samedi, avril 30, 2005

Utopie politique (PHU)

Il y a quelques années, dans un taxi avec mes amies Patricia et Nathalie, je donnais à la blague les grandes lignes de mon Parti politique Hautement Utopiste (PHU). Elles m'annoncaient sans ambages qu'elles voteraient pour moi demain matin. Souffle d'espoir et d'utopie. Un pas vers la RÉVOLUTION PACIFIQUE. Voici les grandes lignes de mon programme:

  1. Prorité à l'éducation: refonte avec emphase sur l'enseignement des langues, de l'histoire, de la culture et de la technologie. Enseignement de 3 langues obligatoire. Développement des écoles alternatives. Enseignement du Yoga obligatoire dès le primaire.
  2. Établissement d'un barème mondial d'agriculture biologique
  3. Mise en place de lois pour contrôler les multinationales et imposer sanctions et pénalités face aux abus sociaux et environnementaux. Pénalités fiscales sévères réinvesties dans les systèmes d'éducation et de santé. Démantèlement de monopoles néfastes.
  4. Normes environnementales très sctrictes. Kyoto? Ce n'est rien comparé aux normes à mettre en place.
  5. Développement du transport écologique. Mise en place d'un solide réseau mondial de trains. Financement d'un système non-polluant pour voitures écologiques carburants au chanvre. Exemption fiscales pour tous usagers utilisant des systèmes non polluants.
  6. Développement d'un plan d'urbanisme écologique / restructuration des banlieues / développement de logement social
  7. Protection des rivères et lutte contre la méga-agriculture. Subventions aux petits producteurs agricoles utilisant des techniques écologiques. Démentelement des super-puissances agricoles.
  8. Augmentation des subventions à la culture, stratégie long terme.
  9. Subvention au développement de l'énergie solaire et éolienne, subventions de recherches importantes pour le développement des énergies revouvelables.
  10. Mise en place d'une commisson d'enquête sur les abus de pouvoir des compagnies pharmaceutiques.
  11. Développement d'une médecine alternative et préventive à grande échelle, intégration de ces médecines à notre système de santé.
À vous maintenant, ce programme politique est en construction. J'attends vos commentaires; ce programme se modifiera, grandira, s'éclaircira au fil du temps.

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La fatigue

"À quoi reconnaît-on les gens fatigués. À ce qu'ils font des choses sans arrêt. À ce qu'ils rendent impossible l'entrée en eux d'un repos, d'un silence, d'un amour. Les gens fatigués font des affaires, bâtissent des maisons, suivent une carrière. C'est pour fuir la fatigue qu'ils font toutes ces choses, et c'est en la fuyant qu'ils s'y soumettent. Le temps manque à leur temps. Ce qu'ils font de plus en plus, ils le font de moins en moins. La vie manque à leur vie. Entre eux-mêmes et eux-mêmes il y a une vitre. (...) La fatigue est en eux comme une nostalgie, un désir impossible. "

Christian Bobin, Une petite robe de fête, Et qu'on le laisse en paix
collection Folio, édition Gallimar, 1991

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jeudi, avril 28, 2005

Big Sur my love


Photo: David R. Halliday
Big Sur, California (at dusk)

L'intensité de ce lieu est difficile à décrire. Quelque chose nous dépasse. La beauté des lieux, le mélange entre pins et palmiers, le caractère sacré amené par la beat generation, les oiseaux, la mer magnifique, les routes sinueuses, la brume enveloppante, les falaises incroyables. Respirer à Big Sur aide à reprendre son air. Quelqu'un a un billet d'avion?

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mercredi, avril 27, 2005

Migraine et ostéopathie

Le miracle semble se poursuivre pour moi: l'ostéopathie m'aide à soigner un problème vieux de près de 15 ans. Le nom de mon médecin? Jean-Luc Géhant 514-287-9024 (3875 Rue Saint-Urbain, en face de l'Hotel-Dieu)

Je me suis maintenant achettée un bouquin sur l'ostéopathie, je vous écrirai à ce sujet après mes lectures. Vous avez vu l'article dans La Presse de dimanche dernier? Cela démystifie beaucoup leur travail d'horlogers du corps humain, malheureusement méconnu. En bref: nous pouvons avoir pleinement confiance, ils sont compétents et bien formés.

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Le hasard 2

hasard romantique _ J'ai pratiqué une chanson dimanche. J'ai marché sur la rue lundi, j'ai entendu ma chanson qui résonnait sur la rue mouillée. J'ai souri.

hasard panique _ Mardi je suis restée prisonière dehors en compagnie de cinq compagnes, ne pouvant entrer à notre local de Yoga. J'ai alerté la ville entière, inquiète pour ma chère Rocio qui ne se trouvait mystérieusement pas là pour donner son cours. Son mari est arrivé, au bord des larmes. Je lui ai recommandé de téléphoner dans les hopitaux afin de retrouver sa trace. Panique dans ses yeux éplorés. Mais nous avons découvert plus tard que Rocio était bien là, respirant et s'étirant, dans notre local paisible face au carré Saint-Louis. La porte avait été vérouillée par erreur. Kharma? La vielle, son mari avait été abscent sans donner de nouvelles alors qu'il était chez des amis qu'elle ne pouvait joindre. Elle s'était inquiétée terriblement, au point d'avoir songé à téléphoner à la police. Fera-t-il le lien entre les deux évènements? Moi je l'ai fait...

hasard artistique _ voir histoire Le hasard avec mon amie Dominique

Étienne G. nous rappellait si bien ces mots de Paul Eluard: "Il n'y a pas de hasards, il n'y a que des rendez-vous"

mardi, avril 26, 2005

Vivante (poème)

Un vent de hasards balaye ma vie enfin
Un souffle chaud inspire chaque pas à se poser encore
Devant
Le regard plein Le ventre vibrant
J'attendais tout près d'un sentier où la mousse roule
Où j'entendais la mer et le sable les yeux fermés
Maintenant mon pas reprends
Je vois la mer la houle et même le vent chaud

En bouche un goût de printemps et de vie
La sève monte et le monde tremble
Devant la beauté sidérante
Je me tiens droite les yeux enfin ouverts
Fixant le vent brûlant (vivante)

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lundi, avril 25, 2005

Le hasard

Aujourd'hui je lisais mon journal sur ma galerie, observant les chats de la ruelle se réapproprier les territoire maintenant que l'hiver a fondu. Quelle surprise que d'entendre quelqu'un crier mon nom: Yannick! Mon amie Dominique Richard, artiste-peintre de talent, était en visite chez un ami, qui est mon voisin de cour!

Depuis des mois nous nous promettons de revoir ensemble des images que j'ai tournées d'elle en 1998. Puisque j'ai vécu quelques années en europe, ces cassettes étaient un peu tombées dans l'oubli dans mes cartons poussièreux, nous n'avons jamais revu ce matériel. Mais voilà que nous sentons soudainement l'urgence de regarder cela.

Des entrevues pertinentes sur ses créations, sa vie d'artiste, son chemin vers la peinture, son processus de création. Des images magnifiques, tournées en format portrait, comme une toile. Des moments touchants, du bon matériel documentaire, quoi. Puis nous réalisons un hasard encore plus grand: cette entrevue a été tournée le 23 avril 1998. Nous sommes le 24 avril 2005. Mais est-ce vraiment un hasard?

Radio Haitienne 2 / poésie

Retour de la radio: expérience toujours enrichissante de parler aux auditeurs qui furent touchés par mes mots. Une dame de 78 ans, Cécile Deveaux, dit m'avoir écoutée les yeux fermés, les mains sur les yeux, les oreilles toutes proches de son poste de radio. Elle a particulièrement été touchée par mon poème "odeur de ruelle" qui parle de Montréal, sa ville. Elle m'a prié de faire entendre ma voix plus souvent. Avec plaisir, madame. Mon prochain recueil est en route, et je prévois une partie de textes audios seuls sur le DVD, pour le plaisir des auditeurs. Elle m'a ouvert son coeur de Grand-Maman, et m'a priée d'être persévérante pour l'amour de la poésie, au delà de ses encouragements. Décidément, comme disait McLuan, la radio est un médium chaud. J'adore.

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dimanche, avril 24, 2005

Radio Haitienne / poésie

Tout à l'heure je serai en entrevue à la radio haitienne de Montréal (de 22 heures à minuit). Entrevue, discussions et poésie en compagnie de Arol Pinder. Si vous y êtes, vous entendrez aussi la magnifique musique composée par Jean-David Caillouet (où es-tu JD, en Thailande, en Écosse? J'ai perdu ta trace...). Cette musique fut conçue pour le spectacle solo donné en 2000 à l'institut français d'Édinburgh.

"Dire" ma poésie me manque, et c'est avec grand plaisir que je renoue ce soir avec mes mots en bouche. La dernière fois c'était il y a un an, à la maison de la culture Mont-Royal, pour la journée mondiale du livre. Je ne veux plus attendre si longtemps. Les mots vibrent tant, il ne faut pas les laisser prisionniers dans les livres ou sur des écrans.

Ma poésie?

vendredi, avril 22, 2005

Merci

Chers visiteurs sans traces,

Je veux vous remercier de vos visites, silencieuses. Vous écrivez peu, mais je sais votre passage ici. Plus d'une dizaine de lecteurs par jour, c'est suffisant pour ne pas avoir l'impression du monologue. Vous êtes timides? Ne le soyez plus, réagissez. Un mot, ou deux, suffisent à créer un dialogue. C'est ici que se construit le politique de demain.

Le temps (poème)

Le temps fascine / fait peur aussi / le temps séduit / car vieillir ancre la perspective / et c'est très beau / avec la mort au bout / qui vient aussi peut-être avant / ce passage d'infinie beauté cruelle qu'est la vie / le temps flotte / s'effrite / s'allonge parfois / gardien de tout cela / crieur public de notre éperdue absurdité / indéfinissable / insaisissable / là réside sa beauté/ croquer chaque seconde / laisser fondre en bouche les minutes / sans amertume / sans regrets / sans nostalgie / la mémoire n'est rien / l'histoire n'existe pas / ou si peu / l'humainerie oublie si vite / tout est contenu dans un seul souffle /

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Ici et maintenant

Parfois j'ai cette étrange impression d'être dans le futur. Je suis adulte? Tiens quelle surprise. Et la vie que je mène ressemble (parfois) à un rêve d'enfant. La liberté, la création, l'amitié, les projets; tout cela m'apparait (aujourd'hui) comme un merveilleux cadeau de la vie. Je me sens solide, ancrée dans mon présent, résoluement tournée vers l'avenir. Le printemps m'amène un tourbillon de projets et de nouvelles propositions artistiques, et elles m'emballent toutes. Me voilà donc revenue en piste, après de longs détours émotifs qui m'embourbaient dans la poix. Quelle facheuse habitude que d'être bien uniquement quand je suis célibataire! À croire que je suis faite pour cette vie en solo, sans personne dans les pattes pour me distraire de la création, de moi-même, des mes buts. Soupir. Pourtant je persiste invariablement à tomber amoureuse. Ne peut-on simplement pas être amoureux de la vie, point à la ligne?

jeudi, avril 21, 2005

Migraine guérie?


La rivière Richelieu glacée en janvier

La douleur est sournoise, elle s'installe doucement. Elle attaque un côté de la tête derrière l'oeil, mais affecte le corps entier. Épuisement, lourdeur, membres engourdis, pensées floues, vision floue, odorat hypersensible, audition amplifiée, perceptions déformées, nausées. On devient "out of order". Ceux qui me connaissent m'ont souvent vue m'éteindre (mon rideau tombe) avec de sérieuses migraines. La peur du mal plane: l'épée de Damocles toujours au-dessus de la tête...

Puis peu à peu on se résouds, on modifie ces habitudes qu'on identifie comme les causes du mal. On sort moins, on devient sage, on mange mieux, on fait régulièrement du sport, on cesse de fumer, de boire. Tout cela est bel et bon, me direz vous. Oui, dans une certaine limite. Ces dernières années, j'avais l'impression d'être entrée en religion. Entre habitudes de vie saines et vie cloitrée, il y a tout de même une différence. Surtout que toutes ces bonnes habitudes ne réglaient pas tout. Des migraines, j'en avais encore. Une madame lourdement parfumée s'assoyait près de moi au cinéma? Je ne voyais pas la fin du film: migraine. Un bon show la musique dans l'tapis, un bar enfumé ou une gorgée de vin pour goûter donnaient le même résultat: migraine. J'étais pris au piège, devenant asociale pour éviter le pire.

Puis a commencé la rumba des traitements: yoga, acuponcture, réflexologie, shiatsu, ostéopathie, naturophatie, médecine traditionnelle. J'ai même eu une rencontre à la clinique de la migraine de Montréal (financée par des grandes compagnies pharmaceutiques): la catastrophe. Après cinq minutes dans le bureau du médecin, il avait son crayon en main pour me faire une prescrition de médicaments anti-épileptiques. Effets secondaires: perte de poids, chagement d'humeur, légère modification de la personnalité. Quoi!? No way!

Après l'épisode de la clinique, j'ai persisté à trouver une solution naturelle. Pourquoi les migraines s'amplifiaient-elles, il devait y avoir une raison logique. J'ai vu quatre ostéopathes avant d'en rencontrer un qui a pu faire la différence. Il y a un mois de cela. Il a trouvé une déformation à ma colonne vertébrale au niveau du cou. Cela coupe la circulation sanguine vers l'estomac et le foie, mais aussi vers la tête. En période de stress le mal s'emplifie.

Tout cela fut redressé en deux séances: je me sens radicalement mieux! Je suis guérie? La tentation est grande de crier victoire, mais je dois être patiente. De toute façon je suis patiente depuis près de 15 ans... En attendant, je peux maintenant boire une bière fraîche sur une terrasse au soleil, sans risquer de mal de bloc qui tue!

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mercredi, avril 20, 2005

Action!


Ma grande amie Eza Paventi, en tournage dans une réserve amérindienne de notre nord québécois pour le projet Wapiconi Mobile (voir www.onf.ca dans la section aventure).

mardi, avril 19, 2005

Bobin

"Ce n'est pas pour devenir écrivain qu'on écrit. C'est pour rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour."
Chritian Bobin, La part manquante

lundi, avril 18, 2005

inspiration


J'ai croqué ici les couleurs abandonnées par un artiste coréen à Séoul
Sous la pluie elles vibraient si fort elles devenaient l'oeuvre elle-même

Pour moi maintenant elles résonnent encore
(je ferme les yeux pour qu'elles me guident)

vendredi, avril 15, 2005

Vision du bonheur

Pensée volée sur le site de Jacques Languirand:
" La vie est ce qui vous arrive quand vous avez d’autres plans. La vie est dure et pénible, mais ce n’est pas une raison pour être désespéré. Une des quatre nobles vérités du Bouddha nous dit que «l'attachement est souffrance». Il y a une différence entre la douleur et la souffrance: la douleur est inévitable, la souffrance est optionnelle. La souffrance est ce qui arrive quand on lutte contre ce qui se passe. "
La vision bouddhiste du bonheur: C'est plus simple que vous ne le pensez, Sylvia Boorstein, éditions Dangles.

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jeudi, avril 14, 2005

Compost qui pue pas

Le secret d'un compost sans odeur? La recette est simple! Vous la trouver sur le site du conseil canadien pour le compostage. C'est le temps, avec le printemps, de courir à votre éco-quartier pour vous procurer pour 25$ un bac à compost domestique qui corresponds à vos besoins.

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mercredi, avril 13, 2005

Le choc des saisons


photo: David R Halliday / oct 2001 / Big Sur California

Tentation trouble de fermer les yeux
les pieds-racines fondu à même le sable humide
ici sur une plage californienne
le temps me passe dessus et je reste calme
suspendue dans un moment d'éternité
perdue entre les fuseaux-horraires

lundi, avril 11, 2005

Ciel ouvert

Action contre l'angoisse (poème)

Faire fondre l'angoisse en murmures et en souffles
en notes feutrées se rassurer
la vie bat son plein
On happe la patience paradoxe
se croisant les doigts pour ne pas manquer le train

Les yeux se ferment le sourire s'installe
conviction intime de suivre la route du droit chemin
Mais sinueuse à contre-courant
Son secret de beauté de force dans l'action
Le tempo nous emporte dans le paysage

Place publique

Le Québec meurt d'envie d'avoir de vrais débats sociaux. Et voilà qu'on se questionne sur le renouveau du politique, encore secoué par des scandales financiers peu surprenants.

La nature humaine a peu de chance de changer, mais l'orientation globale de notre gouvernance est une responsabilité collective. En clair: des tricheurs, des menteurs et des hypocrites tenteront toujours de s'approprier le pouvoir à des fins personnelles, ou pire encore, à des fins idéologiques malsaines pour le peuple. Mais avons-nous droit à un espoir?

Samedi soir, soirée en présence des conteurs du Festival bouche à oreille j'ai reçu une superbe leçon humaine et une dose raisonnable d'espoir.

Quelle collectivité! En présence des conteurs vous sentez énergie, franchise, générosité et simplicité. Ils sont résoluement ancrés dans l'action, l'envie de faire bouger les choses. Ils touchent la vie, la font rire, pleurer et réfléchir.

Lors des discussions qui suivirent cette magnifique soirée une question fit surface: est-ce que le politique va mourir pour être remplacé par un vaste mouvement social?

La ville la nuit


La beauté urbaine existe au crépuscule

vendredi, avril 08, 2005

Compostage

E N V I R O N N E M E N T

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin de voir le camion d’ordure filer sous mon nez rempli de légumes compacts et colorés, tristement condamnés au dépotoir. Tous les jours les gens jettent des tonnes de déchets organiques dans les poubelles, et ceux-ci se trouvent mélangés au reste des detritus toxiques et non récupérables.

Une véritable prise de conscience écologique secoue le Québec, et le monde. Il était temps. En fait, le plus absurde, c’est que les habitudes de récuperation et de compostage étaient communes et normales il y a 100 ans. Il suffisit que de quelques dizaines d’années d’errement, de manque de conscience, pour faire un tord énorme à la planète. Mais maintenant acculé au mur, nous devons faire le constat grave des dégats, et adopter une attitude résoluement écologique, en pleine conscience du geste.

Ce qui était normal pour nos grands-mères doit aujourd’hui se faire à contre-courrant de la société de consommation et de toutes les solutions faciles que nous propose le système. Vous utilisez vos propres sacs de tissus pour emporter vos emplettes? Il faut insister à l'épicerie. Vous faites votre compost sur votre balcon? Il faut convaincre le propriétaire que cela ne pose aucun problème d'odeur. Vous reluquez les poubelles Outremontaises à la recherche d'un trésor caché? Vous êtes perçu comme un paria. Il faut se battre pour revenir en arrière, et admettre que l’histoire n’est pas toujours une évolution vers l’amélioration. La réutilisation des ressources, le recyclage et le compostage doivent faire partie intégrante du mode de vie humain, et ce à l'échelle planétaire. Et en pleine conscience de la portée socio-politique du geste. Mais commençons par chez nous...

J'ai été agréablement surprise de voir l'intérêt des gens pour l'utilisation écologique de sacs d'épicerie. Il y a un an, ce sujet était abscent des médias. Aujourd'hui à la mode, j'espère que cette préoccupation surgit pour modifier nos nos habitudes de consommation, et y prendre une place solide.

Je souhaite maintenant que le débat et les informations surgissent à propos du compostage. En retirant les légumes et autres déchets organiques du sac poubelle, celui-ci réduit de manière substantielle. Grâce à la récupération et au compost, je jette un tout petit sac de déchet après deux semaines! Imaginez si tous les citoyens faisaient de même! En plus d'une réduction incroyable du volume de déchets, cela résulterait sur une contamination moins grande des sols. Car les déchets organiques mèlés aux reste des détritus, forment un magma toxique de plus grand volume, l'organique intoxiqué allant polluer la nappe phréatique et les couches de sol.

Le compost est facile à faire, et il se réduit de lui-même! J'étais si heureuse au printemps dernier de trouver cette belle terre noire et riche dans mon bac, mûre juste à temps pour mon jardin et rempoter mes plantes intérieures! Vous habitez à l'étage? Pas de problèmes, des petits bacs sont disponibles, adaptés à vos besoins. La terre ne vous est pas utile? Donnez-là aux voisins, mettez-là autours des arbres près de chez vous! Et si vous habitez la campagne ou la banlieue, c'est presque une ineptie que de ne pas faire de compost...

Sacs d'épicerie

E N V I R O N N E M E N T

Ceci est un court texte que j'ai fait parvenir au journal La Presse, concernant leur dossier spécial sur l'utilisation écologique des sacs d'épicerie

L'exemple allemand

Il y a 5 ans, j'ai travaillé en Allemagne quelques mois. Déjà à ce moment, il fallait payer à la caisse pour acheter chaque sac plastique utilisé, et vous aviez droit au regard désapprobateur de la caissière et des clients présents. Avec un peu d'organisation, pour quelques sous de plus, vous pouviez vous procurer un joli sac durable aux motifs colorés, fabriqué en plastique résistant fait de matières recyclées. À mon retour au Québec, j'étais déçue de voir que ces initiatives écologiques étaient loin d'être mises en place ici...

Je fais bien mon effort personnel pour utiliser des sacs en toile, mais je souhaiterais un mouvement plus global pour qu'il y ai un impact réel. Les initiatives supportées par certains gouvernements européens donnent la chance aux bonnes habitudes écologiques d'être systématiques. Il ne faut pas dépendre de la bonne volonté des utilisateurs et des commerçants, le gouvernement doit légiférer!

Voir dossier spécial La Presse sur ce sujet (lien à venir)

Maisons écologiques

E N V I R O N N E M E N T

Je voulais vous inviter à découvrir le site des Earthships


Ce sont des maisons de rêve, écologiques, intelligentes, faits de matériaux recyclés. On en trouve des communautés partout sur la planète. Cela fut une importante découverte pour moi, comme une révélation incroyable d'un rêve longtemps rêvé!

J'ai simplement envie de le partager cette découverte avec des gens qui seront intéressés, et qui à leur tour pourront en parler à d'autres.

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La création au XXIe siècle

C'est très étrange la création au XXIe siècle, alors que les outils abondent, les moyens de diffusion aussi, et le public reste bien souvent indifférent, gavé par trop de mots, trop d'images, et bien peu de sens. Je me sens davantage témoin qu'actrice de ce monde qui vibre tant, et parfois si mal. J'essaie de me détacher autant que possible, pour trouver un véritable sens à ce merveilleux voyage qu'est la vie.

jeudi, avril 07, 2005

Min Tanaka - danseur bûto

Je reviens de la performance de Min Tanaka, danseur et chorégraphe japonais, artiste du bûto de la première heure.

J'étais d'abord sceptique face à la performance, la jugeant un peu hermétique. Je crois qu’elle l’est, ce n’est pas du divertissement ni un spectacle où la poésie ou la beauté nous touche. Tanaka joue sur un autre régistre, beaucoup plus profond, beaucoup plus subtil.

Les éclairage faibles et le kimono noir sur fond noir n'aidant pas, le spectacle peut avoir un côté soporifique. Mais je me souviens du commentaire d'une amie que j'avais invitée à voir Bras de plombs, de Paul-André Fortier, et qui s'était assoupie durant la performance: « si je me suis endormie, c'est que le spectacle m'a amené à un état de calme, de détente et de relaxation comlet. Ce n'est pas négatif, au contraire ».

Et bien ce soir j'ai dû lutter contre mes paupières lourdes, car la lenteur des mouvements appellent à un ralentissement, un grand calme. Mais tout le corps et le visage de Min Tanaka est sollicité, cripé, tordu, en souffrance lascinante. C'est la douleur pure exprimée par le corps. Et entre les lenteurs des mouvements, c'est un appel à l'introspection, un douce transe qui s'installe entre le corps du performeur et le public. Car oui, c'est finalement en transe que le chorégraphe nous amène aussi, tout comme lui.

Armé de son poignard il avance péniblement, se traîne, et porte son agonie sous les projecteurs, et sur un petit promontoire situé au centre de la scène. Il s'expose à nous sans pudeur, dans une grande vulnérabilité. C'est cette franchise humaine qui m'a portée, emportée. Je me suis sentie appellée, interpellée, directement comme créatrice. Min Tanaka m'a parlé, à travers sa performance et m'a dit clairement deux choses; il faut avoir confiance, et ma place ici est de créer beauté et conscience.

Parfois le doute nous assaille, sur notre place dans le monde, notre rôle, face à la folie humaine et à la destruction qu'elle entraîne. Pour moi, le chemin se situe clairement dans l'art, dans l'art résolument contemporain, dans l'art qui questionne, touche et bouscule mes semblables. Si je pouvais, par mes créations, toucher et secouer les gens comme Min Tanaka l'a fait pour moi, alors mon but serait atteint.

Min Tanaka