dimanche, janvier 29, 2006

Leaving blues

Suite des TUMULTES

Départ bleu vers le vide
pour la peau
it hurts pour la peau

Écho sous la peau
quelques coups de hanches
seulement quelques coups
bien portés
rangés
à côté de l'amertume

Ne goûtes-tu pas l'amer
des hanches cuites de souvenirs?
Des souvenirs-stigmates
comme ces bibelots sales
posés sur la bordure de ta fenêtre
dans ta cuisine abandonnée

Ces choses inutiles qu’on ne voit plus
Un peu laides
Ces objects qu’on oublie là
Figés dans la graisse des cuissons
Soudés par la poussière du temps

Ta cuisine immense et grise
pleine à craquer de mon absence
chargée de ton silence
de plomb et d’amertume

Mon geste sale est égoïste :
J’abandonne, j’abdique, je me pousse
Je fuis tes silences qui taisent notre amour

J'ai pas envie de dépoussiérer tes bibelots
Je n’ai pas envie de fouiller tes silences
Pour en extraire la beauté

Je suis loin
très très loin
de nos sourires étouffés

J'ai laissé ta montre dans un tiroir
De cette cuisine que je ne reverrai plus

Bordel
It hurts
la peau est plus forte que la raison

Tranche tripes
à vif, ouvert

It hurts
J'aurais voulu que tu le saches autrement

Mon regard baissé
j'aurais voulu te dire
en musique
avec tout l'amour que j'ai pour toi
que je ne te tendresse plus
souffle brise sans gêne
mais partout
it hurts

Tout ce qui me manquait
blues cheminés sans caresses
le béton sale refoulé
j’ai trouvé ailleurs un océan de baisers

Sans le vendre coupable
Il a mordu pour toi ma peau tendre attente
Ma peau assoiffée de mots et de baisers francs
Mon corps plie de romantisme pour un autre que toi

Passage de peau
je m'attarde

Party de peau
partage de larmes à cœur ouvert:
"cœur léger, cœur tremblant, cœur lourd,
le temps de rêver est bien court,
que faut-il faire de mes jours,
que faut-il faire de mes nuits,
je n'aurais ni amour, ni demeure
nulle part où je vis ou meurt..."
Est-ce ainsi que les hommes vivent?

Je bois chaque lettre dans le noir comme un baume

Je prie au ventre
pour que tu entendes chaque mot sur le papier
résonner sur mon autoroute vitesse
bordée de soleil

Je tâche de tricoter le pardon serré
pour en faire une couverture d’amitié
qui te réchauffera les cicatrices

4 Comments:

Blogger Magenta dit...

wow, j'aime beaucoup! les "it hurts"
sont tellement sentis!

dimanche, 29 janvier, 2006  
Blogger Yannou dit...

Yes Madame! (merci)

dimanche, 29 janvier, 2006  
Blogger Miss Patata dit...

Je vais peut-être finalement me réconcilier avec la poésie. Parce que ça fait du sens pour moi!

lundi, 30 janvier, 2006  
Blogger Yannou dit...

Merci patata! Sans parler de ce texte nécessairement, mais de la poésie en général: de la bonne poésie est comme une bonne toune ou un bon film.
1) Ça drive et ça bouge
2) Ça nous touche
3) Ça raconte une histoire
4) Ça vibre et ça beat

Yeah!

lundi, 30 janvier, 2006  

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