - COP 11. Il s'agit du plus grand événement international depuis EXPO 67 : plus de 10 000 délégués de tous les pays et au-delà de 1000 journalistes en provenance du monde entier sont attendus. Au coeur des débats, le Protocole de Kyoto, ses applications, son avenir. Chaque citoyen est concerné et doit avoir la possibilité de se faire entendre. Mais par quel canal ? Par le biais du Projet mkyoto. Le Palais des Congrès de Montréal devient pour l'occasion territoire de l'ONU et il sera strictement réservé aux membres des délégations.

La Société des arts technologiques [SAT] a donc imaginé un moyen pour que vos messages se rendent à destination en initiant un véritable mouvement tectonique. Son objectif : faire valoir l'opinion publique à travers une technologie de pointe, soit le Panoscope 360°. Le Panoscope 360° est un dispositif de projection immersive interactif qui sert de support universel de présentation.

Dans cet environnemnt virtuel, chaque personne se trouve en contact avec une variété de messages qui permettent une communication vers de multiples horizons. Ce dispositif sera installé au Cool Canada Café du Palais des Congrès pourtoute la durée de la conférence. Il sera la seule fenêtre directe pour tous ceux qui voudront s'exprimer sur les sujets abordés : gaz à effet de serre, érosion des territoires menacés par l'augmentation du niveau de la mer, déforestation massive etc.

Pour vous adresser directement aux hauts dirigeants, visitez www.mkyoto.org et participez au mouvement tectonique en partageant une oeuvre, un message, une opinion, une solution. Ces messages seront regroupés sous forme de mosaïque, accessible pour tous sur le site internet et retransmis aux dignitaires grâce au Panoscope 360°. Soyez certain d'être vu et entendu!

Le projet mkyoto a été mis sur pied par la Société des arts technologiques de Montréal en collaboration avec le ministère de l'Environnement afin d'offrir une tribune unique aux jeunes Québécois soucieux de l'environnement...et de l'avenir de la planète.

www.mkyoto.org | www.panoscope360.com

Sagesses et réflexions

Je tiens les rennes de ma vie bien en main, avec une souplesse pour laisser du lousse quand il faut. Comme si j'avais soudainement bien saisi comment tenir fermement, mais avec le bon mou-slaque pour ne faire mal à personne. Ni aux autres, ni à moi. Le roseau qui plie sous le vent sans briser, vous savez? Ahhh, quelle satisfaction cette trentaine toute jolie et pleine de possibles magnifiques. Et l'homme de ma vie m'apporte encore davantage en ce sens. J'admire sa grande capacité à réagir à la vie avec sagesse et discernement, à prendre le recul nécessaire en moment opportun. Il pratique l'art de la dédramatisation, rôle parental oblige. Il me dit que nos deux ans d'écart font la différence. Je souris. Tu sais, mon amour, j'ai rencontré plusieurs hommes beaucoup plus âgés que nous et qui n'avaient pas toute cette sagesse! - Ce fut jadis ma spécialité: sortir avec des hommes beaucoup plus âgés que moi. -

Ce qui me conduit à un deuxième sujet en un seul billet: le passé. J'admire autre chose chez mon amoureux: il ne me barbouille pas son passé dans la face. Des bribes, des anecdotes, des grandes lignes importantes et fondatrices. Il répond à mes questions de femme curieuse, intéressée à lui. De mon côté, j'ai l'impression de vider mon sac de façon négative. J'ai cette impression désagréable de lui faire du ménage sous le nez: je régurgite des mottons de mon passé, des bouts difficiles, je raconte des moments où je suis presque encore offensée. Moi qui croyais mes placards bien en ordre, je vois bien que je n'ai pas tout classé de mes histoires du passé. Je lui parle de ce 'problème' (qui ne semble pas l'incommoder), sa réponse: "moi j'ai tout dit sur mon blog". Ben oui, c'est sûr. Mais pas moi. Est-ce que de vous raconter mes turpitudes de mes frustrations passées pourrait me libérer? Est-ce maintenant trop tard pour me lester ce poids incommodant de mes silences passés sur des situations difficiles, sur mes mensonges à moi-même, sur mes hypocrisies de femme idéaliste complètement dans le champ à certaines périodes de ma vie? Joss me dit qu'il m'a déjà "brassé" par rapport à ces moments où je m'enlisais dans ma relation vaseuse avec S, mon ex-cinéphile. Mais j'ai tout oublié des remontrances de Joss. Pourquoi? Parce que je savais complètement être dans la mauvaise voie avec S, le rendre aussi malheureux que je me rendais malheureuse. Ma conviction d'être dans le tort à cette époque était aussi forte que ma conviction actuelle d'être absolument dans le bon chemin maintenant. Mais j'étais pétrifiée, "enlisée dans une mer de cordes au cou", j'ai déjà écris.

Est-ce que d'écrire tout cela ne fait que remuer la vase, où est-ce vraiment bénéfique? En tout cas, je ressens ce matin un besoin de l'écrire, alors je l'écris. Simple. Pourtant, j'étais convaincue d'avoir tout réglé ce passé dont le dernier chapitre s'était conclu en janvier dernier alors que S quittait enfin mon appartement. Nous n'étions plus un couple depuis plusieurs mois, mois de colocation interminables, douloureux et lancinants. J'ai vécu ensuite un agréable renouveau dans ma vie, et un besoin marqué de passer à autre chose, de me lancer dans le travail, de ne pas parler de mon passé, de vivre autre chose. J'avais l'impression de n'avoir été qu'une longue plainte pour mes amis tout au long de la relation avec S, tout au long de ma relation précédente avec D. Alors j'avais besoin de silence sur les difficultés traversées, sur les absurdités que je m'étais infligée en demeurant avec ces hommes incompatibles avec moi.

Depuis que j'ai débuté ce blog en février dernier, je n'ai pas dit un mot sur mes histoires d'ex. Ni sur S, ni sur D (ma vie partagée avec ces deux hommes équivaux aux six dernières années de vie de couple vécues avant ma joyeuse année de célibat). Je n'ai pas dit grand chose sur ma vie émotive de toute façon, jusqu'au jour où je suis tombée amoureuse à nouveau, de cet amour foudroyant et définitif qui ouvre sur des vérités. Alors j'ai ouvert mon livre, mon jeu et mes sentiments ici. Simple, libre, clair. Pourquoi? Je ne sais pas exactement, mais c'est comme ça. Peut-être ce sentiment de faire partie d'une communauté, me savoir lue par vous, voir les chiffres du compteur marquer le 800 lecteurs hebdomadaire. C'est paradoxal, car je livre maintenant davantage d'intimité que par le passé, alors que j'avais moins de lecteurs. Mais j'ai apprivoisé mon espace virtuel, comme les lecteurs m'ont apprivoisé, peut-être? De toute façon, libre à vous de skipper les bouts qui vous ennuient, et libre à moi de partager une dernière fois ces situations de vie qui furent douloureuses*. Je sais qu'il y a des vérités et des sagesses à en tirer. Preuve: je ne pourrais pas savourer mon bonheur présent avec autant de délectation si je n'avais pas traversé ces mers de tempêtes dans des relations houleuses depuis trop longtemps...

* Ne vous en faites pas, il y eu de bons moments aussi dans ce passé avec ces hommes merveilleux, tout pleins de petits bonheurs, de beaux projets et de grands rires, mais ils n'étaient pas compatibles avec moi et nos divergences personnelles nous empêchaient d'apprécier la vie ensemble. Mais ceci est le sujet d'un prochain billet.

vendredi, novembre 11, 2005

Mes contradictions

Ces jours-çi je fais du développement de projet pour déposer des nouvelles demandes de subventions. C'est très stimulant et excitant. Aujourd'hui j'ai travaillé avec mon ami le conteur André Lemelin, qui est aussi mon ex-ex-ex (ça fait longtemps, mais c'est mon ex pareil). André et moi, on travaille bien ensemble. Pleins d'idées, ça flye, ça va vite, c'est concret. Ceux qui ont déjà travaillé avec Mister Lemelin en savent long sur l'efficacité de cet homme d'action. Ceux qui lisent mon blogue savent mon bouillonnement et ma créativité. Alors bref, c'est agréable. Mais il y a toujours entre nous ces petites pointes d'ironie et ces taquineries de ceux qui se connaissent jusqu'à la fibre. Nos rapports amicaux sont empreint de cet humour particulier des anciens couples. Entre la rédaction de la demande et un café, je lui montre banalement la teinture achettée pour mes cheveux. Il bondit sur l'occasion pour me taquiner (et ça m'énerve): "Bon, c'est ça, tu peux ben être écologiste et te teindre les cheveux avec du chimique! As-tu lu les ingrédients là-dessus! Tu vas envoyer ça dans l'eau après! Tu vas perdre tes cheveux à 40 ans!" Il se fait toujours un malin plaisir à souligner mes contradictions. Il m'énerve. Ça doit être parce qu'il a raison. Je l'aime bien, mais maudit qu'il m'énerve.

Nager dans le bonheur

Ne pas avoir d'attentes est le secret, et dans ce temps-là on trouve la vie tellement généreuse et l'amour délectable. Tout est un crémage infini à ce grand dessert de vie qu'est la mienne. Et les possibles côté projets professionnels vont dans le même sens, alors j'ai comme qui dirait les orteils qui frisent de joie. Je danse. Je danse tellement. Et je chante. Ou la la, que je chante donc.
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Aussi les amis: reçu ce matin coup de téléphone joyeux de mon amie Marie-Ève Brisson, directrice du Musée Maritime de l'Islet, dans le Bas Saint-Laurent. C'est très drôle car dans ma tête on est encore des enfants, ou peut-être des ados, mais avec des vraies carrières et des postes sérieux sur des Conseils d'administration prestigieux. Nous ne portons ni les cravates, ni les tailleurs et talons aiguilles, mais nous occupons des postes de décision au sein de la société (bon, je m'emballe, mais je suis utopiste, hein!). Ahhh, j'adore! Let's rule the World, with vision and open-mindness!
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Marie-Ève me raconte son rêve de la nuit dernière, d'un absurde délicieux:
"Je suis chez Claude Rajotte qui veut me donner tous ses vêtements. Mais je ne veux rien savoir de ses petites culottes. Quand j'entre dans la cuisine, il est transformé en boulette de steak haché, en train de cuire à la poële."

J'adore Marie-Ève.

jeudi, novembre 10, 2005

Courrier du coeur

Suite à mon populaire billet sur les amitiés hommes-femmes, je me suis transformée en Madame-Courrier-du-coeur.

La Dame: "je voudrais savoir ce qu'il faut comprendre lorsque l'homme qu'on aime profondément depuis 40 ans - connus adolescents, perdus de vue pendant 32 ans mais toujours en contact, nous revoyons depuis 2 ans - avoue vouloir "se sentir libre", ne veut pas s'engager, sauf dans une "relation fraternelle"? un homme adorable, fiable..."
Yannou: "Chère Dame, je n'ai malheureusement pas de réponse précise à votre question. Mais je vous recommande la clarté, encore une fois. Clarté par rapport à vos propres émotions, puis clarté de communication face à cet homme. Si il refuse cet amour que vous avez à lui offrir en brandissant le mot amitié, c'est qu'il n'est pas amoureux de vous, ou alors qu'il se le cache à lui-même. La meilleure chose à faire s'il refuse votre amour, c'est de fermer la porte à toute ambiguité amoureuse, à couper les ponts un temps si il le faut (douloureux, mais nécéssaire pour rebâtir une amitié). Cette rupture n'aura que du bon: vous aider à faire le point sur vos propres sentiments, et lui faire prendre conscience de votre importance dans sa vie. Mais surtout, pour votre bien: n'ayez AUCUNE attente. C'est vraiment la clef d'une vie heureuse. Bon courage!"
La Dame: "c'est tout récemment qu'il m'a dit "avoir une relation ancienne" 20 ans - nous nous connaissons depuis 40 ans - et que les petites marques de tendresse que je lui montrais depuis plusieurs semaines, il valait mieux les omettre, parce que "sinon, il ne peut plus se sentir libre"... Or ses amis de plus de 20 ans l'ont toujours connu "seul"... Et de plus, ce soir-là où il m'a fait cette révélation, même s'il a ajouté des barrières depuis, en précisant (gentiment) qu'il "ne fallait rien attendre", il a dit aussi "mais rien n'est définitif, les portes restent ouvertes, les espoirs sont permis..." Il est toujours là dans les moments difficiles, et moi qui voulais carrément rompre, c'est sur son insistance réitérée que j'ai accepté que l'on continue une relation sur le plan de "l'amitié fraternelle"...et c'est vrai que nous sommes toujours très proches... Et qu'il ne refuse pas qu'on se revoie pour en reparler..."
Yannou: ... long silence ...

La Dame: "j'aurais avoir quelques commentaires sur mon dernier message du jeudi 27 octobre sur cette relation "secrète" et cette insistance à garder une relation d'amitié "fraternelle"... Histoire peut-être d'y voir un peu plus clair dans cette épreuve... Merci."
Yannou: "Ma Très Chère Dame au coeur tourmenté, vous semblez bien mal prise avec un homme qui ne sait pas ce qu'il veut. Le problème ne vient pas de vous, visiblement. Mais vous possédez la solution. Cet homme vous envoie des messages contradictoires, demandant de cesser vos marques d'affection tout en vous donnant de l'espoir. Mais espoir de quoi? La communication est la clef, comme me dit toujours ma grand-mère. Vous devez lui parler franchement, car votre amour pour cet homme ne semble pas faire de doutes. Vous devez tout lui dire, et examiner les solutions ensemble. Il ne sait pas ce qu'il veut, il veut votre attention et votre amitié, mais n'accepte pas l'engagement qui s'est tranquillement établi entre vous. Il doit faire face à la vraie nature de vos sentiments, et des siens. Il semble nier ses émotions. Vous possédez la solution, car vous êtes maîtresse de votre destinée. Il est possible que vous deviez cesser de le voir, interrompre toute relation avec lui, aussi douloureux que cela puisse paraître, afin de lui laisser un temps de réflexion. Si vous êtes prête à accepter sa douloureuse ambiguïté, cette amitié fraternelle, vous acceptez aussi la souffrance d'un amour refoulé. Vous voulez davantage, cela me semble clair. Alors coupez les ponts pour un temps ne sera que bénéfique, pour lui, pour vous. Les relations humaines sont ainsi faites: si vous montrez une froideur (parce que vous êtes blessée) et une distance, il risque de revenir vers vous."

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mercredi, novembre 09, 2005

La vie est belle

Terminé la course folle du montage de la bande-annonce du film de Ève Lamont. Vous verrez ma bande sur vos écrans à partir de vendredi. Et en ligne demain, ici même.

Suis allée à ma classe de ballet avec une fatigue lourde, très lourde, et mes pas oubliés. Douleur étrange au ventre avec le penché devant. Faudra que j'en parle à mon ostéo. Toutes les filles étaient à côté de leurs pompes (ou de leurs chaussons), c'est de saison. Au retour, ai trouvé la pluie très jolie sur la rue avec les lumières des phares. C'est une de mes images favorites dans l'urbain bétonné. Le macadam brille et les lumières bougent. Houuuu houu. Délire dans l'air vif et trop froid. Mangé soupe d'automne au curry avec pleins de légumes dedans. Ai pris un bain mousseux avec chandelles. Aurais bien voulu être deux dans le bain. Demain. Lu quelques pages de Boris Cyrulnik jusqu'à ce que l'eau refroidisse et mes doigts se plissent. Inquiétée pour ma grand-maman Georgette qui a fait un séjour à l'hôpital cette semaine. Appris que Nathalie quitte pour le Pérou. Pensé à Élise qui supporte une vague de chaleur à Taipei. Clavardé avec mes cousines pour faire des plans pour les voir. Reçu un gentil courriel d'une lectrice silencieuse. Bavardé avec ma mère sur sagesses de vie. Rêvé de mon prochain séjour au Japon, qui devient un possible moins flou. Vous en entendrez parler. Généreuse nuit de sommeil possible devant moi. La vita e bella.

mardi, novembre 08, 2005

Film choc sur l'agroalimentaire

Film nécessaire de la documentariste Ève Lamont, PAS DE PAYS SANS PAYSANS aborde les problèmes causés par les OGM, les méga-porcheries et la stratégie productiviste mise de l'avant dans notre industrie agroalimentaire. Mort des petites fermes, pollution de la nappe phréatique, dangereuse monoculture du maïs, problème des quotas, empoisonnement aux pesticides, scandales à Santé Canada: tout y passe. Ce film m'a permis de comprendre pleins d'aspects capitaux des problèmes environnementaux et sociaux auxquels nous faisons face. Le film sortira le 18 novembre au cinéma Ex-Centris, à Montréal. Tournée en région à prévoir, pour sûr.

En attendant, j'ai l'honneur de préparer la bande-annonce de ce brûlot. Ma bande de 2 min, que j'espère assez choc, sera montrée dès jeudi (3 nov) sur les écrans d'Ex-Centris. Je vais discuter avec la gentille productrice Nicole Hubert (je ne suis pas tèteuse, là, elle est vraiment fine) pour savoir si je peux vous offrir ma bande en ligne, dès qu'elle sera terminée.

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lundi, novembre 07, 2005

Éclaboussures de Map-o-spead

C'est très étrange mais je sens parfois des réactions mitigées face à mon bonheur. Le bonheur des uns provoque le malaise et l'envie des autres? Comme si novembre barbouillé dans les visages des gens tristes rendait ma joie vulgaire, provocatrice. Pourquoi l'amour n'est pas du Map-o-spread, dites-moi donc? Sucré, gluant, qui vous colle à la peau, généreux, onctueux, cochon. Moi je voudrais bien en donner à tous ces gens qui vibrent de tristesse, d'angoisse, de solitude, de démotivation. Je sens ce blues d'automne qui résonne autour de moi; sur vos blogs, sur vos msn, sur vos téléphones, dans vos yeux et vos voix. L'amour c'est une fontaine infinie, vous savez? Ce n'est pas parce que moi j'en ai que vous n'en aurez pas, au contraire!

Aimer sans bémols

Ma vie s'améliore, alors que je pensais être au maximum du bonheur comme célibataire épanouie dans ma jeune trentaine heureuse. Une célibataire épanouie + un célibataire épanoui = un couple épanoui. Logique, non? Certes, il faut tomber sur le bon mélange des deux ingrédients. La compatibilité, quoi. Je me demande quelles sont les chances dans la vie de tomber sur la bonne personne? Je n'ai jamais cru que nous pouvons avoir une seule personne sur la planète avec qui nous formons le match parfait. Qu'est-ce que j'écris là, je n'ai jamais vraiment cru au match parfait, de toute façon! Alors je fais quoi, là, devant tant de bonheur?

Quand je parle de "bonne personne", je veux dire une personne avec qui les compromis sont minimums, parce que vous avez les mêmes objectifs, les mêmes goûts, des rêves communs, des valeurs communes, un même milieu, le même idéalisme, le même champ professionnel, le même âge, les mêmes référents culturels, la même énergie, la même libido et des personnalités qui se complètent. C'est trop? Ben non, ça se peut. Et ce qu'on découvre aussi, c'est que ça fait ressortir le meilleur de nous-mêmes. Quand on est heureux et comblé, on veut rendre l'autre encore plus heureux. Simple, non? Moi je nomme ça la spirale du bonheur. Je pensais même pas que c'était possible. [Et je suis fondamentalement pour la différence. Vive le multiculturalisme, ne me lisez pas en travers, là.] Quand c'est si facile, on peut se concentrer sur autre chose que des accrocs. Et si je ne m'étais pas cassé la gueule autant de fois dans ma vingtaine, je ne saurais pas quel trésor je tiens-là. Mais là, je sais. Oh que oui. Le pire, vous savez quoi? Il le sait, lui aussi.

Fissures familiales

Dans toute mon exhaltation amoureuse j'ai parfois des débordements dans d'autres secteurs de ma vie. Je suis amoureuse sans bémols. Alors je vole, simplement. Mes les pieds bien sur terre, hein. Tout cela doublé de belles possibilités qui s'ouvrent à moi côté professionnel, alors forcément, on se sent un peu "superwoman" dans ce temps-là. Investie de toute mon énergie lumineuse et de ma bonne humeur intergalactique, je suis allée visiter mes grands-parents vendredi dernier.

J'adore mes grand-parents. Immigrants belges arrivés au Québec en 1952, ils ont vécu la Deuxième Guerre mondiale sous leurs yeux de jeunes adultes. Mariés à la fin de la guerre, ils sont venus ici avec leurs jeunes enfants. Ma mère avait 6 ans à son arrivée à Montréal. Bon, je me perds dans des détails, mais c'est quand même leur vie, alors autant que vous sachiez. Elle est passionnante, leur vie. Mais là n'est pas mon sujet. Je compte bien faire un scénario de cela, de toute façon. Ou peut-être un roman. Enfin.

Mais bon voilà, je visite mes grands-parents vendredi dernier. Comme d'habitude, l'échange est agréable, le temps doux, leur yeux brillants de me savoir si heureuse, enfin. Je m'entends si bien avec mes vieux grands-parents. Je les adore. Ils se sont beaucoup occupés de moi, leur unique petite fille. Ils m'ont couvert d'amour, littéralement. Ils m'ont vraiment gâté, mais pas pourrie, comme dit mon grand-père.

Alors je passe toujours du temps avec eux avec grand plaisir. Vendredi dernier, investie de mes bons sentiments, je m'ouvre la trappe sur un sujet délicat. Un peu trop. Je glisse dans une discussion sur les fissures familiales où je ne voulais pas aller. Merde. Comment reculer? Impossible, alors je vais jusqu'au bout.

Ma mère a toujours eu une relation houleuse avec son père. Houleuse, le mot est fort. Je peux dire ma mère a toujours eu l'impression d'être le mouton noir, en tout cas. Elle est un peu rebelle, ma maman. Elle est très sensible, aussi. De belles qualités qui ont fait d'elle une maman merveilleuse et une enseignante vedette chez les ados. Mais sa personnalité est tellement différente de celle de son père qu'ils n'ont jamais pu vraiment bien s'entendre. C'est pas nouveau, vraiment pas. Mais voilà que mes grands-parents prennent de l'âge, la vie passe, et les vieux conflits ne se résorbent pas, oh que non. Disons même que c'est à vif. Mais dans le silence, dans des non-dits et des larmes refoulées. Mon grand-père fait des remarques qui blessent ma mère sans cesse, sans sans rendre compte, évidemment. Alors réaction de ma mère: retrait. Elle a cherché à leur faire plaisir, sans se sentir la bienvenue complètement. Mais elle n'arrive pas à en parler avec eux, ou elle ne le cherche pas vraiment. Elle a un peu abdiqué face au côté parfois bourru de son père. Mais moi, je suis là, à bien m'entendre avec tout le monde, à vouloir que tout aille mieux. Pas de mes affaires, je sais, mais quand même un peu, non?

Bref, je lâche le morceau, j'aborde le sujet avec mes grands-parents. Réaction? Surprise, interrogation, tristesse. Mon grand-père ne comprends pas, ma grand-mère est très affectée par ce que je lui raconte. Je voulais qu'ils sachent. Suis-je trop abrupte? Est-ce trop tard, sont-ils vraiment trop vieux pour savoir que leur fille se sent rejettée, ne se sent pas aimée à part égale de son frère et de sa soeur? Moi je pense que j'ai déclanché maladroitement une bousculade interne de leurs émotions par ma franchise et ma lucidité. Je pensais bien faire, vraiment. Mais là, je doute. Surtout quand ma mère aura les répercussions de cette discussion. Je me suis embarquée dans ce qui ne me regarde pas, visiblement. Je vais devoir maintenant en parler à ma mère aussi, surtout que mes grand-parents n'ont pas saisi ce que je voulais leur communiquer. Ils ont cru que je les accusais d'être de mauvais parents. Pas du tout. Hier, email de ma tante, autre rebond familial. Ouf, c'est pas fini tout ca.

Moi qui vit un si beau moment dans ma vie, je plonge ma famille dans une crise, un peu. Mais je me dis que le mouvement est peut-être plus sain que la situation de stagnation dans laquelle ma mère se trouvait. Je ne sais pas, je ne sais plus.

vendredi, novembre 04, 2005

Tu as pris le train

6h30 am. Je ne dors plus depuis 6h00. Tirée du lit car ce billet en tête. L'écran me fait mal aux yeux. Les larmes viennent. Tout se replace, je fixe le blanc de l'écran sans ciller. Ça y est, je suis prête. C'est la suite de ce texte-là.

Nous arrivons en gare. Nous avons roulé longtemps avant d'atteindre le bout de l'Île. Toute une nuit, un siècle, une éternité. Suffisamment pour que j'oublie tout le reste. Je suis neuve, lavée. Je ne porte aucune amertume, aucun regret de ne pas être descendue aux stations précédentes. Je suis là, complètement, à m'imprégner du paysage magnifique, à boire la vie. Le Fleuve est large et fumant d'une brume chargée de mystères, les oiseaux volent haut. Je suis sereine, finalement, après tous mes détours, après le long parcours épuisant, souvent rempli d'espoir, trop souvent déçu. Je suis seule, enfin. Le siège près de moi fut occupé mais jamais vraiment habité. Ou si peu. Je suis contente d'être seule, forte. Forte et fragile, un peu plus mature de mes blessures, de mes attentes abandonnées. Encore jeune, plus belle que jamais avec mes rides au coin des yeux. Je vois mon reflet dans la fenêtre du train. La buée fait de jolies perles qui coulent en gouttes. Je souris. Je me replonge le nez dans mon bouquin.

Le train est à l'heure à la station. Bien ponctuel, tout le contraire de moi, tout le contraire de toi. Le ciel bleu de novembre est pur et haut, les feuilles jaunes encore humides, toutes pleines d'espoir. Les portes ouvertes attendent, t'attendent. L'air frais s'engouffre dans ma cabine, relevant ma jupe pour m'apporter d'agréables frissons frais. Chair de poule. Intuition. Intuition que je suis à un tournant de vie. Les portes béantes laissent entrer les sons de la gare. J'ai toujours adoré les gares. Lieux d'attentes, de possibles, de croisées, de destins qui s'accomplissent. Le bruit du train qui attend, patient et fier. La rumeur des passagers qui défilent, ceux qui entrent, ceux qui sortent. Je pense à cette parfaite métaphore de la vie. Nous sommes des passagers, toujours. Je ne me sens pas impatiente, je ne t'attends pas. Je ne sais pas que tu vas venir comme ça, que tu vas venir dans mon wagon, dans ma cabine, sur le siège voisin du mien. Mais la place est libre, à tout hasard. Je sais, je sais: il n'y a pas de hasards.

Tu arrives alors que le train se remet en marche, les portes se referment, la chaleur se réinstalle. Ta démarche est légère, ton sourire éloquent. Nous nous connaissons sans nous connaître. En fait, nous nous reconnaissons. Tu t'assois tout près de moi, après mon hochement de tête poli et invitant à te poser-là, tout près. J'ai levé mes yeux un instant de mon livre pour joindre mon regard au tien. Perçant ton regard. Des billes noisette d'une profondeur peu commune, d'une intelligence vive, où je décèle aussi l'amour pour les choses du sexe. Vlan, comme ça. Un regard brillant chargé de désir, déjà. Tout est là, dans ce regard. Dans le mien il y avait peut-être aussi un peu tout ça. Mais allez savoir ce que porte votre propre regard? Tu remarques mon livre. Je lis Bobin, la course folle. On y parle de passagers trop pressés, d'amour, de chevalier, de temps perdu à retrouver dans l'amour. C'est notre texte, à nous.

Le roulement du train nous berce. Le train réveille toujours en moi des siècles de désir endormi. Et toi tu es là, tout près, exactement au bon moment pour cueillir tout cela, pour te joindre à moi. Le timing est parfait. La place était libre, tu étais seul. Je sais que tu captes mon odeur. Je t'enivre déjà, je le sens. Je suis romarin, frais et vif, et je vais faire basculer ta vie, comme tu vas faire basculer la mienne. Ta tête penchée sur ton portable, tu écris. J'aime. J'aime le son de tes doigts souples qui courent sur le clavier. Je sens l'odeur de tes cheveux invitants, bouclés et soyeux qui touchent presque tes épaules. Je veux y mettre la main, caresser ta chevelure, puis la saisir pour basculer ta tête par derrière et plonger mon regard profondément dans le tien. Puis te mordre au cou. Mais j'attends.

Tu portes un manteau de cuir noir qui te donne un côté presque rebelle. J'aime. Ta joue est ronde, prête à être croquée. Tu me lance déjà le sourire définitif. Mâle. Franc. Direct. Tu te penches vers moi, tu m'embrasses, une nuit, un siècle, une éternité. Ce baiser est venu me prendre, au complet. Je me suis offerte, ouvrant tous les pans de ma vie, complètement, comme jamais. J'étais là et je t'attendais, sans le savoir. Ma vie était toute prête pour toi.

Le paysage défile, nous sommes le paysage. Nous descendons à la prochaine gare, promptement, dans la hâte de tout nous dire, de faire l'amour la nuit entière et les suivantes dans cet hôtel beige tout près de la gare. Nous prendrons le train encore souvent, ensemble, cette fois. Je t'ai trouvé, nous avons le temps, la vie entière, pour sillonner le monde de stations en stations, de ville en ville.

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jeudi, novembre 03, 2005

Élections municipales: Projet Montréal

Complètement blasée des discours creux (leur gros sujet: la propreté) de nos deux principaux candidats à la mairie de Montréal, j'avais décidé de ne pas aller voter. Mais c'est contraire à mes principes démocratiques. Mais que faire quand aucune alternative ne représente nos volontés? Je veux un Montréal vert, engagé auprès de sa population, qui prend la responsabilité de ses sans-abri et jeunes de rue, qui crée du logement social, qui pose des gestes concrets en matière d'environnement, de recyclage, de compostage, de création de pistes cyclables, de voies réservées, de CAM abordable, de tramway, de train de banlieue, d'urbanisme, de projets culturels viables, d'engagement durable économique, de politiques en matière d'éducation alternative, d'échanges internationaux, de civisme, d'aide à la population, d'assainissement des eaux, d'aménagement de nos berges. Et plus encore. Eh bien, j'ai trouvé! Un parti existe: PROJET MONTRÉAL. Le candidat à la mairie est Richard Bergeron. Mais diantre, pourquoi avons-nous si peu entendu parler de Bergeron et de Projet Montréal? Ça me dépasse, un peu. Ça me met en colère aussi. Maintenant, je connais une alternative. Je suis maintenant membre et je vous encourage fortement à faire de même (inscription au parti en ligne, seulement 10$ pour la carte de Parti). Et SVP, allez voter dimanche!

Recherche voix féminine pour narration

Encore un appel à tous! Je cherche une voix féminine chaude, douce et mature. Une voix enveloppante, avec un accent français impécable. C'est pour la narration de mon film PLAISIRS. Je veux faire des tests avec plusieurs voix, histoire de trouver la bonne. Je suis ouverte à faire quelques impros avec la comédienne choisie. Le film (version linéaire) dure 23 minutes. La voix se retrouvera aussi dans la version web du film.

Ça parle de sérénité, de collection de petits plaisirs, de beautés de la vie, de conscience du monde. L'hisoire du film? La narratrice reçoit ses vieux amis pour leur offrir un grand banquet, une fête de la vie (c'est une grande réunion d'amis à la campagne, au coucher du soleil). À travers le film elle revoit quelques moments clefs de sa vie: scènes érotiques, scènes de l'enfance. Un beau film, vraiment. Et c'es pas parce que c'est le mien!

JE VEUX LIRE VOS SUGGESTIONS DE VOIX: RECOMMANDEZ-MOI DES COMÉDIENNES, DES VOIX CHÉRIES!!!

mercredi, novembre 02, 2005

La neige s'en vient

Vous avez vus qu'ils ont changé les vitrines d'Halloween pour celles de Noël? Il y a un mois je portais encore mes robes d'été. Là je pense ski. Zou. J'ai tellement hâte à la première neige. Aujourd'hui je sautais comme une puce (ou une sauterelle) à ma classe de ballet. Toutes les filles étaient agitées, bavardes. La prof: "vous êtes comme des enfants avant la tempête de neige". You bet. Faut que je mette mes pneus d'hiver avant. Et en plus je m'attaque à la planche cette année, 10e essai au moins, j'espère que ce sera la bonne. Avec un bon prof. J'ai toujours des bleus terribles quand j'essaie la planche à neige. Je me sens tellement bien sur des skis, collés-collés, comme le style années 70. Mais parait que ça vaut le coup, la planche, vraiment, dis le prof. Je veux bien croire, moi. Mais je garde encore souvenir de ce bleu-jaune-mauve sur mon coccyx il y a quelques années, alors que je faisais aussi des cours de danse africaine. Vous avez déjà essayé un déhanchement du bassin, bien rythmé par les tambours, avec la colonne meurtrie? Et bien n'essayez même pas. Bon, je pense encore à l'espoir de surfer sur la neige avec aisance, éventuellement. Faut bien rêver, non?

mardi, novembre 01, 2005

Appel d'offre: recherche programmateur Flash

Hop! Je me lance; je lance l'appel officiel pour trouver LE ou LA programmateur flash créatif(ive) et doué(e) techniquement pour faire des passes de l'enfer avec de la vidéo. Pour le projet interactif PLAISIR avec lequel je vous rabats les oreilles (ou plutôt les yeux) depuis belle lurette. J'offre un cachet, pas des masses, mais bon. À discuter avec la perle rare dénichée. La contrepartie de ce cachet pas aussi généreux que je le voudrais, c'est que je laisserai une bonne part de latitude créative à la personne choisie. J'attends du feed créatif de votre part, je veux dire. Car mon ami à moi, c'est Director, et je me fais rabattre les oreilles que je suis très out avec ça. Alors ok, ok, je me lance vers Flash, enfin. Mais pas sans filets, avec un (ou une) pro, hein.

C'est pour faire l'intégration et l'assemblage d'un projet sur les plaisirs de la vie au total, il y a plus de 40 minutes de segments visuels en vidéo à assembler (déjà monté en scènes dans Final cut pro), 40 minutes d'entrevues et de poèmes audio (déjà montés et découpés en segments, par thèmes), et de la musique (à venir; pas composée encore) que je veux aussi interactive. C'est un jeu poétique sur les plaisirs de la vie, avec 7 niveaux de progression. Tous le matos est plutôt prêt (moi aussi d'ailleurs). Je voudrais compléter tout cela avant Nöel (mon grand cadeau à moi). J'estime que cela sera 2 semaines de travail à temps très complet pour un bon programmeur d'expérience (Bon, je suis optimiste, j'avoue).

J'attends vos réponses directo chez moi!

Photos en ligne

Je me suis finalement mise à Flickr. Amusez-vous! Vous y trouverez des images de notre dernière fin de semaine au chalet, des auto-portraits et des bouts de mon dernier voyage en Asie.