lundi, octobre 31, 2005

Nous

Lousser le chant d'amour

Se perdre dans le temps de l'autre dans une suspension sidérale. Tant de mots, de gestes et d'utopies partagées sans retenue, dans une désinvolture touchante et profonde. Rencontrer son alter ego là où on ne l'attendait pas. Croire et rêver sur le tempo de l'autre. Trouver des résonnances insondables, dans des zones de l'âme et du corps où l'on ignorait que c'était possible. To go behond the words and more. Behond the time, behond the sky. Dans les rires et les reflets de la peau, du coeur au hara, se synchroniser du digital au charnel, de l'aurore au crépuscule. Trouver ces quelques lignes réductrices pour vous chanter tout mon amour pour lui, tout notre amour l'un dans l'autre, l'un pour l'autre, l'un avec l'autre. Me foutre éperduement des incrédules et des sceptiques qui réduisent cette force vive que je sens vibrer entre nous à une simple passion. Le temps est un merveilleux révélateur, et je veux le laisser faire naître tous nos contrastes, nos niveaux de gris, nos demi-tons, nos profondeurs, nos points de fuite, nos avant-plans, notre précision dans le grain si subtil. Et fixer tout cela. Vous verrez, vous verrez bien comme c'est beau et grand.

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vendredi, octobre 28, 2005

Relève artistique Montréalaise

Hier avait lieu le lancement du projet: Outiller la relève artistique montréalaise. Ce projet est mené par Élisa Belhache, supporté par le Conseil des Arts de Montréal et le Forum Jeunesse de l'Île de Montréal. J'y étais. Moi et plus de 200 autres artistes et intervenants du milieu artistique. Quelques politiciens, disparus bien vite une fois leurs beaux discours expédiés, aucuns journalistes. Peut-être n'ont-ils pas été formellement invités? Devant le doute, je m'abstiens de juger de cette étonnante abscence.

Après quelques présentations politiques, nous avons eu la parole. Plusieurs points ont été apportés. En voici quelques uns:
- Grave problème de financement des projets / manque de ressources;
examen des modèles internationnaux / stratégies de mécénat à mettre en place (mesure incitatives gouvernementales souhaitables)
- Besoin de communauté / besoin de rassemblement;
Les artistes de toutes disciplines ont besoin d'un lieu physisque pour se rassembler et obtenir des services (consultations stratégiques, avocats, comptables, soutien à la production, location à faible coups d'ateliers et de studios, mais aussi concentration de lieux culturels, salle de spectacles, cafés-théâtres). On cherche quoi faire avec le Silo #5 ces temps-ci, non? De plus, j'ajoutte que toute émergence d'un courant artistique digne de ce nom est issu de rencontres en des lieux inspirants; cafés, studios, lieux de vie communs. Que l'on pense au Saint-Germain des près des années 50, par exemple...
- Sensibilisation du grand public à la culture;
Les artistes présents hier étaient grandement conscients que nous parlions entre-nous. En circuit fermé. C'est dommage. Le bouillonnement artistique d'une société est l'incubateur de la société de demain. Pour construire des utopies politiques et rêver d'un monde meilleur, c'est par l'effervescence artistique que cela arrive, j'en suis complètement convaincue. Il faut sensibiliser le public à cela, à encourager l'art de la marge, l'exploration.

Nous avons été invités ensuite à participer à différents ateliers de rélexion afin de proposer des pistes de solutions. Inscrite à l'atelier "Portail internet" je me suis enflammée, militante des nouvelles technologies pour l'avancement social. J'ai donc été mandatée au front pour résummer nos idées. Encore la scène et le micro pour moi cette semaine. En politicienne, cette fois. Voici les points amenés:

Le portail de la relève artisique montréalaise

- Répertoire des ressources (pointer vers les sites clefs dans toutes les disciplines artistiques / ne pas doubler le travail déjà en place dans chaque champs)
- Offrir des pistes de méthodologie (démarches) afin de faciliter le travail des artistes émergents (ex. comment monter une demande de projet, comment établir des stratégies de financement, comment se produire, etc)
- Forum (mon préféré) : créer un lieu vivant à l'image des artistes, lieu virtuel communautaire où les artites se rassemblent et échangent, où des questions, des début de réponse et des débats ont lieu. Cette section est le nerf de la guerre. À l'image des artistes, il leur appartient. C'est un contenant pour y insérer leur contenu.

Voilà. Maintenant il faut voir la suite. C'est bien beau des idées et des belles promesses. Nous voulons de l'action. Et pour ça il faut s'impliquer. Faut que ça bouge.

***

Ma grande amie Eza Paventi, qui animait l'activité, m'a dit qu'elle voterait pour moi. "Faut que tu fasses de la politique" qu'elle me lance. C'est drôle que je n'y ai jamais véritablement songé. Mon grand-père a été maire de municipalité pendant 30 ans. Je l'ai toujours admiré. Peut-être est-ce dans mes gènes? Tiens, je devrais ressortir la ligne du PHU, mon Parti Hautement Utopiste. Maintenant que j'ai 700 visites par semaine sur mes pages, je pourrais obtenir quelques signatures...

mercredi, octobre 26, 2005

Toucher l'amour

Je suis sur un nuage. Je suis incandescente. Par le corps, l'esprit, la raison. Je vibre partout en moi et en lui, avec l'incroyable puissance d'une réciprocité sidérante. L'amour naissant est magnifique parce qu'il porte toutes les découvertes et les révélation à l'autre, par l'autre. Mais cet amour là est terriblement serein de force vivre. Je touche ici l'amour des racines, la qualité d'un amour qui lave toutes les blessures d'avant, qui s'ouvre sur toutes les lucidités et les possibles. Je me sens toute tranquille aussi, avec cette certitude et cette confiance en l'autre, cette confiance en ce que nous sommes déjà. Mon expérience de la vie me commande de modérer mes emportements, de voir venir la vie, de me protéger un peu contre mes vieilles erreurs de femme passionnée. Mais j'ai une telle confiance en lui, en nous, que je découvre un sens nouveau au mot certitude. Il résonne ici avec engagement, respect, sérénité. Du solide quoi. Comme si la femme en moi, avec tout ses déploiements féministes, avait trouvé son alter ego mâle, dans toute sa mâlitude et sa compréhension du monde. Je crois que c'est la simplicité, la facilité saine, de nos échanges et de tout entre nous qui nous a renversé. Nous avons été saisi par tout cet écho de nous chez l'autre, de toute cette complétude dans l'autre, de toute cette ouverture et cette écoute mutuelle. Nous avons été frappé par la sensation de venir s'insérer parfaitement dans le parcours de l'autre aussi, au bon moment. Comme si nous étions des fruits, mûrs et chauds de soleil, balafrés de nos intempéries de vies, cueillis au moment parfait. La morsure est délicieuse. L'arbre est plein et généreux. Nous avons l'amour fou, nous avons l'amour raisonnable, et la vie devant nous encore. Je me sens bien, forte, ancrée. Amoureuse et lucide. C'est tellement magique de toucher le bonheur, de se sentir sur la bonne voie. La sienne, la nôtre.

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Couturière du multimédia

Ce soir lancement du documentaire dont j'ai fait le montage: Un quartier à livrer, produit par l'ONF. Discussions sur la pauvreté, brassage d'idées, mise au point politique. Montée sur scène, je réalise encore que j'adore les planches et le micro pour diffuser des idées. J'aime sentir la foule, son écoute, ses réflexions, ses rires, ses sourires. Après le film nous allons à la brasserie. Discussions encore. Je parle avec François, habitant du quartier. J'explique mon travail, ma démarche artistique, je parle d'interactivité et de cinéma. Il résume ce qu'il comprends de mon travail: "Dans le fond, tu es comme une couturière qui prends pleins de beaux tissus et un patron, et qui fait toutes sortes de vêtements magnifiques et différents avec le même matériel?". J'adore. Je suis une couturière du multimédia. Je vais la retenir celle-là. Merci François.

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mardi, octobre 25, 2005

Révolution

Extrait de texte à paraître (Planète rebelle, printemps 2006)

Il se détruit, l’homme, et il le sait à peine.
Mais qui suis-je, moi, pour lui dire, lui répéter STOP arrête merde arrête
Tu ne vois pas que tu avales ce qu’il te reste de la beauté du monde comme un glouton qui fast-food le raffinement de ce que nous sommes, tu violes-absurde ce qui nous sommes.
Bordel! Mais combien de temps encore nous reste-t-il vraiment?

L’auto-destruction est amorcée, elle s’appelle capitalisme et tout le monde l’applaudit.
Quelques foules éparses
Ici et là
Essaient de dire un peu plus haut ce bordel de merde qu’on fou partout
Mais c’est comme un cri dans un salon
Une attente inutile
Pendant que les grands s’organisent
Nous organisent
En nous traitant de pacifistes – comme on dirait « inoffensifs »

Insultés?
Même pas
Les foules bigarrées de non-satisfaits que nous sommes
Sont disparates
Diluées dans les causes nombreuses
Qui nous unissent et nous séparent
Car nous sommes tous de la même chair
Et nous serons poussière bien vite ensemble.

lundi, octobre 24, 2005

Lumière















Photo prise par lui / secret de mon sourire

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Tropiques et polaires (extrait)

Extrait de texte à paraître dans Pause et plaisirs, Planète rebelle, printemps 2006

Mes pieds bien plantés dans mon royaume
là où mon cœur palpite à des visages, des mots et des idées
celles de mes frères, mes sœurs de sang, d'âme et de vie
Je marche, je parle, je médite, je baise, j'aime, j'oublie, je pardonne
avec mes contemporains
Ceux qui croient qui rêvent qui bougent qui dansent qui écrivent qui pensent qui aiment baisent pleurent se cachent crient détestent passionnent
vibrent au ventre

Oui je me sens vivre parmi eux
ici
maintenant
dans un retour total d'après l'exil
qui me donne dans le mile tout l'amour exubérant que j'ai pour cette société métissée superbe d'ouverture d'élan de passion d'idées folles de rêves et de commérages vivants

Oui nous sommes vivants
Fier et fragiles
Nés du passé
De ces racines
Arrimés à une géographie américaine et un climat qui balance entre le tropique et le polaire

Nous sommes tropiques et polaires

Je me faufile socialise
parfois isole
Mais même des visages de rue
de mots échangés en de brèves minutes
Me donnent la force l'espoir les yeux brillants
d'une société qui communique jusque dans les restos sombres et les arrière-boutiques
Je m'emporte pour ces sourires ces mains effleurées ces parfums exubérants
Je vibre à mon monde Montréal
ici je respire le monde entier
En 500 mètres je traverse Port-au-Prince, Singapour, Paris, Taïpei, Marakech, Gaspé, Johannesburg, Delhi, Amos, St-Pétersbourg, Buenos Aires
Tous ces visages et leur histoire
leurs langues comme une musique où s'insère quelques mots communs
Qui sont aussi mes mots

Merde quelle richesse sans limites qui vous coule par en dedans
par le nez par la bouche et les saveurs
plein les yeux dans les yeux

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vendredi, octobre 21, 2005

Révolution (poème)

Extrait de texte (L'emportement, paru chez Planète rebelle, printemps 2006)

Il se détruit, l’homme, et il le sait à peine.
Mais qui suis-je, moi, pour lui dire, lui répéter STOP arrête merde arrête
Tu ne vois pas que tu avales ce qu’il te reste de la beauté du monde comme un glouton qui fast-food le raffinement de ce que nous sommes, tu violes-absurde ce qui nous sommes.
Bordel! Mais combien de temps encore nous reste-t-il vraiment?

L’auto-destruction est amorcée, elle s’appelle capitalisme et tout le monde l’applaudit.
Quelques foules éparses
Ici et là
Essaient de dire un peu plus haut ce bordel de merde qu’on fou partout
Mais c’est comme un cri dans un salon
Une attente inutile
Pendant que les grands s’organisent
Nous organisent
En nous traitant de pacifistes – comme on dirait « inoffensifs »

Insultés?
Même pas
Les foules bigarrées de non-satisfaits que nous sommes
Sont disparates
Diluées dans les causes nombreuses
Qui nous unissent et nous séparent
Car nous sommes tous de la même chair
Et nous serons poussière bien vite ensemble.

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Webzine de cette semaine

Les coulisses du Festifilm "Au moment où on remet la machine en marche dans les écoles secondaires de Lanaudière Yannick B. Gélinas vous propose de visiter les coulisses du dernier Festifilm. Fesse, fesse, fesse, Festifilm, chantent en cœur les cinéastes en herbe. Un webzine 100% ados qui donne envie de faire des films." À voir sur www.SilenceOnCourt.tv

Morceau de poésie

Bon, encore un bout. Je révise ces temps-ci, difficile de résister à mon envie de vous en offrir des morceaux.

Je veux laisser couler les mots comme l'encre des siècles
comme un chant superbe aux mots incisifs
comme une nuit d'amour qui conditionne les sillons de l'âge

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Civisme et étourderie

Hier j'ai fait une gaffe, toute petite. Mais je suis une dame très polie, normalement. On peut demander pardon par blogue? Et si la personne le lit pas, ça compte? Sous un choc de nouvelle amoureuse, j'ai complètement oublié de saluer un ami en quittant l'Agora. Et là, soudainement, je me souviens. Que je suis étourdie.

José Navas et la faim

Vu hier la force et la grâce se déployer des ailes du chorégraphe et danseur d'origine brésilienne José Navas. Entre lui, son corps spculté de lumière et de sueur, et les corps des trois femmes qu'il a dessiné dans l'espace pour nous, "Portable dances" entraîne dans une transe dépouillée. Première fois que je vois ce grand chorégraphe à l'oeuvre, mais au dire de Joss ce spectacle est le premier de danse pure pour Navas. Coup d'encorcellement pour moi, le show se déroule dans un souffle. Très court, presque trop, on est suspendu dans les tournoiements et la précision aquatique des gestes. Les trois danseuses me faisaient parfois presque penser à des nageuses synchronisées, sans le côté kitch. La trame sonore de voix découpées crée des onomatopées rythmiques emaballantes, en synchronicité avec les mouvements des danseurs. De l'électro par la voix. Du bonbon, du bonbon. Pleins de mouvements précis parents du ballet, sans la forme rigide, avec des tas d'histoires d'émotions humaines stylisées sauce contemporaine. J'ai encore faim, j'en prendrai une autre assiette, s'il vous plait.

Regard








Ce sont mes yeux. Numériques, mais mes yeux quand même. Ils vous scrutent jusqu'au fond de l'âme, et ils veulent le bien, que le bien, le partage et l'ouverture. Si vous les fermez, c'est votre problème, pas le mien. Je suis triste des blessures mal assumées et des émotions fausses, des détournements de sens et les douleurs inutiles. À chacun de se parer d'un manteau de paix et de pardon. C'est une responsabilité sociale. Comme regarder les gens dans les yeux. Simplement pour voir le vrai, montrer le vrai. Je n'ai rien à cacher. Je suis entière. Faut assurer. Mais tout en douceur, hein. Tout en douceur.

Montagnes russes

Mes montagnes russes émotives sont parfois épuisantes, même célibataire. J'avais oublié à quel point ouvrir son coeur sur l'autre démultiplie la chose. Surtout sur un coeur vibrant et vrai. Je visite des zones endormies depuis longtemps. Zones de lumières, zones sombres. À relire mon billet "sérénité" publié lundi on me croirait devin. Mais j'ai simplement toujours vécu généreusement ma vie, avec une belle série de cassage de gueule émotifs, d'explorations émotives multiples. Je carbure à l'émotion, je vis à fleur de peau, littéralement. J'ai déjà écrit: "ma vie avance, et ma collection de petites cuillers s'agrandit" comme dans l'expression se ramasser à la petite cuiller. La vie comporte son lot de beauté, de conscience aigue, de douleurs déployées. Les engagement de la trentaine sont différents. On s'engage à se conjuguer à tous les temps de l'autre, résoluement ancrés au présent.

mercredi, octobre 19, 2005

Adieu Samuel

Un cousin de mon père s'est enlevé la vie la semaine dernière. Je ne le connaissais pas personnellement. Mais quand la mort tragique frappe, on se pose toujours des questions. Cet homme était père de 4 enfants, âgés de 8 à 22 ans. Il avait fait le tour du monde pendant un an avec sa femme, la cousine de mon père, et leurs enfants. Une expérience incroyablement riche. Ils étaient revenus depuis 2 ans. Mais cette vie passionnée n'empêchait pas cet homme d'être en proie à une nouvelle et forte vague dépressive. Il s'est pendu. Il est parti. Mais pourquoi? Nul ne peut juger son geste, révélateur de détresse. Il était suivi par un psychiatre qui n'a pu l'aider à éviter le pire. Et la vague de questions associée à de tels gestes refait surface: aurait-on pu empêcher son geste tragique? Comment effacer toute culpabilité sociale? Est-ce un geste de grand courage ? Ou serais-ce une grande lâcheté que de s'enlever ainsi la vie, laissant derrière lui sa femme et ses jeunes enfants? Selon moi, on ne peut juger quelqu'un en proie à une si grande détresse qu'il s'enlève la vie. Mais ces questions surgissent, qu'on le veuille ou non. Ma mère a parlé avec Maryse, la femme du disparu. "C'est son choix" s'est-elle contentée de dire. Je lui souhaite de tout coeur, à elle et sa famille, de trouver la paix, le pardon et un nouvel équilibre.

Échanges (poème)

Ici un morceau de texte inédit à paraître dans mon prochain recueil PAUSE qui sera publié chez Planète rebelle au printemps prochain. Ce texte parle de vous tous qui me lisez.

Ma bouche / mes yeux cherchent réponse
Elle veut le vrai
Ils veulent l’échange
Pour laisser naître des idées crues et belles
Pour être l’onction témoin des autres
S’offrir-offrande de désir vrai
de partage magnifique
manifestement sincère
en lien fort dans la réponse des autres sur l’écran public
sentiment de faire partie d’une communauté qui rêve encore
qui prends le pouvoir de créer l’utopie
de construire le politique de demain
profondément ancré dans notre modernité technologique
mais vrillé pour vrai aux âmes des autres
connection céleste électronique
de soucis et d’éthique nouvelle se construire pierre par pierre
et passer de l’éran à la réalité
pour mieux revenir à l’écran et souder ce partage manifeste
cette nouvelle société vibrante et moderne
qui aspire à la vie au vrai au réel à l’évolution
qui rêve et qui bâtit ce que nous sommes
tous ce que nous devons accomplir et réfléchir encore
se vriller à l’action et sceller un leg solide à nos enfants éveillés
et surtout se donner le droit de rêver encore

Adrénaline et phényléthylamine

C'est bien connu, l'amour provoque une injection hormonale dans le sang. Dopée naturellement, le corps et l'esprit sont complètement emballés par ces drogues si agréables. Besoin de moins de sommeil, esprit vif, tensions disparues, corps en alerte, impression de grande fluidité, créativité au rendez-vous. Je suis là-dessus en ce moment, et c'est délicieux. Parfait état d'esprit pour donner le coup de grâce à mon projet Plaisirs...

mardi, octobre 18, 2005

Film de l'ONF: Un quartier à livrer

Mardi prochain le 25 octobre à la maison de la culture Maisonneuve (4200 rue Ontario Est, Montréal) lancement du film de Feroz Medhi "Un quartier à livrer" à 19h30 (production ONF)

J'ai terminé le montage de ce film il y a plus d'un an. Je suis contente qu'il sorte enfin. Le film se penche sur le problème de pauvreté dans le quartier Hochelagua-Maisonneuve à Montréal. C'est le point de vue de Feroz Medhi, indien d'origine et militant politique, qui se questionne sur la pauvreté au Canada.

Entrevue avec Feroz à Macadam Tribus

lundi, octobre 17, 2005

Outiller la relève artistique

La semaine prochaine (jeudi 26) se tiendra à la maison de la culture maisonneuve (4200 Ontario est) le lancement du projet de réflexion "outiller la relève artistique montréalaise". Projet du Forum Jeunesse de l'Île de Montréal et du Conseil des arts de Montréal. L'objectif du projet est de réfléchir au soutien et au développement de la relève artistique à Montréal. Je sais, c'est aussi (sinon plus) un besoin criand en région, mais le taux d'artistes au mètre carré est si élévé à Montréal, et la moyenne salariale si basse, que cette réflexion est diantrement appropriée. J'y serai. Pour info et pour vous inscrire

Sérénité

Laisser la vie suivre son cours. Il n'est pas possible de lutter contre le bonheur. Il vous attrape au détour, là où on ne l'attends pas. [ Tiens, ça me rappelle les paroles d'un vieux disque de Michel Rivard. ] J'adore me faire surprendre pas la vie, et elle s'y prends très bien. Sauf qu'avec la trentaire, et ma collection d'amours blessées, on a un espèce de recul lucide qui ajoutte une délicieuse couche de sens. Quand on tombe, c'est en pleine conscience que la chute comporte ses risques. Mais si on ne fonce pas on ne saura rien de toutes les beautés et les douleurs de la vie. Je ne plonge plus les yeux fermés maintenant. Mes yeux sont ouverts, grand ouverts.

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samedi, octobre 15, 2005

Recette de Grog pour grippe

Tout le monde a eu la grippe. Je pensais y échapper, eh non! Alors voilà j'ai essayé de me soigner avec cette recette de Grog (aussi nommé vin de noël) que j'ai improvisée selon mon souvenir du goût. J'avais bu un très bon Grog lors d'une fête d'hiver allemande à Édinbourg il y a quelques années. Mais ma recette était encore meilleure! À répéter c'est sûr, grippe ou non! Dans une cassorole:

- 3/4 bouteille de vin rouge
- 3 tasses de jus d'orange (j'avais sous la main un jus orange-mangue, délicieux)
- Clou de girofle (5)
- Anis étoilé (2)
- Cardamone
- Muscade
- Cannelle en poudre (ou en bâton)
- Une demie orange en fine tranches
- Zest d'orange
- Zest de citron
- Miel au goût

Faire frémir la mixture pendant 30 minutes. Servir avec morceaux qui flottent dans la tasse. À consommer sous les couvertures devant un bon film, en bonne compagnie préférablement. Dégustez.

vendredi, octobre 14, 2005

Départ!

Ou la la, ça y est! Pixel rouge vient de quitter mon appartement, tout vide sans sans présence. Je suis presque aussi énervée que lui, il sera dans les bras de sa douce dans quelques heures, après longue séparation. J'en connais quelques chapîtres sur les amours à distance, et c'est pas toujours facile, même si ça exacerbe le romantisme de belle façon. Je leur souhaite tout plein de bonheur et des projets à leur mesure. J'ai déjà hâte qu'ils viennent me visiter, mais tous les deux cette fois là! Ou serai-ce moi qui ira faire un tour de l'autre côté de l'Atlantique...

La poésie d'octobre

Hier allée voir show de danse à l'Agora, Danièle Desnoyers et le carré des Lombes, dans un délire pour piano et cinq danseurs "Play it again". Spectacle très ludique et libre, danseurs qui s'éclatent et qui rigolent, toujours agréable en danse contemporaine. Dommage que les éclairages et les costumes ne contribuent en rien à rendre le spectacle complètement emballant. Un bon moment quand même, comme un bon film qu'on est content d'avoir vu une fois. On ne le reverra pas, on l'oubliera un peu, mais on ne s'est pas ennuyé.

Quitte l'Agora, Joss et ma copine Sophie, en visite au Québec depuis sa Normandie natale. Marche de la rue Cherrier vers chez moi, tout le plateau à traverser sous la pluie douce d'octobre, sous la lueur des réverbères oranges des petites rues de Montréal. Suis soudainement soufflée par la beauté de ma ville. Remonte la rue Saint-André et observe les arbres encore verts qui recoivent la petite pluie comme un dernier cadeau avant de mourrir. On dirait que l'automne déploie tous ces charmes avant de s'endormir pour l'hiver. Moi je suis là, à cueillir toute cette beauté forte, le mélange d'urbain doux à saveur de petit quartier et ces grands arbres là depuis plus longtemps que nos grand-pères. Touchée en marchant doucemenet sous mon parapluie aux grosses fleurs bleues (fleur bleue?!). Je m'arrête pour regarder l'arbre, la pluie, le réverbère orangé, la brume et la grande poésie qui se dégage de cette image. Sauf qu'à l'arrêt, ce n'est plus aussi magique. Étrange, non? Alors je reprends ma marche lente, et la poésie revient, puis elle passe comme je passe mon chemin. L'éphémère accentue la force des choses. Tourne à droite sur Marie-Anne, une des plus belles rues du Plateau entre Saint-André et Mentana. Les corniches, les escaliers, les petits jardins avant avec leurs fleurs survivantes dans la nouvelle froidure d'octobre, les chats mouillés qui ne prenent pas la fuite sur mon passage, tant la rue est paisible dans cette nuit douce. J'ai toujours trouvé l'automne d'une grande inspiration.

*

L'image saisie en marchant, me renvoyait à une autre image, captée celle-là dans l'été de mes 10 ans, en voyage au Mexique avec mes parents, backpackers dans l'âme. Nous traversions les montagnes à bord d'un autobus chargé de poules, et je me souviens de voir la jungle sous la pluie défiler sous mes yeux, dans le précipice en amont. La même image, la même beauté, la même force poétique qui m'avait saisi aux tripes. Mes parents m'ont ainsi lègué ce goût de poésie des images, ce goût de découvertes et de voyages. Ils voyagaient avant ma naisssance, ils ont attendu mes 8 ans avant de reprendre leur rythme normal d'exploration internationales, avec un enfant en plus. Mon père répétait toujours que 7 ans étant l'âge de raison, c'était possible de voyager à nouveau, que j'en garderais des souvenirs. Il a eu raison. Grand pied de nez à tous ceux qui se demandaient pourquoi ils m'emmenaient avec eux, inutile fardeau d'un enfant qui ne conservera pas mémoire. Tant et tant m'est restée; ces voyages m'ont un peu fait moi, telle que je suis. Je me souviens de détails marquant, je me souviens de la beauté nouvelle découverte ailleurs, je me souviens des mets si différents qui ont semé le germe de ma gourmandise et de ma curiosité culinaire, je me souviens aussi de la pauvreté sans nom qui soudainement en avait un. J'apprenais la vie, dans toute sa beauté, dans toute sa laideur. Comme quoi il ne faut rien s'empêcher avec des enfants, mais rêver encore et se poser des défits. Il faut surtout rester soi-même, et ainsi leur donner le meilleur de nous-même.

Avant les grands voyages, entre 0 et 8, ils ont parcouru la côte est américaine. Vous avez déjà fait du camping avec un bébé qui fait ses dents? Ma mère se souvient encore très bien d'un été de pluies diluviennes à Virginia Beach, et tous les accessoires de bébé qui flottent dans la tente. Devenue adulte, je suis une amoureuse de camping sauvage et des difficultés (pluie, animaux sauvages, portages en canot) qui me font sourire.

jeudi, octobre 13, 2005

J'aime, j'aime pas

C'est un jeu un peu trop simple, mais qui cache autre chose derrière cette apparente légerté. Ou pas du tout, c'est selon. Du sur-mesure, j'adore. C'est mon petit côté interactif. Bref, j'y joue de temps en temps pour jouer avec le temps. Et ce matin, en relisant des notes éparses pour l'écriture de la narration de mon film, je tombe sur ce petit carnet, avec cette note sans date (il y a 4 ans, peut-être). J'aime.

J'aime:
- Attrapper l'autobus que je croyais rater
- Avoir un crayon (qui écrit) dans mon sac
- Être très éveillée (sans café ou avec)
- Voir un beau garçon (qui me plait) me dévisager
- Rougir (résultante du précédent)
- La pluie sur la rue la nuit
- Le bruit de la pluie sur les feuilles des arbres le dimanche matin la fenêtre ouverte
- La visite surprise
- La télépathie de ma mère
- L'odeur des feuilles humides
(bon, j'ai un peu triché, j'en ai rajoutté à la liste originale)

J'aime pas:
- Me faire énerver par un vendeur
- Vomir sur le plancher (ou dans ma main)
- Être en retard (ça se soigne?)

Du blog à la réalité

Cette semaine je passe du blogue à la réalité, car Pixel rouge squatte mon salon avant de prendre son avion vendredi pour traverser l'Atlantique et rejoindre sa belle Perrine. Nous avons presque poussé l'audace jusqu'à se connecter pour chatter côte-à-côte dans mon bureau. Sorte d'alignement des astres, les hommes-amis (voir populaire billet sur amitié homme-femme) convergeaient vers moi. Visite impromptue et chouette de mon ex, le Conteur, venu dire bonjour et causer projets. Comme d'habitude, rencontre énergisante et nouvelles idées sont nées. Vous verrez cela au prochain Festival De bouche à oreille en avril. La journée c'est poursuivie avec une autre impromptue et joyeuse visite d'un homme-ami catégorie des ex (de mes 15 ans!), le Fromager. Coincidence encore, mais un peu seulement, car il est mon nouveau voisin.

Ensuite direction classe de ballet où j'ai perdu ma concentration un moment: "fondu, coupé, piqué, jetté, plié, pirouette" Fou rire interne, perte d'équilibre. Je pensais à mon prochain billet à écrire, avec une sorte de joie inexpliquée. À mon retour vers la maison, je savais que Pixel rouge m'attendait avec un souper d'automne pour célébrer son départ. Il avait aussi une anectode savoureuse pour moi, simplement, comme ça. Le téléphone avait sonné, il avait répondu, provoquant un silence interdit de la part de l'interlocuteur à l'autre bout du fil, comme tous ceux qui m'ont téléphoné cette semaine. Dans leur silence toujours ce doute: "mais, grand Dieu, un homme qui réponds au téléphone chez Yannick" hihi. J'adore cette douce provocation toute innofensive. Mais ce téléphone-là était particulièrement savoureux, car c'était un ancien ami-amant (qui ne lit pas ce billet, je suis prête à le parier) avec qui l'histoire c'est mal terminée. Étrangement, il persiste à me rappeler, comme s'il oubliait toute la méchanceté de ces derniers délires. Sans esprit malin de ma part, c'était simplement agréable qu'il téléphone au moment même où une voix masculine pouvait décrocher avec bonhomie et dire: "Yannick? Elle est à sa classe de ballet...." Ahhhh. La vie fait bien les choses.

mercredi, octobre 12, 2005

Riz équitable

PUB : " Le riz équitable arrive au Québec ! Le 16 octobre prochain, entre 11h et 15h, venez célébrer le lancement de notre nouveau riz équitable à la Place centrale du Marché Jean-Talon. Invitation à déguster des délices préparés avec du riz équitable ! " Pour voir l'invitation

mardi, octobre 11, 2005

Forces des faiblesses

Aujourd'hui dans ma pratique de Yoga nous avons réfléchi à nos faiblesses qui deviennent force. Nous avons tous des éléments de notre personnalité ou de notre corps qui apparaissent tout d'abord comme des défaults. Mais quand on y pense, ils peuvent se transformer en qualité alors qu'on les apprivoise. Nos défaults nous amènent à se dépasser. Des exemples? Je suis fébrile de nature. J'ai longtemps souffert de ma grande nervosité, mais canalisée et maîtrisée (j'y arrive parfois!) cette énergie est très productive et vivifiante. Un autre exemple: mon hyper-sensibilité. Elle se déploie tant dans mon corps que dans mes émotions. Mais j'ai appris à la dompter avec le temps, et à en faire un élément constructif dans ma vie. Sensible mais forte, maintenant. Sensibilité canalisée dans la création: l'écriture, le cinéma, le chant, la danse, la vie! Ok, on comprends. Mais maintenant, si on pense à un défault non-résolu, c'est plus difficile. Je manque de discipline, ok bon. Comment tirer du positif de cela? La contre-partie positive de mon manque de discipline: je suis viscéralement libre, dans mes pensées, dans mon corps. Mais maintenant, si on veux dompter cette indiscipline, c'est possible? Est-ce que discipline et liberté peuvent se conjuguer harmonieusement?

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lundi, octobre 10, 2005

Compositeur demandé

En clair, je veux chanter mes poèmes. Depuis longtemps. Depuis mes premiers essais sur scènes il y a 10 ans. Depuis que j'ai senti la tension électrique entre mes mots contés et le public. Mes mots comme un cadeau, leur rythme, leur robe et leur sens, donné en pâture au public qui est là pour cueillir. À chaque fois, ou presque, un immense plaisir. Le trac avant la scène, bien sûr, mais une fois derrière le micro que du plaisir pur, vrai, vibrant. Et plaisir communicatif, à en juger par les commentaires reçus après. On m'a taxé d'énergie de rockeuse un soir au Lion d'or. Beau compliment pour une poète. On m'a demandé de mettre ma voix sur cassette, pour le plaisir de l'entendre à nouveau (une grand-mère qui m'avait entendue à la radio). En spectacle à l'Institut français d'Edinburgh, au sortir de la scène, après mon show solo d'une heure (avec la guitare électrique et les ambiances sonores du talentueux Jean-David Caillouet), j'ai signé des autographes alors qu'on me demandait si j'étais en tournée européenne. Et puis la rencontre heureuse de mes tableaux interactifs, de mes vidéos d'art et de danse, et de mes mots sur scène l'an dernier lors de la journée mondiale du livre en spectacle à la maison de la culture du Plateau. Projections multimédias, et moi sur scène qui performe. Je me rapproche de mon but.

Maintenant je chante depuis plus d'un an avec Karen Saint-Laurent. Karen m'a beaucoup appris sur la voix par son approche très spirituelle du son, combinée avec le yoga. L'an dernier, Karen met la main sur mon livre, me propose de chanter mes textes. Joie. Elle a une voix magnifique. Puis le temps passe, les projets défilent, la vie aussi. Son idée tombe un peu dans l'oubli, faute à personne. Cette semaine, Karen me fait un compliment au sortir du cours de chant: "Tu assumes ta voix, maintenant." Je souris. Et puis, le top de l'évidence: "Mais pourquoi tu ne les chantes pas toi-même, tes textes?" Oui, pourquoi je les chante pas moi-même mes textes? J'en rêve. Mais je n'ai pas de musique dessus, je ne sais pas comment m'y prendre. Je chante, je danse, mais je ne joue d'aucun instrument. Alors voilà, ça prends un compositeur qui pourra écrire des mélodies à mes paroles, c'est tout. Je veux un croisement de Jazz et d'électro. Du piano, du rythme qui prends aux hanches. Je danse aussi, vous savez. Mais sur mes mots je rêve de voir les autres danser. Je suis ouverte aux propositions.

Mots et musique

Je me balise de poésie
J'inspire un souffle d'automne grand comme la mer
Un océan de houle entre des saisons bousculées
Je cherche de la musique pour mes mots
Entre les lignes de ma vie
Un souffle, un murmure, une vague de ville
L'urbain tapissé sous mes pieds comme un plancher de vie
Je marche vers la mélodie
J'appelle le rythme
Je me balise de poésie

Paix (ou la maison d'Alice)















J'ai trouvé la maison d'Alice. Je n'ai pas traversé de miroir, elle était là, au fond d'un jardin.

dimanche, octobre 09, 2005

Se faire plaisir avec des livres

Aujourd'hui je me suis fait plaisir. Ça aide à faire passer l'automne et la froidure qui s'installe enfin sur la ville. Je me suis achetté trois bouquins que je désirais:
- Le murmure des fantômes, où Boris Cyrulnik parle du concept de résiliance, en expliquant avec la vie de Marilyn Monroe et Hans Christian Handersen.
-Vivre, la psychologie du bonheur. Nourriture nécessaire à mon projet Plaisir, et à ma vie tout court. Tellement inévitable comme bouquin pour moi, surtout avec ceci écrit sur la jaquette: "Heureux qui n'a pas encore lu Vivre, il a devant lui des moments de plaisir intense" David Servan-Schreiber
- L'art du bonheur, écrit par le Dalaï-Lama. Sans commentaires.

vendredi, octobre 07, 2005

Choses perdues

Mon ami Étienne a perdu son passeport, alors qu'il déménage en France dans 2 semaines pour rejoindre son grand amour. Ce qui m'a fait penser à ces choses perdues, dans la vie. Je me souviens avoir perdu un bébé shtroumf jaune quand j'avais 6 ans. Je crois que je l'ai cherché pendant au moins 3 ans sans succès. C'est drôle je n'ai jamais pensé en rachetter un, simplement. J'aimais tellement ce petit shtroumf. Je ne sais pas si j'en retrouverai un pareil maintenant. J'ai aussi perdu une boucle d'oreille de ma barbie (un diamand) sous le lit d'un hotel des Laurentides alors que j'étais en Vacances de ski de fond avec mes parents. C'est étrange comme je me souviens avec précision du sentiment de quitter les lieux en laissant quelque chose de très précieux derrière. Depuis, j'ai appris le lâcher-prise, heureusement...

Je sais, je sais, je l'ai déjà dit ailleurs, mais je voulais en parler ici

jeudi, octobre 06, 2005

Fred Pellerin

J'ai traîné mon blues d'automne en bas de la côte jusqu'au Lion d'or pour voir Fred Pellerin, grand conteur. Il m'a fait rire à s'en taper sur les cuisses, m'a chaviré avec ses chansons toutes simples et sa grande poésie haute en couleur. Il enfirouape avec les mots tout en délicatesse, un raz de marée subtil d'histoires et de parlure dorée. Le public séduit en redemande. On sourit en entendant ce public très large content de se faire conter. Un public habitué aux humoristes, charmé par des mots, des images, une musique dans la tête et un humour intelligent. La révolution par l'art, ça se peut. Merci Fred. Son nouveau livre vient de sortir chez Planète rebelle.

L'espoir de la jeunesse

Bon voilà un cliché, me direz vous. Mais quand même, il faut remettre les pendules à l'heure. Les jeunes ont tellement mauvaise presse. On dit des adolescents qu'ils sont paresseux, démotivés, ingrats, mal informés, passifs. Mais quand on les écoute on voit la vérité: ils sont bouillonnants, pleins de projets et de rêves, et courageux. Je prépare un reportage sur un festival de courts métrages dans les écoles secondaires: le Festifilm. Ces jeunes ont soif de reconnaissance, ils sont pleins de talent. Il faut simplement leur donner l'occasion de se dépasser.

Je porte une robe d'été en octobre

La légerté du temps est alarmante. J'ai entendu les oies passer au dessus de chez moi ce matin. Je suis tellement heureuse d'être sur leur route. La ville est un hasard pour elles. Le passage des oies vers le sud me rappelle que c'est la neige qui devrait être la prochaine étape dans le cycle des saisons. Les feuilles jaunissent et tombent dans l'air chaud de la ville, sous le soleil perplexe. Je n'ai pas envie de l'hiver. Ça me plait de travailler la fenêtre grande ouverte encore. Mon ami et voisin A. passe devant chez moi, un petit bonjour, on se raconte une tranche de quotidien. Hier il cherchait une idée car il s'occupe de la cérémonie pour marier une amie. Il est revenu de la librairie avec un recueil de Gaston Miron en main. Il avait trouvé. La poésie donne des questions assez grandes pour un moment important comme un mariage. C'est très étrange de se marier en 2005. Je crois que je le ferai aussi, quand même, si j'en avais la possibilité. Mais je suis si bien seule. C'est presque dangeureux. Serai-je capable de partager ma vie à nouveau, après toute cette quiétude, cette paix vaste et immense de la solitude? Chez moi jamais de cris, que mes chansons qui résonnent, mes pas de danse sur le plancher de ma cuisine, ma musique à fond, mes délires et mes grands jettés dans mon corridor interminable d'appartement montréalais. Tous ces amis qui me visitent en riant, en me confiant leur peine dans l'intimité de mon salon où je les reçoit, seule. Jamais je n'ai été si heureuse que dans ma solitude amoureuse entourrée d'amis. Et si ma vie c'était cela pour toujours? On dit souvent que nos créations sont nos enfants. Et si mes projets devaient être mes seuls enfants? Je devrai l'accepter, c'est tout. Mais le temps est bon, je suis jeune encore, et ma porte est ouverte avec toute cette chaleur...

Révolution!

Dans le journal La Presse de cette semaine, deux nouvelles, un lien trop choquant:
1) La mission Old Brewery, refuge pour sans-abris, risque de fermer ses portes pour manque d'argent. Un déficit prévu de 800 000$ pour l'année à venir l'empêchera d'offrir les quelques 170 lits au plus froid de l'hiver aux hommes démunis.
2) The Wrold, un paquebot de grand luxe pour gens riches, offre des chambres à 4000$ par jour. L'achat d'un appartement sur ce navire en coûte 2M$ (pour 2 personnes). Probablement en US$.

L'absurdité des inégalités me laisse sans souffle. À quand la révolution?

mercredi, octobre 05, 2005

Nouveau venu

Voilà que mon ami J. a son territoire virtuel: Pieds dans l'eau, tête en ville Bienvenue!

mardi, octobre 04, 2005

Besoin de communauté

Merci à l'Internet qui me permet de me sentir connectée à un réseau véritable (avec des humains qui répondent, via les blogues, via msn, via des courriels). Mais après moults discussions ces derniers jours avec différentes personnes, force est de constater que j'ai un vif besoin d'humains en chair et en os. Je rêve d'avoir un espace communautaire pour travailler, échanger, bâtir. Je sais que Patricia a des projets en ce sens. En attendant il me reste le EEP (Entraide Entre Pigistes) dont ma principale partenaire Eza Paventi me fut d'un grand secours encore cette semaine. J'ai présenté la dernière version de mon film Plaisirs à Eza, et nous avons brainstormé. Elle a eu une idée géniale, je l'en remercie. Il ne me reste plus qu'à écrire la narration maintenant. Il y a un spécialiste des écritures de narration pour les films dans la salle?

lundi, octobre 03, 2005

Jardin Botanique de Montréal















Hier le jardin botanique de Montréal déployait ses slpendeur sans savoir que l'été est terminé. J'ai craqué pour le jardin des premières nations, si plein de bois, de vérité, et si près de moi. Pourquoi on apprends rien de la culture autochtone à l'école?

dimanche, octobre 02, 2005

Vidéo prise de tête!

Voilà un extrait du vidéo que j'ai fait avec Paul-André Fortier et James Hyndman. Il n'est pas terminé, viendra la voix de James avec un texte d'Henri Michaux.

samedi, octobre 01, 2005

Musique en plein air

Le festival (un autre!) Orgue et couleur présente un concert de mon amie Marcelle Deschênes. "Aux sons des chants d’oiseaux d’Europe et d’ici, la sagesse de textes anciens rendue par des enfants d’aujourd’hui dans une étonnante installation. Au programme: œuvre électroacoustique conjointe de Marcelle Deschênes et Bernard Fort." À entendre jusqu'à demain. Je vous en reparle.

Jury à Jolilette

Je suis membre du jury pour un concours de films dans les maisons des jeunes. Les ados ont choisi d'aborder des sujets délicats. Le gagnant sera connu ce soir... et je donnerai le prix. À suivre.

Amitié homme-femme

Oui elle est possible cette amitié. J'en discutais hier avec Sylvain. Moi je le sais car j'ai des amis garçon. Mais c'est sûr qu'il faut mettre toute ambiguité de côté. Sinon il finit toujours par y avoir un doute d'un côté ou de l'autre. Pour chasser les incertitudes il y a plusieurs moyens. Premièrement être clair, envers soi-même et envers l'autre (ce qui n'est pas toujours évident, surtout envers soi-même, faut savoir ce qu'on veut). Il existe des cas simples où tout il est plus facile d'être ami avec un homme quand on est une femme.
1) Les amis gais : franchement des hommes, dans toute leur masculinité, avec un certain rapport de séduction amical, mais aucune ambiguité amoureuse possible.
2) Les amis en couple: ceux-là sont heureux dans une relation épanouie, ils aiment une femme déjà, et ils ne laissent pas de doute ou de flirt indécent planner.
3) Les vieux amis: ils sont depuis toujours dans votre vie, comme des frères et aucun doute n'existe. Sauf le jour où l'un des deux fait une grande déclaration...
4) Les amitiés où il n'y a pas d'attirance physique: soit par la différence d'âge ou par certains critères physiques, tout est clair, l'amour ne pourras pas se développer.
5) Les hommes de la famille: les liens familiaux clarifient tout et ne laissent aucune place aux flous.
6) Le choc des valeurs: ces amis si différents de nous que nous n'en seront jamais amoureux (ex. style de vie différent, valeur politiques diamétralement opposées, goût et préférences trop différents, philosophie de vie différente, etc)
7) Les attentes / le timming : ces amis qui ne veulent pas la même chose que vous au même moment. Vous êtes volages: ils veulent l'engagement. Vous voulez l'engagement: ils sont volages.
8) Les rendez-vous manqués: la suite du précédent, mais les années ont passées, et il est trop tard pour refaire l'hisoire.
9) L'ami-frère: depuis le début la complicité est fraternelle, le lien est solide et franc, il ne tourne pas autours de la séduction. Cas parfois le plus difficile à trancher.
10) L'ex: la relation amoureuse est consommée, tout est dit, on a fait le tour. Maintenant on peut être des amis, plus de secrets à cacher!

J'ai oublié quelquechose? (vous avez remarqué ce billet change constamment, j'ajoutte des # à mesure que je pense à mes amis... comme quoi ça se peut l'amitié homme-femme!)

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Trois générations: Jean-Claude Gallotta

J'ai eu la chance de voir hier ce spectacle qui met en scène trois générations de danseurs, qui interprètent la même chorégraphie tour à tour. Cadeau. Des enfants de 8 à 10 ans nous offraient une performance de haut niveau. Très impressionnant de voir ces petits corps exécuter des pas d'adultes, des mouvements d'adultes, de la véritable danse contemporaine. Le plaisir qu'ils avaient à danser les mouvements ludiques de Jean-Claude Gallotta était contagieux. Leur présence forte sur scène me prouvait que la qualité et la présence d'un interprète dépasse l'âge, c'est une question de personnalité, une façon particulière à chacun d'habiter son corps et l'espace. Le jeune Auguste Nganta, 8 ans et demi, était incroyable. Des gestes d'une précision inouie (surtout pour un enfant) et un talent évident pour avec ce que Paul-André Fortier appelle "l'esprit de danseur". Les danseurs séniors, âgés de la soixantaine, étaient d'anciens danseurs retraités qui retrouvaient la scène avec un plaisir et un sourire éloquent. Leur charisme et leur maturité rendaient leurs mouvements d'une incroyable sensibilité, touchants dans leur vulnérabilité. Yo Xakabe (54 ans) m'a particulièrement envoûté par sa forte présence et sa façon unique de bouger dans l'espace. Les éclairages et les costumes simples donnaient toute la place aux interpètes.

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