lundi, juin 05, 2006

Vacuité vaine

Je me sens toujours fatiguée. Je donne des coups, je brûle mon énergie comme une folle, puis je m'avale en avachis sur mon divan vert, sans vertue. Alors j'ai des coups de blues terrible. C'est ce qui arrive quand on vit sur des hauts pas possible, si hauts perchés dans le bonheur. Forcement, après, on doit souffler, devant tant de beautés, on en serait pas à moins terrassé de oh! et ah! Alors, je sieste. Je pratique la fuite du travail par un sommeil coupable. Mais je n'arrive pas à me requinquer le canayen. Rien à faire, toujours cette lassitude, ce sentiment d'épuisement, d'être zéro énergie. Et de regarder les autres rouler comme des fous à 100 à l'heure, et de se dire qu'on est pas à la hauteur. Hier nous recevions la famille. Nos familles. Nous étions une quinzaine à la maison, et je fourmillais, en duo avec mon homme. J'étais heureuse, voire comblée, de créer ces rencontres, de leur offrir le meilleur de moi-même. Alors, pourquoi toute cette lassitude aujourd'hui? Ce n'est pas lié. Ou peut-être si. Enfin cela importe peu, le résultat est le même. Je ne me sens pas à la hauteur. Mais de quoi, au juste? Tout me semble absurde, toute cette route, tout ce chemin de vie, pour toujours tout recommencer encore du train-train quotidien. Ne vous méprenez pas, je suis heureuse, pas l'ombre d'un doute. Mais simplement j'y ajoutte une perspective: pourquoi s'évertue-t-on à des recommencements quotidiens qui nous mènent irrémédiablement vers la mort? Évidemment, il devait y avoir un côté sombre à mon "bright side" de vivre la vie. Je ne sais pas, je suis lasse, très lasse. Une sorte de nostalgie lourde forme ma trame de fond aujourd'hui, en contrepoint du soleil. Je me demande où va ma carrière, où tout est toujours à recommencer, où j'ai l'impression d'être ballotée par les circonstances, allant de guerres vaines en combats inutiles, noyée dans une mer de surconsommation à laquelle je succombe. Ni engagement social, ni projet à grande portée, ni reconnaissance de mes acquis, ni revenu financier à la hauteur de mon travail. Un cercle concentrique d'excentriques biggarés aiment ce que je fais en vidéo. So what? Je me sens épuisée, je ne sais pas trop où je vais avec mes skis.

Bon, c'est pas tout, ça, j'ai un reportage à monter. Et un 5 à 7 ce soir. Ou la. I am soooo in the mood. Oh my.

11 Comments:

Blogger La Pie dit...

Incroyable comme je te comprends... Un bonheur intense qui bascule dasn le spleen chaque fois que la vit ralentit un peu; ce sentiment d'en faire toujours moins que les autres; cette dépossession d'une réalité sociale à laquelle on ne peut rien changer. Mon chum dit qu'on a toujours des insatisfactions dans la vie, il qu'il vaut mieux qu'elles soient profesisonnelles qu'amoureuses. Pas fou, mais ça règle pas le problème...
Allez, un p'tit ricard au soleil pour l'apéro!

lundi, 05 juin, 2006  
Anonymous Anonyme dit...

Cesse de comparer ton rendement et ta vie avec celle des autres.

Tu blogue peut-être trop toi aussi...

La seule personne à qui tu as à te comparer et des comptes à rendre c'est à toi.

Mon conseil: reposes-toi bien et cesse pour un temps de lire la vie des autres. Pour moi, ça m'a emmenné une grande paix. Amitiés!

Etienne

mardi, 06 juin, 2006  
Blogger Joss dit...

Je suis d'accord avec Etienne, et j'ajoute: C'est pas si compliqué ma Yannou, si tu es fatiguée, tu te reposes, si tu as le goût de danser, tu danses... Si tu veux te saouler, tu m'appelles... Hi! Hi!
La seule personne qui te juges et qui trouve que tu n'es pas à la hauteur, c'est toi, ma belle... La pire juge qu'il n'y a pas sur terre... Cesse d'être un bourreau et repose toi!
T'M!

mardi, 06 juin, 2006  
Blogger Yannou dit...

La Pie; oui, probablement que voir un peu de monde me fera le plus grand bien, après mon repos. Un ricard au soleil... mmm, pourquoi pas?!

Etienne; contente de te lire ici. Les blogs ne sont pas la cause de mon spleen. C'est surtout à moi-même que je me compare. Je me mets la barre haute toute seule. Lire les autres me montre leurs travers et leurs angoisses à eux/elles aussi. Tu remarqueras que les liens mis dans ce billet ne mènent pas à des personnes parfaites; ce sont des femmes comme moi, avec leur angoisses, leurs succès, leur déceptions, leur peurs et leurs rêves. Je ne me sens pas en compétition avec elles, loin de là. Je n'ai nul besoin de les lire pour vivre ce sentiment de "pas à la hauteur", comme dit Joss, il émane de mes standards à moi. Donc, pour décrocher, c'est méditer qu'il me faut!

Joss; réponse ci-haut... et j'ajoutte; mais j'en ai marre de me reposer! J'ai l'impression qu'il faut toujours que je me repose, que je n'arrive pas à être vraiment reposée, même si je fais 3 siestes par jour! Ceci dit, j'ai bien dormi cette nuit, et me sens beaucoup plus d'attaque!

mardi, 06 juin, 2006  
Blogger Magenta dit...

Je connais bien ce mood, et le seul moyen que j'ai trouvé pour passer au travers c'est de justement ne pas "trop" me reposer.Se sentir "bof" et rester tranquille en plus donne l'impression d'être malade et peut augmenter le blues..
J'essaie d'investir mes blues dans une forme de création ou une autre, ou me planifier une activité juste pour moi qui casse la routine (il y a tant de possibilité dans notre belle ville!)

mardi, 06 juin, 2006  
Anonymous Intellex dit...

Un divan vert pour des bleus... c'est que ça manque de jaune soleil, de rouge tomate, d'orange banane...
Tout un arc-en-ciel pour toi aujourd'hui ! :-)
***

mardi, 06 juin, 2006  
Blogger Yannou dit...

Magenta; oui je t'ai écouté (même si j'ai lu après...hihi). Je me suis fais plaisir: un steak-fritte maison, devant un film nono, toute seule dans mon repaire montréalais. Quand je suis chat sauvage, aussi bien faire une petite pause solo...

Matoue; pour les couleurs, j'ai trouvé une solution (voir mon post le plus récent, si bloggueur peu cessé de bugguer...)

mardi, 06 juin, 2006  
Anonymous patricia dit...

chère yannick,

je ne répèterais pas les sages paroles des commentaires ci-haut mais oui, il ne faut pas mettre la barre trop haut. Anyway, c'est pas la hauteur qui compte. C'est la barre elle-même. Et nous la façonnons. Alors vivement ta fête et qu'on vide les bouteilles ontariennes!!!

bisous

mercredi, 07 juin, 2006  
Blogger Yannou dit...

chère pat

Oui c'est vrai, mais c'est pas toujours facile, surtout dans cette socitété de performance et de quête de la perfection dans laquelle nous vivons. Je travaille le lâcher-prise... beaucoup de boulot! Oui!!! Ma fête bientôt!!!
;) xx

jeudi, 08 juin, 2006  
Anonymous Anonyme dit...

Moi aussi je ressens ça parfois. L'impression que ma vie passe sans que je ne contrôle vraiment rien. Comme si j'attends le moment pour faire des grandes choses dans ma vie.

Je les ferai demain, mais "demain" devient "aujourd'hui". Le temps passe et je vieillis sans rien laisser derrière moi.

lundi, 01 décembre, 2008  
Blogger Yannick B. Gélinas dit...

Le blues finit toujours par passer et les jours de soleil se pointent le nez. Il faut prendre le taureau par les cornes quand on est en forme pour faire des choses qui nous rendent fiers et bien. Courage.

lundi, 01 décembre, 2008  

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