lundi, novembre 07, 2005

Fissures familiales

Dans toute mon exhaltation amoureuse j'ai parfois des débordements dans d'autres secteurs de ma vie. Je suis amoureuse sans bémols. Alors je vole, simplement. Mes les pieds bien sur terre, hein. Tout cela doublé de belles possibilités qui s'ouvrent à moi côté professionnel, alors forcément, on se sent un peu "superwoman" dans ce temps-là. Investie de toute mon énergie lumineuse et de ma bonne humeur intergalactique, je suis allée visiter mes grands-parents vendredi dernier.

J'adore mes grand-parents. Immigrants belges arrivés au Québec en 1952, ils ont vécu la Deuxième Guerre mondiale sous leurs yeux de jeunes adultes. Mariés à la fin de la guerre, ils sont venus ici avec leurs jeunes enfants. Ma mère avait 6 ans à son arrivée à Montréal. Bon, je me perds dans des détails, mais c'est quand même leur vie, alors autant que vous sachiez. Elle est passionnante, leur vie. Mais là n'est pas mon sujet. Je compte bien faire un scénario de cela, de toute façon. Ou peut-être un roman. Enfin.

Mais bon voilà, je visite mes grands-parents vendredi dernier. Comme d'habitude, l'échange est agréable, le temps doux, leur yeux brillants de me savoir si heureuse, enfin. Je m'entends si bien avec mes vieux grands-parents. Je les adore. Ils se sont beaucoup occupés de moi, leur unique petite fille. Ils m'ont couvert d'amour, littéralement. Ils m'ont vraiment gâté, mais pas pourrie, comme dit mon grand-père.

Alors je passe toujours du temps avec eux avec grand plaisir. Vendredi dernier, investie de mes bons sentiments, je m'ouvre la trappe sur un sujet délicat. Un peu trop. Je glisse dans une discussion sur les fissures familiales où je ne voulais pas aller. Merde. Comment reculer? Impossible, alors je vais jusqu'au bout.

Ma mère a toujours eu une relation houleuse avec son père. Houleuse, le mot est fort. Je peux dire ma mère a toujours eu l'impression d'être le mouton noir, en tout cas. Elle est un peu rebelle, ma maman. Elle est très sensible, aussi. De belles qualités qui ont fait d'elle une maman merveilleuse et une enseignante vedette chez les ados. Mais sa personnalité est tellement différente de celle de son père qu'ils n'ont jamais pu vraiment bien s'entendre. C'est pas nouveau, vraiment pas. Mais voilà que mes grands-parents prennent de l'âge, la vie passe, et les vieux conflits ne se résorbent pas, oh que non. Disons même que c'est à vif. Mais dans le silence, dans des non-dits et des larmes refoulées. Mon grand-père fait des remarques qui blessent ma mère sans cesse, sans sans rendre compte, évidemment. Alors réaction de ma mère: retrait. Elle a cherché à leur faire plaisir, sans se sentir la bienvenue complètement. Mais elle n'arrive pas à en parler avec eux, ou elle ne le cherche pas vraiment. Elle a un peu abdiqué face au côté parfois bourru de son père. Mais moi, je suis là, à bien m'entendre avec tout le monde, à vouloir que tout aille mieux. Pas de mes affaires, je sais, mais quand même un peu, non?

Bref, je lâche le morceau, j'aborde le sujet avec mes grands-parents. Réaction? Surprise, interrogation, tristesse. Mon grand-père ne comprends pas, ma grand-mère est très affectée par ce que je lui raconte. Je voulais qu'ils sachent. Suis-je trop abrupte? Est-ce trop tard, sont-ils vraiment trop vieux pour savoir que leur fille se sent rejettée, ne se sent pas aimée à part égale de son frère et de sa soeur? Moi je pense que j'ai déclanché maladroitement une bousculade interne de leurs émotions par ma franchise et ma lucidité. Je pensais bien faire, vraiment. Mais là, je doute. Surtout quand ma mère aura les répercussions de cette discussion. Je me suis embarquée dans ce qui ne me regarde pas, visiblement. Je vais devoir maintenant en parler à ma mère aussi, surtout que mes grand-parents n'ont pas saisi ce que je voulais leur communiquer. Ils ont cru que je les accusais d'être de mauvais parents. Pas du tout. Hier, email de ma tante, autre rebond familial. Ouf, c'est pas fini tout ca.

Moi qui vit un si beau moment dans ma vie, je plonge ma famille dans une crise, un peu. Mais je me dis que le mouvement est peut-être plus sain que la situation de stagnation dans laquelle ma mère se trouvait. Je ne sais pas, je ne sais plus.

7 Comments:

Blogger Magenta dit...

Peut-être que tu as brassé un peu de poussière, mais elle retombera!
Les familles se ressemblent toutes plus ou moins finalement, ça me fait vraiment penser à la mienne.

lundi, 07 novembre, 2005  
Anonymous Xanax dit...

Il n'y a probablement pas de sujet plus sensible que les relations familiales. Il est possible que ton grand-père use de commentaires blessants envers ta mère. Mais, comem tu le dis si bien, il ne s'en rend probablement pas compte. La notion d'intention est à mon avis fondamentale. Dans les deux cas, la blessure est cependant la même et c'est là toute la problématique. Comment réussir à expliquer à quelqu'un qu'il blesse et qu'il n'en a pas conscience. Pas facile.

Fais seulement attention de ne pas te perdre dans cette dynamique. Ta relation avec tes grands-parents te semble précieuse, il serait dommage que tu la compromettes !

mardi, 08 novembre, 2005  
Anonymous Pixelrouge dit...

La vérité et la paix ne peuvent vivre ensemble sous un même toit. Quand l'un rentre, l'autre doit sortir. (Proverbe chinois je crois...)

mardi, 08 novembre, 2005  
Blogger Joss dit...

Oups Yannou! Je te reconnais là... Petite femme pétillante, tu ne peux pas faire le travail à la place des autres, tu ne peux pas changer les autres, tu ne dois pas te mêler des affaires des autres... Sinon, c'est toi qui va se brûler les ailes...Chacun est responsable de ses relations et de ses choses pas réglé... Tu peux conseiller, écouter, chicaner, mais la, en effet, je pense que tu es allée un peu trop loin... Parce qu'en intervenant, toi, par ta parole, je te garantie que c,est uniquement toi qui va en recevoir les conséquances... Bon, ces gens t'aime, tu ne devrais pas en recevoir de trop moches, mais apprends à partir de ça que tu ne peux pas et ne dis pas régler les problèmes de ta m`re, c'est à elle de le faire... pas à toi. Et si elle le fait pas, tantis pour elle... Tu n,as pas le contrôle sur ça, ma chérie!
Il ne te reste plus qu'à assumer.
Je t'aime et je suis là, toute porte ouverte si tu te sens croche.

mercredi, 09 novembre, 2005  
Blogger Yannou dit...

Oui vous avez tous raison. Je me suis mèlée de ce qui ne me regarde pas. Exact. Défaut de ses qualités! Transparence, lucidité, honnêteté. Poussé à l'extrême: grande gueule, pas capable de tourner sa langue 7 fois avant de parler, pieds dans les plats...
Mais Joss tu as vu juste: ils m'aiment tellement qu'ils me pardonnent déjà. Mais j'ai quand même blessé du monde là-dedans, je fais quoi, avec ça?

mercredi, 09 novembre, 2005  
Anonymous Xanax dit...

Au fond, ces gens que tu as blessé, dis leur simplement que tu les aimes ! Ça se résume bien souvent à ça les histoires de famille !

mercredi, 09 novembre, 2005  
Blogger Joss dit...

Fais rien, t'en a déjà assez fait! Hi!Hi! Et si une charge te revient. Dit je t'aime! XQz! (Bon conseil xanax!

jeudi, 10 novembre, 2005  

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