dimanche, septembre 25, 2005

Fêtes mondaines

J'ai assisté à un grand nombre de party dans la semaine qui se termine. Des événements où je connaissais peu de monde. On m'y invite, j'y vais incognito. C'est agréable de rencontrer des nouvelles personnes, qu'on se dit comme ça. Hé bien oui. Mais le constat que je pose est aussi drastique: la proportion de gens vraiment intéressants, curieux et soucieux des autres individus et de la planète, cette proportion est très faible. Très très. Vraiment très très très. C'est assez épatant même. Je suis snob? Oui, force m'est d'admettre que oui, si c'est de trouver les gens foncièrement individualistes et superficiels d'un ennui mortel. Une jeune avocate d'un grand bureau de Montréal, affiche un sourire de contentement puis prend un air contrit, pour expliquer sa triste histoire: elle a fait le mauvais choix, elle aurait voulu faire médecine, et non pas droit. La pauvre chérie doit se résoudre à accepter son triste sort, elle vient d'avoir une bonne position, elle ne peut plus rien changer maintenant. Mais va faire ta médecine ma cocotte, que je lui dis. Tu es jeune, comment peux-tu affirmer que c'est foutu pour toi et que tu passeras ta vie à ce poste où tu n'es pas heureuse? Ça me scie. Elle ne me demande même pas ce que je glande dans la vie, elle n'en a cure. Je quitte la fête. J'ai un autre party à l'agenda la même soirée: changement de créneau. Après les jeunes intellectuels bourgeois parvenus mi-trentenaires, je me dirige vers un open-house chez des jeunes étudiants dans la vingtaine. Ça promet.

Un jeune homme saoul aux yeux exorbités et injectés de rouge, au conscient intellectuel d'une passoire, m'aborde de façon agressive (sachant que je suis réalisatrice, le voilà pris d'un désir subi de m'exposer quel grand cinéaste de talent il est), puis me talonne de questions pour comprendre mon mépris des émissions de télé-réalité. Et moi gentille d'expliquer pourquoi je trouve la télé-réalité sans intérêt, et raconter patiemment que le documentaire est l'ancêtre (et le futur) de sa foutue télé-réalité. Je me lance alors à l'assaut de la piste de danse, ce qui m'évite bien des conversations ennuyantes, et qui me procure un plaisir immense. Je me démène, je joue, je m'expose. J'aime. Je suis moi, sans avoir à expliquer rien avec des mots. Reste le cas des assoiffés d'amour, ceux qui vous collent au train. C'est charmant, mais un peu lourd à la longue. Et plutôt vide de sens, finalement.

Plus tôt dans la semaine, j'étais au 40e anniversaire d'une amie barmaid au Billy Kun, même scénario, à peu de chose près. Ne vous méprenez pas, j'ai rencontré des gens intéressants dans ma semaine, mais je les connaissais déjà et ils sont mes amis. Nuance. Mais bon, je rencontre un journaliste de guerre français en Vacances, la quarantaine sympathique, un type saoul et faussement joyeux, à l'air gai sans l'ombre d'un doute. Plus efféminé que tous mes amis gais réunis. Et bien non, le type n'est pas gai (selon lui) et il me drague si maladroitement qu'il me fait presque pitié. Il est au Québec car il cherche une Québécoise pour réparer son coeur brisé. Il ne faut pas trouver quelqu'un pour réparer son coeur, que je lui dis, il faut le réparer tout seul, comme un grand. Après ça, ça se fait tout seul les rencontres. À preuve: quand vous allez bien tout le monde veux être votre ami. Peut-être que j'aurais dû faire ma psycho, finalement. Hé hé.

1 Comments:

Blogger Yannou dit...

Je suis réconciliée souvent par de belles rencontres. J'en parle ailleurs...

dimanche, 02 octobre, 2005  

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